La Babel moderne

Posted: viernes, 27 de noviembre de 2009 by magali in Etiquetas:
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Octobre 2009 Ronny a son visa pour Paris. Il doit y chanter son dernier album. Il suit les traces des grands « trovadores » de l' « Oriente » cubain en y intégrant des emprunts au rock ou à la musique populaire brésilienne, selon Radio Nova. Il sera le 9 octobre au café de la Danse, Paris, 11ème. Mais son rêve secret, intime n'est pas vraiment de chanter, il n'a fait que cela depuis qu'il est né, chanter ou écouter chanter. La chanson c'est sa peau, ses mains, son coeur, ses membres, sa respiration. Parcourir Paris du 9ème à la Tour Eiffel. Faire partie des 100 000 visiteurs quotidiens des Galeries Lafayette et des 236 millions de visiteurs de la Tour Eiffel, voilà son rêve !
Boulevard Haussmann, Chaussé d'Antin, Louis Majorelle, Nouveautés, Mode, Yves Saint Laurent, Cacharel, Pierre Cardin, Exposition Universelle, Champ de Mars, Quai de Seine, autant de noms au contenu magique et prometteur. Faire partie de l'Histoire et de la Modernité, c'est tout. Pour cela il rêve d'aller à Paris.
Sur le trottoir il se faufille entre les groupes et se sent étrange. Certes il est étranger, mais il est surtout étrange aujourd'hui, là, à cet instant. Ces asiatiques (japonais ou chinois ?) sont chargés de sacs, ils en ont aux bras, posés à leurs pieds, les hommes en ont, les femmes en ont, Galeries Lafayette, Galeries Lafayette... Les vendeuses parlent aux asiatiques dans leur langue, il se sent bronzé, personne ne s'adresse à lui, il n'a pas de sac pendu au bras, il a envie de dire : Je suis cubain, eh ! Je suis cubain. Je réalise mon rêve! Vous entendez ?
Il sort son appareil et se concentre dans les prises de vue. lumières, vitrines, escalators, balcons, rampes, coupole, 25 photos. Il peut partir.
Au pied de la belle dame de fer la foule est dense. Elle est ravissante pour ses 120 ans: ravalée, décorée et spécialement illuminée. Il s'assied sous elle entre ses quatre piliers.Un homme le dérange et propose un lot de tours Eiffel miniatures à 1€ les cinq, puis un autre et un autre encore : Tour Eiffel dorée, platine, illuminée, en fer, en plastique...
Comment n'avait pas vu les vendeurs ? Maintenant il ne voit qu'eux : hommes, ombres, sombres. Certains semblent monter la garde, regards scrutateurs de sentinelle, ils assurent la sécurité. Peur, regards d'aigles, gestes vifs. Il y en a partout. Marocains ? On lui a dit qu'en France il y en a beaucoup. Africains ? On dirait même qu'il y a des Indiens...Il a envie de dire : eh ! Je suis cubain ! Il sent son coeur battre plus fort, et si on me confond avec l'un d'entres eux. Où devrais-je courir, vers quelles rues ? Quel quai ? Quelle langue parlent-ils ?
Il sort son appareil et commence à immortaliser le spectacle inattendu, ignoré, qui a lieu ici, entre les jambes de la dame, patrimoine mondial de l'UNESCO. Histoire et Modernité.

sea sex § sun

Posted: domingo, 22 de noviembre de 2009 by magali in Etiquetas:
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L'italien est court sur pattes. Son tronc est plus long que ses jambes. Il est gras, ventru, blanc et il lui manque des dents devant. Il est aussi à moitié chauve et son crâne est rouge, brûlé par le soleil des Caraïbes. Il boit du rhum et de la bière qu'une fille va chercher pour lui. Elle met la main dans son sac de plage et en tire des dollars. Une autre fille arrive, puis un garçon et un autre encore. Pendant que la bouteille de rhum se vide ainsi que les bières.
Le crâne de l'italien est violet maintenant et sa panse semble vouloir cacher son slip de bain. Où est son sexe ? Il s'allonge sur le ventre sur sa serviette de plage et tombe ivre dans un sommeil sans rêve. Un trou noir comme celui qu'il a sur le devant de la bouche.
Le petit groupe continue ses allées et venues, sans se soucier de lui, la fille continue à mettre la main dans le sac ; une autre dépose sur le dos de l'italien un lecteur CD.
L'italien continue à roupiller, la fille qui mettait la main dans le sac a disparu. Le groupe est différent : certains sont partis et d'autres sont arrivés, mais ils continuent à boire. Ils jouent bruyamment aux cartes sur le dos de l'italien, l'ignorant.
La fille du début revient, elle sourit à l'italien qui vient de se réveiller et embrasse tendrement sa bouche édentée. Il se sent heureux : quels bons amis cubains il a fait à Siboney, et la noire là sur la photo, infatigable au lit. Un super coup ! Super bonne la black !

La metamorfosis

Posted: sábado, 21 de noviembre de 2009 by yannier RAMIREZ BOZA in Etiquetas:
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Fermín trabajaba como portero desde hacía 10 años en el Museo Nacional de Historia de Cuba. A pesar de todo, nunca había puesto un pie dentro del museo. Un día fue convocado a la oficina del director. Historia de promoción, según decía la carta. Ese día atravezó los mil y tantos metros cuadrados del museo.
El espacio estaba ocupado por hombres que jamás habían salido al exterior y Fermín se sintió extraño al ver a sus desconocidos compañeros de trabajo. De hecho tuvo que pagar la entrada pues no lo conocían a él tampoco, aplicando el reglamento al pie de la letra:"Todo objeto animado o inanimado, animales, plantas y hombres, que no pertenezca a la plantilla interior, debe pagar...". Caminando se cruzó con hombres de expresiones glaciales y que parececían ignorar toda idea de simpatía o de humanidad. Más bien la rabia parecía dominarlos. Dos hombres abrieron una puerta y se dirigieron hacia Fermín. Caminaban pegaditos y silenciosos. Fermín sintió un tembleque apoderársele del cuerpo y acto seguido sacó un cigarro, pidió fuego. Ninguno de los dos hombres se detuvo. Fermín siguío caminando asustado. Se dió cuenta de que ninguna de las personas con las que se cruzaba, parecía fijarse en él. Ni siquiera lo miraban. Concentrados en enormes y gigantescas pilas de papeles, no querían, ni parecían querer ocuparse de nadie ni de otra cosa. Fermín se detuvo con el cigarro en la mano y se sentó en una mesa en el medio de la sala. Ya era obvio que nadie lo había notado. Y en realidad, nadie notaba a nadie. Para estar seguro, cogió una carpeta y la ripió en pedazos, pero nadie, nadie lo miró. Ahora sí estaba seguro de que nadie le iba a prestar la menor atención.¨Pues se sentó en una silla. Sentía que había caminado toda la vida. Estaba cansado. Por curiosidad, abrió una de las gavetas de la mesa de trabajo y asombrado se percató de que había miles de hojas de color verde. Era el primer color que veía desde que había entrado al museo. Hojas verdes y vacías. En otra carpeta había una "carta tipo" de interés comercial. Sin destinatario alguno. Empezó a preguntarse si podría copiar la "carta tipo" en las hojas verdes, así tendría color el museo. Miró para los lados y como nadie lo determinaba, empezó a copiar a golpes de máquina de escribir.

Rrrevolucion

Posted: miércoles, 11 de noviembre de 2009 by magali in Etiquetas:
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Métro Félix Faure, Paris 15ème, samedi 30 octobre 21h30 début de soirée.
Les plafonds de chez Nathalie sont hauts, de grandes fenêtres donnent sur la rue, une cheminée en marbre dans un angle, une collection de posters Coca Cola au mur, de l'autre côté un poster du Che. Kinderlan n'est pas seul, Christophe l'accompagne. Ils sont chez Nathalie, une fan de Cuba, et clin d'oeil de Christophe, des cubains !
Kinderlan !je vais te présenter une fan de Cuba, clin d'oeil de Christophe, et des cubains ! Nathalie, Kinderlan, un ami cubain, il fait dentaire avec moi.
Nathalie : « Moi j'ai fait Cuba cet été, 18 jours exactement, pas un de moins. Bon j'avais déjà fait le Costa Rica, le Nicaragua, le Guatemala. Et puis là Cuba, j'ADORE».
Kinderlan s'approche, elle continue : « Salut, t'es cubain alors ? je vais te faire un moRRRito comme jamais, tu vas voir. C'est facile, je buvais que ça à l'hôtel, partout, tu vois pendant 18 jours ! Alors qu'est-ce-que t'en penses ? » Kinderlan acquiesce timide, un large sourire, oui, oui.
« J'ADORE Cuba ! Tu parles bien français ! Super ! Moi tu sais l'espagnol c'est pas mon truc, j'ai jamais étudié cette langue, je faisais allemand, tu vois ? Mais bon, la première fois que je suis allée à Cuba des potes m'ont dit, c'est simple, il faut juste que tu saches dire « Viva la RRRevolución » et « Cuba libre » ah, ah, ah ! tu vois ? Bon maintenant ça va, je comprends un peu, et puis il suffit de dire « Viva la RRRevolución » et « Cuba libre »et ça passe, on est sauvé ! ». Kinderlan acquiesce timide, un large sourire, oui, oui. Elle enchaine « Puis les cubains sont vachement sympas, tu vois. Tu parles à tout le monde, c'est pas comme à Paris ! Ils arrêtent pas de faire la fête, ça doit te manquer ici. Bon, tu vas en boite danser la salsa ?» Kinderlan acquiesce timide, un large sourire, oui, oui.
Dimanche 1 novembre 23h45 heure cubaine, 17h45 à Paris.
Mail de Kinderlan à son ami Julito :
Compadre, tu ne peux pas deviner d'où je t'écris...Bon, je suis dans un appartement à Paris, 15ème, je te raconte pas, la jevita s'appelle Nathalie. Tu imagines bien que je lui ai donné ce qu'elle espérait, et plus encore. Là on vient de se lever et elle a préparé un plat de spaghetti dont tu n'as pas idée, du fromage, incroyable. Ecoute le plus beau, si tout va bien je serai à Cuba cet été, elle tient à ce que je l'y accompagne, parcequ'elle ADORE Cuba, et ne parle pas très bien espagnol. Un « jamón compadre » . Alors écoute-moi bien, tu vas nous louer ta chambre pendant trois semaines et crois-moi Frère pour la première fois on va pouvoir aller boire des mojitos tous les soirs à l'hôtel et connaître toutes les discothèques. Je te dis que ça ! En attendant je te tiens au courant, s'il te plait n'oublie pas de m'écrire et donne-moi des nouvelles. Salut Frère et n'oublie pas : Liberté, Egalité, Fraternité, y'a que ça de vrai Compadre. »

Adán y Eva

Posted: jueves, 5 de noviembre de 2009 by yannier RAMIREZ BOZA in Etiquetas:
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Antonio y Reinasofía se preparaban para el invierno. Ese fue el deseo pedido por ambos a San Lázaro, el año pasado en la fiesta. Años de discusiones quedaban atrás con el nuevo cumplido. El calor eterno les era insoportable. Sobre todo, cuando tenían que aguantar durante los 365 días del año, los mismos shores y puloveres. Sin hablar del sol, caliente y torturante del mediodía.
Antonio, sabiendo que le quedaban 6 horas para ver la nieve, empezó a intranquilizarse, pues se percató que no tenían ropas para soportar los 3° de invierno y que la casa no estaba diseñada para tal temperatura.
-Tú sabías muy bien que todo tenía que estar listo para mañana y ahora no creo que en 6 horas puedas arreglar el mundo, decía su mujer mal humorada, debí encargarme yo misma. No sirves para nada.
Antonio no dijo nada. Se quedó pensando en la nueva solución. Y si le pido a Changó, dios del trueno, que me dé una casa con ropas. Pero esa idea la apartó, pues el día de Changó había pasado. No les quedaba más remedio que esperar el invierno con sábanas. Comenzó a tapar todos los huecos de la casa, a clausurar la ventana, y a calentar dos tanques de agua para que el vapor subiera.
Radio Reloj anunciaba un cambio brusco de temperatura, cosa inusual en Cuba. "Esta mañana, será las más fría de todos los años, jamás visto... el centro de meteorología anuncia 3° de temperatura en la isla... Radio Reloj, tac, tac, tac, tac, tac, 8:00 de la mañana..."
Todo cambió: el aire era cada vez más frío, el cielo cada vez más gris y la noción del tiempo ni hablar. Parecía que nada pasaba. La idea fija de ambos era cómo hacer para crear un incidente dentro de ese nuevo mundo oscuro y por supuesto qué acto elegir. Con los 3° de temperatura no se puede salir, no se puede jugar dominó en la esquina, no se puede estar en el brete y tenían que permanecer las 24 horas encerrados. Ya se les hacía difícil la vida al cotidiano.
Reinasofía fue la primera que empezó el escándalo, tirándose al piso y gritando que se iba a dar candela, pero su escándalo no tuvo repercusión. Entonces Antonio empezó a poner fuego a los muebles con agresividad, pero el humo los obligó a abrir la ventana y dejar pasar el frío. Reinasofía sugirió que sería mejor tirarse por la ventana, pero la idea la recogió enseguida, pues su cabeza no pasaba por la ventana. Y si salgo desnudo a la calle, dijo Antonio, pero también retiró la idea de la mente, pues sería un suicidio seguro con este frío.
Más tarde, se quedaron sentados en el piso, como anestesiados. Parecían muebles, parecían sombras. A partir de ese momento empezaron a aceptar la idea de que Adán y Eva eran personajes del paraíso y por supuesto el paraíso se encontraba en el trópico.

La chanson française

Posted: martes, 3 de noviembre de 2009 by magali in Etiquetas:
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Travailler en chantant est dans ses habitudes cubaines. Travailler en fredonnant plus exactement. D'abord parce que depuis quatre ans qu'il est en France il ne connait pas encore vraiment bien les paroles des chansons françaises et puis l'endroit n'est pas vraiment propice au chant, seulement au fredonnement. Luis se donne du coeur à l'ouvrage en fredonnant les airs que lui inspirent les circonstances. « Sur l'écran noir de mes nuits blanches...Moi je me fais du cinéma, Sans pognon et sans caméra, lalalalalalalalalalalala.... Sur l'écran noir de mes nuits blanches. » Le drap blanc est tendu, il peut commencer. Il trempe lentement l'éponge dans le plat, l'imbibe d'eau tiède savonneuse et légèrement parfumée. Il passe le bras de l'autre côté et commence à promener l'éponge tout doucement.. « La pluie fait des claquettes sur le trottoir à minuit, bip,bip,bip....la pluie, lalalalalala bip,bip,bip...la pluie » Quelques gouttes d'eau tombent. Il sait qu'il va répéter l'opération vingt, trente fois, jusqu'à ce qu'il termine doucement, patiemment.
Les yeux étonnés de Marie-Louise se posent sur lui. « Armstrong, je ne suis pas noir, je suis blanc de peau, lalalalalalala ». Il lui sourit, la soutient, tandis qu'elle parcourt les quelques mètres jusqu'au fauteuil. « Armstrong, un jour, tôt ou tard, on n'est que des os. Est-ce que les tiens seront noirs? Ce serait rigolo Allez, Louis, alléluia, au-delà de nos oripeaux. Noir et blanc sont ressemblants comme deux gouttes d'eau, lalalalala » Son bras maigre, son dos courbé.
Un peu plus tard Luis démarre sa voiture sur le parking en bas. Un regard machinal, une lecture automatique des lettres peintes en mauve « Les lilas ». Alors seul dans sa voiture, il se lâche, il entonne plein pot, il chante, il braille même : « Montmartre en ce temps-là. Accrochait ces lilas jusque sous nos fenêtres, lalalalala... »
Marie-Louise, Henria, Germaine Garnier, née en 1925 en France, à Fabrègues, département de l'Hérault, (34), fille de Josette, Marie, Jeanne Fayon et de Louis, Séraphin, Henri Garnier, n'est plus très sure de savoir pourquoi elle est là. Elle ignore aussi combien de temps elle y restera. Et surtout pourquoi c'est un grand noir qui chante tout le temps qui vient lui faire sa toilette ?

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