Lettre à Eduardo

Posted: viernes, 28 de mayo de 2010 by magali in Etiquetas:
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Cher Eduardo,

J'ai lu avec intérêt ta réflexion adressée aux plus de 30 ans, et comme toi, moi aussi je me sens parfois « hors du monde ». Peut-être pourra-t-on s'aider mutuellement ? C'est en tout cas ce que j'espère.

je m'appelle Lisandra, je suis une jeune fille cubaine de 14 ans, j'aurai 15 ans à la fin de l'année, ce qui représente un moment clé dans ma vie. Aussi j'ai besoin d'éclaircir certains doutes.

Tout d'abord je dois t'expliquer que je vis avec ma mère, mon petit frère (Eduardo, comme toi) ma grand-mère et mon arrière grand-mère. Je te dis cela car ce sont toutes (sauf mon petit frère bien sûr) des femmes de plus de trente ans comme celles à qui tu t'adresses dans ton courrier. Pourtant c'est moi qui t'écris car apparemment je suis la seule à avoir des doutes à la maison, c'est sans doute parce que je n'ai pas encore 15 ans ?
Chez nous nous ne jetons rien ou le moins possible, par exemple ma mère utilise des couches en tissu pour mon petit frère mais dès qu'elle peut elle lui achète des couches jetables. Elle est très préoccupée par cela et compte les couches avec anxiété car elle redoute toujours le moment où elle devra en acheter. Il faut te dire qu'ici les couches jetables sont vendues en pesos convertibles (pas en pesos cubains). Elle dit que pour sortir en promenade avec lui c'est pratique. Eh bien ! ensuite elle les met à sécher si mon petit frère n'a pas fait la grosse commission et elle les réutilise mais seulement à la maison.Tu vois ?

Dans la cuisine nous utilisons le gaz mais également un très vieux réchaud (du temps de mon arrière grand-mère) qui fonctionne encore avec la « luz brillante » excuse-moi j'ignore comment dit-on en français. C'est tellement cubain. Cela nous permet d'économiser le gaz et c'est moins cher, quand on en trouve bien sûr. Cela dégage une odeur très particulière mais moi j'y suis habituée et ça ne me dérange vraiment pas. Parfois mon arrière grand-mère a l'air agacé en le voyant et elle lui jette des regards de haine, mais personne ne le jetterait, même pas elle. Pour moi ce réchaud lui rappelle de mauvais souvenirs d'avant... Un autre exemple, toujours dans la cuisine, ma grand-mère possède plusieurs réservoirs d'eau que nous n'utilisons plus mais qui sont là, car elle dit qu'on ne sait jamais ! Nous les avons colmatés avec du ciment car la rouille les avait rendus perméables. Ils sont là et ma grand-mère les maudit parce qu'ils nous mangent l'espace mais nous ne les jetons pas. Certains voisins les découpent pour leur donner une nouvelle vie, nous nous attendons, mais nous savons toutes, y compris ma grand-mère, que ce jour viendra.

Je sais aussi que tous les cubains, comme moi, ne jettent pas les bouteilles en plastique, nous les coupons pour en faire de grands verres dont nous nous servons dans de nombreuses occasions pour mettre un bouquet, pour arroser les fleurs et mouiller le patio, pour nous laver... et aussi pour transporter n'importe quelle denrée liquide achetée au détail (huile, assaisonnement, « pru oriental », crème glacée, bière... Si tu ouvres le sac d'un cubain je te parie que tu y trouveras deux objets : ce récipient en plastique et un sac en plastique, déjà utilisé mais lavé, séché et plié. C'est dans le cas où nous trouvions une denrée solide à ramener à la maison comme par exemple un fruit, un gâteau, un peu de lait en poudre, un morceau de fromage... Car nous sommes préoccupés par l'aquisition éventuelle d'une denrée à bon prix, ou son échange avec la denrée d'un ami. Enfin tu vois pour nous (y compris ceux qui ont plus de trente ans) c'est comme une seconde nature, nous passons notre temps à acheter comme vous ou à échanger.

La liste de ce que nous récupérons pour une deuxième ou troisième vie serait infinie car nous ne jetons rien, je te l'ai déjà dit, mais RIEN : ni les briquets, ni les canettes en métal, ni le carton, ni les sacs en plastique (je te l'ai déjà dit), ni le papier journal, ni les vieux frigidaires américains ou russes, ni les voitures, ni les vieux habits, ni les vieilles chaussures et encore moins les vieux bijoux cassés : tout retrouve tôt ou tard une nouvelle vie. Mais vois-tu je ne connaissais pas le mot écologiste et en tout cas je n'avais jamais compris que nous les cubains nous étions écologistes. Je suis fière de l'avoir compris car j'aime beaucoup la planète, les animaux, la nature et j'aime aussi énormément mon pays, ma famille et mes amis. J'ai pourtant l'impression que nous sommes écologistes à notre insue et parfois contre notre gré.

Chez nous il y a aussi des téléphones portables. Ils sont très chers. J'ai calculé : environ 6 mois d'un salaire moyen, et c'est la même chose pour un lecteur DVD. Prends 3 minutes et fais le calcul avec un salaire de ton pays, car alors tu auras une idée de ce que je te raconte. Aussi, peu d'entre nous en ont et personne n'en change aussi facilement que tu as l'air de dire. Ah ! Je reviens à la nourriture (pour nous c'est très important).

Oui, j'ai oublié de te dire que notre carburant à nous c'est le « fufú » de bananes plantains. Je t'explique : une fois bouillies, puis bien écrasées avec un léger filet d'huile, et une pincée de sel, mmmh, l'eau me vient à la bouche rien que d'y penser. Figure-toi que cette purée nous donne de la force et nous permet de grandir, d'étudier, de tenir longtemps avec le ventre plein et beaucoup d'énergie. Ma voisine qui vit à l'étranger m'a dit que dans les autres pays de la Caraïbe nos bananes plantains engraissent les cochons (mais ma voisine critique tout ce qui se fait ici, tout ce qui est cubain même si elle passe toutes ses vacances ici et je vois bien qu'il lui manque énormément le reste de l'année). Bon, les bananes, ici nous les appelons « fongos », nous les mangeons depuis bébé, elles sont très courtes, de forme triangulaires, plutôt fibreuses tu vois ? Maintenant certains de mes camarades achètent simplement une canette de Red Bull, ils disent que c'est la même chose. Tu t'imagines avec une assiette de « fufú » dans la rue ? Pour nous le Red Bull c'est moderne, pratique, élégant et convivial : tu peux en offrir une gorgée à tes amis. Le problème c'est qu'une canette coûte un dixième d'un salaire moyen. Fais le calcul avec un salaire de ton pays car alors seulement tu comprendras ce que je te dis. Je te précise que même les plus de trente ans ici sont fous du Red Bull ! (par exemple ma mère et ses copines).

Tu sembles dire aussi que quand on connaît l'abondance, comme chez vous, on passe son temps à jeter les objets pour en acquérir de nouveaux (égaux, pires ou meilleurs ?). Ici c'est la même anxiété qui nous anime. Tous les jours les gens sont occupés et préoccupés par ce qu'ils vont pouvoir acheter ou ce qu'ils ne pourront pas acheter. Mais ils ne jettent rien, éventuellement ils échangent ! Nos conversations s'alimentent de tuyaux afin que chacun trouve ce qu'il cherche et bien sûr à meilleur prix. Je te parle là de personnes qui ont plus ou moins de trente ans ! Je te parle de nous TOUS.

Tu sembles dire aussi que vous n'avez plus d'amis à cause de cela, eh bien crois-moi j'ai beaucoup d'amis. Nous nous retrouvons au collège mais aussi dans de nombreuses occasions : anniversaires, fêtes des 15 ans, mariages, carnaval, festivals, activités collectives, et ce n'est pas ce qui manque, au contraire. Nous avons une vie sociale et amicale intense y compris ceux qui ont plus de trente ans comme ma mère, ma grand-mère et même mon arrière grand-mère qui pourtant est vieille et fatiguée. Elle a encore des amies et elles se retrouvent au cercle plusieurs fois par semaine, alors tu vois... En plus je sais que mon pays a de nombreux amis, par exemple ici il y a des étudiants étrangers qui viennent de tous les pays : Haïtiens, Saharaouis, Algériens, Angolais, Mozanbiquais, Vénézuéliens... J'ai commencé par les Haïtiens car il y a eu un terrible tremblement de terre chez eux et le monde entier en a parlé, n'est-ce pas ? Pour nous Haïti existait bien avant le tremblement de terre. Tu sais de nombreux cubains partent travailler dans les pays amis, chaque année ils vont aider, soigner, former. Je te dirai aussi que nous avons une communauté de Russes, ce sont des orphelins que le gouvernement a complètement pris en charge depuis leur arrivée en 1986 après la catastrophe de Tchernobyl. Moi je n'étais pas née mais ma mère m'a expliqué que le monde entier en avait parlé sans pour autant aider les enfants. C'est moche selon moi, heureusement, ici à Cuba on l'a fait et pourtant on ne vit pas dans l'abondance.

Tu vois j'ai pensé à pleins de trucs qui concernent mon quotidien et le tien et voilà quelques conseils que je voudrais te donner pour t'aider à intégrer le monde qui est le tien :

Pourquoi vous, qui connaissez l'abondance, ne consacrez-vous pas votre temps libre à la planète, à vos amis c'est-à-dire à l'écologie et à l'amitié plutôt qu'à acheter ? Pourquoi ne consacrez-vous pas le trop plein d'objets à aider les pays qui en ont besoin ? Pourquoi n'échangez-vous pas vos produits entre vous ? Pourquoi y a t-il chez vous un fossé entre les plus et les moins de trente ans ? Pourquoi traitez-vous mal vos anciens ? Pourquoi n'avez-vous pas d'amis ? J'ai cru comprendre que c'était parce que vous jetiez tout, mais je ne vois pas la relation, peux-tu m'expliquer ? Où jetez-vous tout ? Car peut-être mon pays pourrait s'arranger pour en récupérer une partie et résoudre ainsi bien des problèmes pour vous et pour nous. On pourrait peut-être déjà se mettre d'accord entre nous, si tu le veux bien ? (J'aimerais tant avoir un téléphone portable !)

Pourras-tu m'aider dans mes réflexions ? Dis mois selon toi comment faire pour que les Cubains deviennent des écologistes conscients ? Pourquoi ne sommes-nous pas félicités pour notre action écologique envers la planète ? Et aussi pourquoi les pays qui sont nos amis sont des pays dont personne ne parle ? (sauf en cas de catastrophe mondiale). Pourquoi les téléphones portables et le Red Bull sont-ils si chers ici ?

Cher Eduardo,

C'est tout pour aujourd'hui, j'espère que je ne t'ai pas ennuyé avec ma lettre, je souhaite que mes conseils te soient utiles et j'attends les tiens pour grandir.
Je te salue avec une formule très cubaine, que j'aime beaucoup car elle est optimiste et peut donner un sens à nos vies : Hasta la victoria siempre (tu la connaissais ?)
Lisi.

PS : mangez-vous les bananes « fongo » ou les donnez-vous aux cochons ?

Sacrificio para Juan

Posted: lunes, 24 de mayo de 2010 by yannier RAMIREZ BOZA in Etiquetas:
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¡Coño! en esta cuartería siempre hay una jodedera distinta, cuando no es una bronca, es un borracho o alguien que cogen rascabuchando. ¿Será posible que no se pueda vivir en paz en este lugar ?Decía Jorge al mimo tiempo que desmontaba el viejo motor de carro.
Jorge era un tipo normal. Siempre había estado con una mano atrás y otra delante. En la familia eran iguales, uno para todos y todos comiendo soga. El se buscaba unos quilos en la mecánica de los viejos carros. Todos los que aparcaban frente a la Plaza de Marte, eran sus pacientes. Le gustaba la mecánica.
Juanita la de la esquina llevaba dando gritos en la cuartería desde hacía unos días. Cuando menos se lo esperaban, en medio de la novela, entraba como una loca y se le oían los gritos: qué si esto no se va a quedar así, qué me le voy a embazar en la casa y le voy a partir la vida…
Había sucedido que Juan, su marido se desapareció de casa hacía ya dos meses, diciéndole a la mujer que tenía que cortar caña durante 15 días por su trabajo y hasta el momento no había noticias de Juan. Las malas lenguas decían que se había ido con otra para Gibara, donde lo habían visto por última vez.

- Eso no se va a quedar así. Yo soy Juanita la de la esquina y a mi ninguna puta barata me levanta mi macho… ¡ay, pero tú verás, en esta le arranco el corazón!

- No jodas Juanita, si Juan seguro que está cortando caña como loco y tú estás maldiciéndolo todo el tiempo. El pobre debe de estar que le duelen los oídos de tanto escucharte. Le decía el presidente del CDR

Juanita era bruja de las malas; empezó desde niña, formaba amarres con huesos de muertos. Hacía ya varios años que ella y Juan vivían juntos. Una noche de sábado para domingo que ya la gente se preparaba para ver la novela, Jorge había invitado a su mujer a salir: Negra prepárate que esta noche nos vamos de rumba. No pasaron ni 10 minutos cuando la mujer de Jorge se puso inquieta:

- ¿Qué fue eso?

Compañero Lucas

Posted: miércoles, 19 de mayo de 2010 by magali in Etiquetas:
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Elle avait devant elle l'homme qu'elle abhorrait le plus au monde. Il était là debout, les cheveux grisonnant maitenant (mais il avait 75 ans). Ses traits s'étaient affaissés, ses chairs ramollies mais il gardait sa stature imposante, son estomac proéminant (sans doute la cirrhose lui avait grossi le foie), ses grandes mains poilues et sa barbe toujours bien taillée et brossée quoique chenue désormais. On l'avait opéré de la cataracte cette semaine, il était de retour à la maison et comme chaque dimanche il présidait le repas dominical dans sa tenue kaki, chaussé de ses bottines noires cirées, impeccables. A table, il avait montré tous les cachets, tous les pansements comme des trophées militaires supplémentaires. Il en était là, à étaler ses nouvelles médailles, en pleine forme malgré son coeur capricieux et son foie cuit. Il avait retrouvé son regard d'aigle cherchant sa proie.
Teresita l'embrassa et c'est ce que firent aussi ses trois enfants en file indienne derrière elle, son époux l'étreignit dans une embrassade chaleureuse et néanmoins virile. Elle allait enfin pouvoir tourner les talons et lever le camp, elle se sentait soulagée et commençait à essayer de respirer normalement. Ses poumons lui semblaient s'être rétrécis. Elle sentait une oppression gênante, comme un poing dans le dos, sous l'omoplate. Pour partir ils avaient dû attendre qu'il se lève de sa sieste comme il le leur avait ordonné, afin de lui dire « au revoir ». Ils s'étaient sagement assis au salon, écoutant les ronflements un peu atténués par la cloison. Le vieux Lucas dormait sa sacro-sainte sieste.
Teresita le détestait pour de nombreuses raisons et pour d'autres encore, peut-être beaucoup plus nombreuses mais que son subconscient tenait secret. Aussi elle avait pu tenir toutes ces années dans la haine intériorisée.

Parmi les raisons connues de sa haine il y avait sa manie de décider de tout. Le son de Radio Rebelde en boucle dans la maison. La télévision connectée et diffusant à tue-tête les programmes qu'il choisissait : tables rondes, tribunes ouvertes, discours... Personne Nom de Dieu n'allait lui dire ce qu'il devait écouter. Les seuls ordres qu'il avait reçus remontaient à 1959 depuis personne Nom de Dieu ne décidait pour lui. Il décidait à quelle heure manger et ce qu'on devait lui servir même s'il trouvait toujours à redire sur le résultat. Il y avait sa brutalité à l'égard des siens, il ne pouvait s'adresser à eux sans jurer ou les traiter d'incapables, d'imbéciles, quand ce n'était pas pire. Il y avait aussi son manque d'éducation quand il mangeait la bouche ouverte en mastiquant comme un cheval, son palais faisant caisse de résonnance. Il y avait qu'il aspirait bruyamment sa soupe en levant d'une main l'assiette qu'il penchait entre ses lèvres. Souvent sa goinfrerie lui faisait engloutir la nourriture tellement vite qu'il en toussait, ou que sa bouche ne pouvant contenir de telles quantités une partie tombait sur son menton, il l'a remettait dans sa bouche d'un revers de la main. Enfin il pouvait roter ou péter à tout moment et devant quiconque en jurant Nom de Dieu qu'il avait bien mangé. Ce qu'elle détestait sans doute le plus (mais il lui était impossible d'établir un ordre d'importance) c'est qu'il surveillait la table de son regard d'aigle avide et chaque dimanche rien ne lui échappait. Il crochetait entre ses doigts le meilleur morceau de viande, il tendait le premier la main vers la meilleure banane, la plus belle orange voire, luxe suprême, une belle pomme, du temps où il y en avait, les subtilisant aux autres, c'est à dire à ses propres enfants et maintenant aussi à ses petits enfants. Elle détestait qu'il plante le Granma sur la table, en équilibre entre son verre et la bouteille de mauvais rhum qu'il sifflerait dans la journée. Il y avait le silence général qu'il imposait à table où il n'autorisait que ses propres commentaires faits à haute voix sur ce qu'il lisait : politique, économie et encore politique. Cela leur avait valu (à elle et à ses soeurs) bien des giffles lorsque face au silence elles étaient prises d'un fou rire incompréhensible mais irrésistible et tellement contagieux. Souvent en cachette alors qu'elle était encore adolescente et vivait chez lui, elle avait craché dans sa bouteille de rhum, riant intérieurement lorsqu'elle le voyait ensuite boire ses crachats. Oui elle le détestait depuis longtemps.
Pas un jour sans qu'il n'ironise à propos de ses filles et ne les insulte. Des bonnes à rien, sans ambition. Et le mari de Teresita, un pauvre gars bien gentil mais toujours à renifler les jupes de sa femme, tu parles d'un homme ! Pas un jour sans que sa colère ou sa contrariété, elle avait toujous su que l'alcool y était pour quelque chose, ne le rende méchant. Il aboyait, se moquait, commentait ce qui pour lui était faiblesse ou erreur sans aucun respect pour ses filles. Il les méprisait. Qui voudra de toi ? Quel mange-merde voudra de toi ? Avait-il dit bien souvent à Teresita qui souffrait alors d'allergies chroniques et avait en permanence le nez rouge et congestionné.
Souvent le vieux Lucas (mais à l'époque il n'était pas vieux) disait à ses camarades (le noir Blandino et Yoel l'intellectuel) que c'était bien sa veine, Pensez-donc ! Une épouse, trois filles et une chienne ! Que des pisseuses ! comme il se plaisait à dire, afin de nommer l'étendue de sa disgrâce. De n'avoir pas choisi l'ordre chronologique (il s'était marié, avait eu des enfants puis cette chienne) Teresita s'était toujours demandée qui aurait-il nommé en premier.

Sa chienne ? Qui pissait aussitôt qu'il s'adressait à elle ou se mettait sur le dos remuant d'une façon désordonnée la queue et les pattes, en signe d'amour et de soumission absolue, quand cette compagne inconditionnelle ne faisait pas les deux en même temps.

Sa femme ? Le nez dans sa machine à coudre elle n'entendait plus rien depuis longtemps ni ses discours, ni ses commentaires et moins encore ses injures. Elle haussait les épaules et le servait sans mot dire. Puis elle retournait à sa machine à coudre, lui tournant le dos et mettant entre eux un mur invisible que constituaient les pic-pic-pic de l'aiguille et le ronron de la courroie.

Ses filles ? Parlons-en.
L'une était partie en ville étudier à l'Université, elle n'était jamais revenue à la maison et vivait maintenant à l'étranger. Elle envoyait régulièrement des nouvelles et un peu d'argent. Le vieux Lucas l'avait balayée d'une phrase : tant que j'aurai deux bras, je n'attendrai pas après l'argent d'une pute pour vivre, un ver de terre pourri, qu'elle aille se faire pendre ailleurs ! (Lui-même n'avait jamais accepté une seule invitation à l'étranger, il en était fier et le claironnait à chaque occasion à ses deux compagnons de lutte, tout en servant de grandes rasades de mauvais rhum, qu'ils se sifflaient à l'unisson. Comme ce jour où il avait envoyé se faire foutre le yanqui qui voulait l'interviewer pour qu'il témoigne des hauts faits de l'année glorieuse. Depuis quand accepterait-il des échanges culturels avec les barbares ?)
La seconde s'était oté la vie il y avait maintenant 15 ans, l'année de ses vingt ans, un geste malheureux qui avait plongé la mère dans un mutisme encore plus grand. Personne n'en n'avait jamais plus parlé une fois que le vieux Lucas ait annoncé à tous qu'elle était morte et enterrée puisque c'était ce qu'elle-même avait souhaité.
La troisième était Teresita. Elle venait tous les dimanches à la maison, elle mangeait en silence observant le vieux Lucas, elle se demandait quand les laisserait-il en paix ? Quand allait-il crever ? Elle le détestait toujours autant jusqu'au prochain dimanche, surtout parcequ'elle sentait en elle la même haine qui l'animait lui et pour cela peut-être plus que pour tout le reste, elle le haïssait de l'avoir ainsi faite.

La novela o la música

Posted: sábado, 15 de mayo de 2010 by yannier RAMIREZ BOZA in Etiquetas:
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Con la novela se paralizaba todo. Al día siguiente, el capitulo de la noche anterior,  era motivo de comentario. El ejemplo más palpable era que todo el mundo veía la novela, las calles se quedaban vacias y hasta la policía se encerraba en sus respectivas unidades. Era el bálsamo diario para la gran mayoría. Recuerdo los cabreos que cogía mi abuela cuando había apagones a la hora de la novela. No se quejaba tanto por los apagones pero por la novela, sí.
El ñato era uno de los tantos apasionados por la música en general. El vivía para la música y se alimentaba con la música. Su casa se situaba en la esquina, que quedaba al lado de la cafetería. Todos le decían “el ñato” y no José Enrique. Después del accidente, el sobrenombre le caía del cielo. Por supuesto que fue un accidente, como él explicaba: “solo fueron unos traguitos y arreglando la cabrona puerta del baño que no cerraba me cayó en plena nariz. Ahora parezco un boxeador”
El ñato hubiera querido llamarse como los reyes del merengue. Esa era su época favorita, las mejores canciones de todos los tiempos: Gilberto Santarosa, Las chicas del Can, Pacheco... Por eso, cuando todo el mundo se ponía a ver la novela, él metía a todo volumen sus merengues. Por supuesto que la policía llegaba para quitarle el equipo, por escándalo público pero no era fácil: “yo tengo Santo hecho, pero si ustedes dicen que los vecinos se quejan, llévense el equipo y después me dicen cómo les va la cosa”. La policía nunca se los llevaba, ellos sabían perfectamente de qué les estaba hablando. Con los santos no se juega.
Una tarde Juanita la de la esquina no esperó la hora de la novela y una hora antes que empezara se desplazó hasta la casa del ñato, sin que él la viera, hizo que la tía velara por si alguien viniera y se subió en una escalera para alcanzar los cables eléctricos y así poder desconectar la electricidad de la casa escandalosa. La tía le comentó que era un trabajo peligroso y podía quedarse electrocutada, y además la televisión había anunciado lluvia a esa misma hora de la tarde.

- ¡Hijita tú estás loca, bájate de ahí y suelta esas tijeras!.

Le frère de Luisa Gil

Posted: domingo, 9 de mayo de 2010 by magali in Etiquetas:
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A 18 ans, bientôt 19, Marion se sent déjà femme. Elle a un copain, une voiture et beaucoup de liberté. Elle n'étudie pas énormément mais a beaucoup d'amis, bien sûr elle vit chez ses parents. Elle trouve cela normal, après tout c'est leur responsabilité quand même ! Elle n'est pas encore indépendante.
Elle passe beaucoup de temps au téléphone ou sur MSN et Face Book, ben oui ! Elle a beaucoup d'amis. Elle s'octroie un moment de repos, complètement coupée du monde, afin de voir son feuilleton télé préféré : Plus belle la vie. C'est le seul moment de la journée (sauf en cours) et de la nuit où son portable est sur le mode vibreur.
Le lycée, bof ! c'est pas sa tasse de thé, ses parents la poussent, ses amis et son copain y étudient avec elle. Elle y va aussi mais vraiment sans grand intérêt, sauf pour commenter la dernière fête, préparer le bal de fin d'année du lycée, ou parler chiffon, maquillage avec ses super copines... Elle a fini par répéter qu'elle veut son Bac, qu'il lui faut le Bac mais après elle ignore bien pour quoi faire ? Peut-être la fac puisque l'ambiance, paraît-il y est super sympa...
Ce lundi Marion a les cheveux très longs (rajouts), les yeux bleus (lentilles) et un nouveau percing au visage (le troisième). Elle porte aussi un nouveau T shirt à l'effigie du Che. Elle provoque quelques regards admiratifs, des interrogations diverses et variées de ses camarades, bref elle devient pendant un quart d'heure le centre d'intérêt du petit monde de la Terminale L.
Seuls les profs ne réagissent pas devant son nouveau look. Ils font comme si de rien n'était. Le cours d'espagnol commence, chiant comme d'habitude, pourtant le texte à lire est court, environ 7 lignes. Mais bon, elle comprend rien. Elle a pas envie de lire tout ça... Quelques camarades vont sûrement répondre. Elle se cache derrière la camarade assise devant elle.
- Qui sont les personnages ?
Réponse : « Mario Vargas LLosa ».
La prof change de visage, d'abord incrédule puis légèrement agacée : « Comment ? Au mois de mai, vous continuez à confondre auteur et personnage ? C'est pas sérieux... Non, enfin ! ».
-Ouf, le lèche-cul, le puceau de la classe répond. Voilà, elle l'a son personnage : « Luisa Gil ».
Question : « Est-ce que Luisa Gil apparaît dans le dialogue ? »
Oh là là ! elle va encore nous gonfler avec son histoire de narration, de dialogue, de discours indirect et direct, ou pire encore cet espèce de truc incompréhensible, le discours indirect libre. Alors là, le pompon, Marion n'y comprend rien.
Donc voilà la situation : deux hommes parlent, enfin l'un parle et l'autre acquiesce : « Oui excellence ». Ils parlent de Luisa Gil car celui qui acquiesce est son frère.
Marion regarde sa montre, tellement craquante, le bracelet super super fin lui enlace trois fois le poignet. Elle est vraiment chou cette montre ! Merde ! Ça fait 20mn qu'ils parlent pour savoir qui sont les personnages du texte et quel est le thème de leur conversation... Le temps lui semble figé, qu'est-ce qu'elle s'ennuie.
Bon maitenant il semble que la situation soit un peu plus claire : Son excellence (un certain dictateur Trujillo, d'un de ces pays où ils passent leur temps à se battre pour la justice et à mourir pauvres et jeunes, la prof d'espagnol semble adorer ça.) ordonne donc à son interlocuteur, le frère de Luisa Gil, qu'il rompe avec elle.

Alors là ! Marion lève la main, pourquoi le frère et la soeur ont-ils une relation ? Est-ce accepté là-bas ? (elle ne se souvient plus de quel pays il s'agit).
Eclats de rire de quelques camarades, dont le puceau, et la prof qui devient un peu sévère, son visage se ferme.
- Mais enfin Marion ! Si tu ne rêvais pas autant tu aurais compris qu'il ne s'agit pas du frère de Luisa Gil mais de son fiancé !
Marion est rassurée : ah bon ! Encore que l'idée de débattre de l'inceste lui paraît beaucoup plus actuelle que ces histoires de dictateurs, de frère, de fiancé, enfin de gens très bizarres, dans des situations qui n'ont rien à voir avec ses préoccupations. Car elle, elle a les pieds sur terre, pas comme la prof, d'ailleurs elle s'intéresse à l'actualité elle ! La preuve : elle regarde toutes les émissions qui traitent de problèmes sociaux : inceste, viols, violence conjugale, divorces, suicides, enfin la réalité quoi ! Pas ces histoires sans queue (ah ah ah !) ni tête, des histoires de prof quoi.
La montre indique qu'il reste 10mn, ouf, le temps de copier les 3 lignes du tableau et de ranger son ensemble : trousse-cahier de texte-cahier dans son sac assorti. Chez Marion tout est à l'effigie du Che, il est tellement craquant ce mec.
Bon, encore une question, la prof les rassure en disant que c'est la dernière :

- Si le frère de Luisa Gil est accusé de subversif par Trujillo, que pouvons-nous donc comprendre de ses idées ?
Marion saisie d'une soudaine lumière, ça fait tilt, lève la main pour la seconde fois. Elle sait.
- Parce que c'est un terroriste ! 
Non mais ! La prof ouvre de grands yeux, tandis que Marion est très fière de prouver qu'elle est vraiment une fille de son époque.

Desde el Rio Bravo hasta la Patagonia

Posted: miércoles, 5 de mayo de 2010 by yannier RAMIREZ BOZA in Etiquetas:
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De aquí a 50 años quien podrá calcular la velocidad de las palabras, donde la maquinaria económica predominará. De aquí a 50 años las ideas socialistas estarán encerradas dentro de un museo, para que todos puedan admirar el primitivismo de ahora. De aquí a 50 años solamente existirá un país todo poderoso, que capitaneará en todo el planeta; se hablará un solo idioma y se monopolizará una sola moneda. De aquí a 50 años la palabra pobre será tachada del diccionario, en revancha, muchas se solidarizarán al mismo grado: explotación, burro, esclavo… de aquí a 50 años el hambre será reglamentada y los individuos se disputarán las enfermedades. De aquí a 50 años desaparecerán las fronteras, la palabra visa será grotesca y la inmigración será de animales. De aquí a 50 años en las escuelas se instruirá cómo ganar dinero y cómo consumirlo; las asignaturas como: la historia, la geografía, la filosofía, la literatura y los idiomas se podrán encontrar, si todavía existimos, en nuestros discernimientos de alzhéimer. De aquí a 50 años conferenciaremos de la crisis de la civilización, y a nuestra gran sorpresa, nos felicitaremos. De aquí a 50 años nuestra capacidad de dudar y nuestra certidumbre serán más fuertes y uniformes en nuestras subsistencias cotidianas. De aquí a 50 años el Sur no existirá y el Norte ya habrá fabricado suficientes trabajadores-consumadores en serie. De aquí a 50 años el marketing y la publicidad se ostentarán claramente para fomentar la violencia y la frustración. De aquí a 50 años las promesas de todos los dictadores, perdón, presidentes, se transformarán en el nuevo lineamiento de orden político y económico.

Lógicamente todo eso pasará de aquí a 50 años si nos quedamos con los brazos cruzados. Si nuestra raza responde al sentimiento de pertenecía y justicia, podemos comenzar un nuevo camino con las ideas de muchos hombres del nuevo continente. Puedo decirles que no poseemos ninguna bola de cristal que pueda prevenir el futuro, que si es un proyecto que vale o no la pena, si es desequilibrado o genial. Pues ese camino, ese futuro verdadero es mejor que el hueco de falsedades que nos invade por boca de los dictadores, perdón, presidentes. ¡De aquí a 50 años, cambiemos el mundo, por nuestro bien!

Shan-tiago

Posted: lunes, 3 de mayo de 2010 by magali in Etiquetas:
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Le lendemain de sa nomination à la tête du Parti de la ville, le premier secrétaire mit en place la réalisation de ses grands projets urbanistiques. Après d'âpres discussions avec le conservateur de la ville il finit par imposer ses idées. Elles étaient modernes et visaient à réaliser une zone de meilleure pratique urbaine. Il voulait créer un espace où les meilleures pratiques et objets universellement reconnus des villes du monde entier seraient concentrés. Ce programme avait séduit. Aussi des équipes d'ingénieurs et d'archictes avaient été embauchées pour imaginer les plus audacieuses transformations en un laps de temps record. Il n'y avait plus de temps à perdre.
Le premier objectif fut la construction d'une rue piétonne où s'aligneraient les boutiques et les locaux de restauration rapide. La mode était à la pizza et au Red Bull. Pour ce qui était des boutiques il faudrait distribuer le meilleur choix d'articles inutiles en plastique doré ou rose de préférence : fleurs, paniers, plats, horloges, pinces à linge, sets de tables, verres, assiettes et couverts assortis, porte-stylos, porte-photos, cadres, et même le nec plus ultra : chaises et tabourets. La liste était infinie, ce ne serait pas un problème. Pour cela on décida de la destruction des bâtisses qui bordaient l'avenue principale, vieilles de 500 ans pour certaines et témoins d'un passé architectural incontestable. Les ouvriers arrivèrent, après que la population déplacée vers la périférie de la ville eût quitté les lieux. Pendant des mois les nuages de poussière témoignaient de l'avancée des travaux. Bientôt il ne resta plus rien des bâtisses et l'on commença à ériger la modernité. Vitrines et néons le long de l'unique rue piétonne, bancs de ciments tous les 10 mètres donnèrent au choeur de ville un aspect international dont les habitants étaient très fiers. Ils passaient et repassaient, entraient et sortaient des boutiques, flânaient et se sentaient heureux d'acheter un objet en plastique ou une pizza ou plus encore une cannette de Red Bull qu'ils savouraient longuement en continuant leur promenade.

La deuxième étape de la réforme commença avec la construction de la tour la plus haute de la ville. Après de nouvelles et âpres discussions il fut accordé qu'elle trônerait sur la place centrale à gauche de la cathédrale. Le premier secrétaire du Parti voulait que le symbole fut évident : le temple spirituel et le temple financier (n'était-ce pas la nouvelle religion internationale ?) se côtoieraient donc. Les travaux commencèrent, il fallut déloger le plus vieux club d'échecs de la ville, un cinéma qui datait d'avant la Révolution et plusieurs bâtisses alentours qui elles aussi comptaient doucement cinq cents ans ou presque. Les bureaux flambants, largement vitrés sur tous les côtés s'érigeaient et la cathédrale avait maintenant l'air vaguement ridicule. Personne ne voulut le reconnaître mais il n'y avait qu'à voir les passants qui levaient le nez vers cet unique gratte-ciel évitant de la sorte de voir l'ange de la cathédrale dont la trompette semblait sonner l'hallali. Dans la tour s'installèrent les ingénieurs et les architectes, le secrétaire du Parti se réserva à lui seul un étage entier et le conservateur de la ville eut droit à la moitié d'un autre. De nouveaux citoyens arrivèrent, ils ne parlaient pas la même langue, s'habillaient en gris de préférence, portaient un attaché case et ne riaient jamais. Ils entraient et sortaient des bureaux tôt le matin ou tard le soir. Certains commencèrent à soupçonner qu'ils n'existaient pas mais n'étaient que le fruit d'une spéculation internationale. La rumeur s'amplifia. On disait qu'ils étaient les propriétaires des magasins de la rue piétonne et que depuis la tour à l'aide de jumelles ils surveillaient les habitants qui entraient et sortaient de chez eux. Ils devinrent impopulaires, puis mythiques et rapidement on menaça les enfants quand ils ne dormaient pas de les donner aux hommes en gris qui les emporteraient dans les étages de la tour de cristal.

La troisième étape du projet urbain était grandiose. Il s'agissait d'une ligne de bus qui relierait l'aéroport international de la ville, les trois hôtels internationaux de la ville (Casa Granda, Las Américas et l'hôtel Santiago qu'on songeait à rebaptiser) avec les quais. On baptisa le service : Transrapid. Il serait donc possible d'aterrir à l'aéroport, de monter immédiatement dans un bus climatisé, équipé et de rejoindre ainsi un hôtel de son choix parmi les trois proposés. De là sans arrêt superflu on pourrait gagner les quais. Puis on put envisager l'ultime étape, l'apogée du projet, celle qui donnerait enfin au premier secrétaire le prestige qu'il méritait bien et lui permettrait à coup sûr de gagner un poste à la capitale. (Une partie infime de la population l'accusait de vouloir quitter la ville). Il s'agissait de construire le pont le plus long du pays, au dessus de la mer, en direction des îles de la baie. Les autobus largement vitrés permettraient tout de même une vision panoramique de la ville et la prise de photos n'était pas impossible à condition de nettoyer les vitres du bus régulièrement. Pour cela il fallut élargir quelques avenues et en construire de nouvelles en direction de la mer. Des tonnes de pierres, de sables, de bitume arrivèrent (ce thème aussi alimenta bien des conversations, on accusa les hommes en gris...). Petit à petit on assista au miracle. Plusieurs fois par jour les habitants applaudissaient le passage de bus aux profils aérodynamiques qui roulaient à 80km/heure en moyenne sur cette autoroute de la modernité. Pendant ce temps les habitants qui n'assistaient pas au spectacle gratuit passaient et repassaient, entraient et sortaient des boutiques, flânaient et se sentaient heureux d'acheter un objet en plastique ou une pizza ou plus encore une cannette de Red Bull qu'ils savouraient longuement en continuant leur promenade le long de l'unique rue piétonne. Des ouvriers arrivèrent de toutes les provinces de l'est du pays. La main d'oeuvre ne manquait pas et d'ailleurs le chomage dans la province était aujourd'hui de 0,2 %. Seuls les ivrognes, les handicapés et les opposants au régime (0,06% des 0,2% étaient considérés comme opposants au premier secrétaire du Parti donc au régime) continuaient à rester les bras croisés. Les femmes et les jeunes filles pouvaient maintenant profiter de la rue piétonne et de ses atours. Elles avaient plus d'argent qu'avant car leurs époux et leurs frères travaillaient à la construction du pont sur la mer le plus long du pays et leurs salaires avaient quadruplé. Ils étaient augmentés à chaque kilomètre, aussi certains demandèrent à travailler la nuit. Ce fut accordé.
Les touristes commencèrent à affluer en masse, tout à fait intrigués par cette ville moderne, en pleine expansion, le bouche à oreille fonctionnait sur tous les guides touristiques internationaux. On y trouvait le plan de la ligne Transrapid, téléchargeable paraît-il sur Google. Comme le pont avançait bien, le secrétaire du Parti en fit modifier le tracé, il l'allongea. Bientôt les 10 kilomètres initialement prévus devinrent 20, puis 30, puis 35... On ne savait plus où arrêter le pont car son achèvement signifierait la fin des touristes. La fin des touristes signifierait la fin des travaux. Bref le problème occupait maintenant l'esprit du Premier secrétaire du Parti de la ville ainsi que celui des quelques 50 ingénieurs et architectes qui travaillaient eux aussi jour et nuit dans le dernier étage de la tour de cristal. Le casse-tête était tel qu'après plusieurs virages au-dessus de la mer des Caraïbes la décision fut prise de construire le pont vers le Nord. (Secrètement le secrétaire du Parti espérait ainsi pouvoir s'échapper de la ville, parmi les 0,06% d'opposants certains parlèrent même de son désir de quitter le pays. Ils étaient scéptiques face à la modernité et croyaient encore aux traditions).

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