Femme préhistorique

Posted: domingo, 9 de noviembre de 2014 by magali in Etiquetas:
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Dionisio Abad Jarrosay Ruiz, créateur de mode cubain.
On peut faire feu de tout bois. Il est des bois propices et d’autres difficiles à trouver. Pendant un temps le chemin devient difficile, les interrogations accompagnent. Pourtant les yeux sont toujours grands ouverts sur la vie. Les gens sont là, leur histoire apparaît mais je suis sèche en ce moment. Combien de temps cela va-t-il durer ?

 
Une voix dit : c’est comme ça. Une voix dit : c’est normal. Une voix dit : il y a un moment pour tout. Une voix dit : arrête d’écouter les voix, trop de voix arrivent à toi et tu les accueilles. Dis merde aux voix. Merde. Oui merde ça fait du bien et le belge chante sur les ondes : Allez vous faire…

 
Mais il est impossible de jeter la pierre aux voix puisque de là vient la vie, arrivent les émotions, les histoires. C’est ce qui arrive. Faire feu de tout bois sans se perdre dans le bois.

 
Le bois peut cramer, sécher, me faire torche de bois résineux, je parfume, j’exhale encore. Du sec renaît le vieux, dire la même chose, c’est une seule voix mais elle est neuve, elle est nouvelle, elle est revêtue de ses habits de printemps. Mon instinct me guide sans que je le sache, c’est sûr, je viens du bois.

 
L’humus tache les plantes de pied et aux narines arrive l’odeur de la vie en marche. Avoir confiance car les pieds sont nus au contact du sol souple, car sur la peau les gouttes humides qui tombent des feuilles transpercent, la peau est souple et perméable au contact de la froideur de ces gouttes de vie qui la font tressaillir d’un léger frisson de vie au contact de l’eau de vie froide.

 
Les yeux voient quelque chose, il y a toujours une image qui atteint les pupilles myopes et je vois alors quelque chose. Je vois exactement ce que je vois et l’image arrive à mon cerveau et l’active.

 
Je vivrai tant que je ferai feu de tout bois.

Ses brioches de cristal

Posted: sábado, 11 de octubre de 2014 by magali in Etiquetas:
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En ce 10 octobre il lui avait semblé convenable de fêter ce qu’elle avait décidé d’appeler de son nom logique : ses brioches de cristal. D’abord parce que dans son pays le 10 octobre on célébrait l’émancipation des esclaves et puis, et surtout, parce que c’était la date de son premier baiser avec une femme. Ce baiser, aujourd’hui symbolique, représentait donc son entrée dans le monde de la brioche. Brioche étant le nom donné familièrement au sexe féminin, dans son pays, encore une fois.


Elle invita donc une centaine d’amis et de connaissances à la fête qui commémorerait ce qu’elle avait désigné de son nom logique : ses brioches de cristal. Le bilan serait public, joyeux et partagé par ceux (une bonne centaines) qui, présents en ce 10 octobre, levaient légèrement la tête vers l’estrade où Andréa d’une grande présence ce jour-là, le regard franc, amusé et direct avait prononcé son discours bien préparé. Le discours d’ouverture de la fête de ses brioches de cristal. Et elle résuma d’une voix claire (elle faisait aussi du théâtre) amplifiée par le micro fixé devant elle, elle résuma donc, quinze ans d’un parcours qui n’avait pas toujours était facile mais s’avérait désormais satisfaisant En voici le résumé :

 

Quinze ans plus tôt elle avait échangé, après bien des hésitations et dans un état de semi coma tellement le sol se dérobait sous ses pieds, ses mains tremblaient, ses poumons devenaient étroits, l’air se raréfiait, le décor disparaissait, la bouche d’ Elsa devenait omniprésente et immense, un baiser avec Elsa, avec une fille.

Elle comptait vingt-cinq ans et celle qui serait l’initiatrice timide et déterminante du règne de la brioche en avait alors vingt.  Elles maintenaient une amitié douce et forte et puis un après midi, assises dans le salon à bavarder comme souvent, elles s’étaient regardées pour la première fois. Leur regard en disait long en inquiétudes et interrogations mais aussi et c’était le plus important, en désir. D’ailleurs au terme de ce regard échangé, long et silencieux, Elsa avait fui sans prononcer un mot, sur les marches de l’escalier devant la porte d’entrée. Assise à l’air libre, elle avait pu respirer à plein poumons un air nouveau. Andréa l’y avait rejointe et s’était assise à ses côtés, leurs épaules et leurs bras se touchaient. Ensuite leur visage s’était rejoint sans qu’aucune ne parle en un baiser doux et saliveux, un baiser déjà sexuel. Ainsi tous les passants avaient été témoins, s’ils regardaient du côté de l’entrée de la maison, de ça. Ce fut tout. Mais à partir de là rien n’avait plus était pareil.

Andréa prise de nausées avait couru à la salle de bain et s’était demandée d’où venait ce mal à l’estomac ? Elle était persuadée que c’était là le signe de l’amour immense, ce qu’elle sentait être son premier amour, son seul et véritable amour, qui lui donnait, non pas des fourmillements à l’estomac comme un vol léger de papillons qui effleurerait l’intérieur de ses parois abdominales comme il aurait été normal, mais un nœud si fort à l’estomac qu’elle en vomissait. Tout ce qu’elle avait vécu précédemment avait perdu de sa couleur, de son importance, d’ailleurs elle sentait qu’il n’y avait jamais rien eu avant. Pourtant, une fois de plus en un accord tacite, Elsa et elle ne s’étaient plus jamais vues après la scène de l’escalier. La seule perspective de revoir Elsa provoquait immanquablement la même crise de vomissements d’amour.

 

Des années plus tard Elsa, alors épouse et mère de trois enfants, avait confié à Andréa qu’elle lui avait donné un baiser charitable, elle lui avait ouvert la porte en quelque sorte de l’ère de la brioche sachant bien que Andréa avait besoin d’un électrochoc pour comprendre ce que ses amies avaient compris d’instinct et surtout en l’observant et la côtoyant, de longue date, depuis belle lurette, bien avant Andréa en tout cas… Elles avaient donc tiré au sort pour savoir laquelle d’entre elles donnerait ce baiser à Andréa et le sort l’avait désignée, elle, Elsa. Elle serait à la fois l’amie la plus importante de la vie de Andréa, l’inoubliable, celle par qui tout prendrait son sens, mais aussi l’amie qui sortirait de la vie de Andréa pour un temps indéfini, peut-être très long, peut-être plus court, cela dépendrait de la force de Andréa à accepter ce qu’elle appelait aujourd’hui de son nom logique, ses brioches de cristal.

 
Andréa, au terme d’une longue thérapie et d’expériences sexuelles qu’elle appelait type saucisse ou brioche selon leur orientation, avait remercié le baiser charitable d’ Elsa et avait compris deux choses : ses nausées venaient du dégoût qu’elle avait eu d’elle même, inconsciemment elle se jugeait avec les yeux de sa famille et de la grande majorité des gens,  c’est ce qui était sorti de sa thérapie ; et surtout elle appartenait au groupe des amateurs de brioche, plus de doutes à avoir, ni de vomissements ni même d’inquiétudes, juste du désir.

Voilà pourquoi en ce jour mémorable du 10 octobre et parce que quinze ans s’étaient écoulés donnant enfin place à la sérénité, l’estime de soi et la maturité, elle pourrait célébrer en toute joie partagée ses brioches de cristal.


Nadia Porras, alias Maraya Shells, artista cubana

À la pointe de l'épée

Posted: jueves, 18 de septiembre de 2014 by magali in Etiquetas:
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Publication d'automne oups! de fin d'été, de rentrée disons. Publicación de fin de verano, de entrada a clase, de otoño casi.

http://www.autour-des-auteurs.net/magazine/new_mag.html#junique

À la pointe de l'épée (1919)

de Magali Junique

All-Story Weekly - La rançon du shérif - Zorro ! - La vengeance de Zorro
Le rendez-vous était fixé à 8h30.
Diego avait procédé à plusieurs lectures du feuillet le convoquant. Le style en était formel, purement administratif, légèrement grandiloquent et tout à fait agaçant. Ces tournures abruptes et incisives éveillaient toujours en lui le goût de la bagarre. Elles résonnaient comme un cri de guerre. Les injonctions provoquaient une soif de vengeance. Je vais les avoir ! Ils vont baisser les armes, j’en sortirai vainqueur !
La première lecture avait été très rapide, seuls les mots importants avaient fait trace. Convocation, Diego Vega. Oui c’est moi, je suis convoqué, très bien. Puis la seconde lecture déjà plus calme, les battements de son cœur s’étaient apaisés. Voyons voir. Allée de la Citadelle, 8h30 le Mardi 14 juin. La troisième lecture et les suivantes n’étaient plus que contentement. Il se délectait à l’idée de participer à un tel duel. J’y serai ! J’y suis !
Il fallait maintenant préparer ses armes. Mettre dans l’étui les meilleures, les plus affilées, les plus performantes, celles dont le contact faisait corps avec la paume de la main, les doigts bien placés le long du manche. Comme il savait faire pour un résultat détonnant. Une explosion décisive, un feu d’artifice éblouissant. Il les laisserait pantois, il les aurait ! La tenue serait sans surprise : le masque habituel qui permettait de passer inaperçu au milieu de la poudrière. Un ensemble sobre. Pantalon noir ajusté aux muscles puissants de ses jambes, chemise impeccable, blanche de préférence. Cela impressionnait immanquablement l’adversaire. Il le savait bien. Le miroir lui rendit une image satisfaisante. Un homme au jeune corps musculeux duquel se dégageait solidité et vigueur. Tout cela serait positif pour livrer la bataille finale. Diego était déterminé.
Toujours face au miroir il regarda attentivement son visage. Sourcils fournis d’un noir de jais, pupilles sombres ourlées de longs cils, nez droit, ni long, ni large, lèvres charnues entrouvertes sur ses dents d’un blanc pur. Un éclair d’acier aux lèvres se dit-il. Le Z de l’énergie et du mystère des forces cosmiques. Son sourire était impétueux, presque brutal. Ses pommettes étaient hautes. Sa peau était légèrement cuivrée et les mains des filles s’y attardaient toujours, folles qu’elles étaient, aimantées à leur insu. Ses cheveux étaient coupés courts, soigneusement peignés contre son crâne d’une façon très masculine.
Maintenant il lui faudrait réviser un peu, s’entraîner pour cet ultime rendez-vous qui serait décisif pour la suite. Il n’avait pas droit à l’erreur, c’était sa dernière chance d’en sortir avec les honneurs. Mettre le feu à la poudrière ! BOUM !
Le mardi 14 juin à 8h30, lycée Joffre, 150 allée de la Citadelle, Diego Vega calme et déterminé s’installe pour les 20 minutes de préparation qu’on lui donne avant son oral de français. Il tire de l’étui son meilleur stylo. Il lit le titre du poème à expliquer : La Tornade, Aimé Césaire. Il sait déjà que le V de la victoire lui est acquis. Il s’imagine l’adresser à son ami Bernardo qui ne manquera pas de l’attendre à la sortie.
Johnston McCulley (1883-1858)
Zorro naît en 1919 sous la plume de Johnston Mcculley (États-Unis) Le fléau de Capistrano, cinq épisodes publiés dans la revue All-Stroy Weekly. En 1920, Fred Niblo réalise film muet intitulé Le signe de Zorro avec Douglas Fairbanks. La revue publie alors le roman qui deviendra un best-seller sous ce même titre.
Le héros a fait depuis l’objet d’innombrables œuvres. Par exemple : la chanson de Henri Salvador Zorro est arrivé en 1955, au théâtre Zorro, la légende, de Jean-Marc Michelangeli et Frédéric Muhl, ou encore les jeux vidéo d’Atari dès 1988.

Liamine

Posted: viernes, 29 de agosto de 2014 by magali in Etiquetas:
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L’heure est venue de le griffer. Le réflexe vient de loin, animal. Il doit partir vers son territoire inconnu. La cohabitation n’a plus de sens, les horaires divergent. C’est une question de génération.

Sa présence énerve, horripile, c’est parfois physique lorsqu’il s’assoit, laisse choir son poids à mes côtés sur le canapé. Le poids du corps que j’ai fait. Ce corps que j’ai accueilli, nourri, tenu, couvé et couvert de baisers. J’aime ce corps, je l’adore.
Pourtant l’heure est venue de le griffer, fort ? gentiment ?

Entre les deux je choisis le gentiment, le doux, le chou, c’est toujours mon bébé, jusqu’à l’infini, c’est viscéral, animal.

Le flash de son corps vers moi, je fais sa connaissance, il pèse si peu, c’est un enfant pressé qui est venu avant l’heure exacte des médecins et des calculs, j’ai aimé tellement ce moment, cet enfant, mon fils, que j’aurais souhaité en avoir plusieurs à ce moment là, qu’on m’apporte les fruits de mes entrailles, mon amour est tellement immense qu’il va suffire à plusieurs, à lui multiplié par X.

Je veux qu’il soigne son corps, sa personne, il est précieux et intelligent. Il est doué. Il doit trouver le chemin vers lui, vers tout ça. Je souhaite cela de tout mon cœur, de tout mon être, je souhaite cela car cela naît en moi sans que je le veuille, sans que je le pense, cela naît en moi de façon animale. Je l’aime plus que moi et je veux tout ça et plus encore pour lui.

D’autres femmes savent tout ça, c’est l’instinct des femmes qui se transmet sans paroles, c’est les mères, les bonnes mères, les bonnes, c’est le destin des femmes depuis le corps. C’est physiologique, c’est animal.
Pas la peine d’avoir peur de ce mot, il est beau, il concerne ma race, mes racines, il prend naissance depuis la grotte, il faut le reconnaître, c’est beau, c’est l’histoire de l’humanité.
C’est mon fils aujourd’hui.

ToTaL LoCaL PinToRe CirCuS - El mejor circo del mundo 2014

Posted: sábado, 5 de abril de 2014 by yannier RAMIREZ BOZA in Etiquetas:
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Dimanche 13 avril dès 18H00 à La Laiterie des Beaux-Arts à Montpellier

Le collectif ToTaL LoCaL PinToRe CirCuS et les Editions Luis Casinada présentent 32 livres d'artistes réalisés en public et en musique en décembre. Vente limitée... Toute la soirée numéros exceptionnels.

Dulce, dulce...

Posted: miércoles, 22 de enero de 2014 by magali in Etiquetas:
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Agustín, artiste-tatoueur cubain
Pour Manuela.
 
 
Le langage de l’amour n’est pas universel, malgré ce que l’on croit généralement.

 Il m’a fallu vivre dans ma chair cette évidence pour pouvoir me ranger du côté des sceptiques. Je suis de nature joviale et cela m’a conduit au divorce. Rien ne peut freiner mon caractère optimiste, ma joie profonde et surtout pas un mari. J’ai dû choisir et je l’ai fait après avoir laissé un temps plus que correct à mon conjoint, entre temps j’avais eu deux filles, et après lui avoir conseillé vivement et sincèrement de bien réfléchir. Sa réponse m’avait surprise : où pourrais-tu bien aller avec ton salaire minable ?

Je me suis demandé à quel moment il avait pensé m’acheter et je demandais donc immédiatement le divorce que j’obtins. Et comme pour prouver que mon salaire ne serait pas éternellement minable je demandais ma mutation pour les Antilles que j’obtins également. Mon salaire avait augmenté de façon symbolique mais je voulais me persuader que j’avais désormais un salaire convenable et j’y parvins.

Je vivais bien avec  mes deux filles dont la peau dorée me réjouissait chaque jour. Nous étions devenues encore plus belles sous le soleil, nos cheveux s’étaient éclaircis et notre teint avait foncé légèrement nous donnant bonne mine toute l’année. Comme les mois passaient, puis les années, je m’intéressais à nouveau à l’amour. J’eus donc plusieurs amants et j’explorais ainsi toutes les nuances de peau. Chantilly, vanille, café au lait, caramel, chocolat, café...

J’arrivai à l’étape café en fin d’après-midi. La rencontre avait été agréable, lui et moi avions atteint l’âge qui permet de dire et faire les choses sans qu’elles paraissent obscènes ou déplacées. Nous étions deux étrangers, j’étais métropolitaine et lui cubain. Nous avions donc, sans trop de manières, rejoint ma chambre en fin d’après midi. Quand mon, désormais imminent, amant est sorti de la salle de bain j’étais allongée sur le lit et je le regardai nu pour la première fois, de haut en bas. Imaginez un grand noir d'un mètre quatre vingt seize au bas mot. Un corps massif, une peau ébène luisante après la douche, des poils crépus sur le torse, un torse large, une taille qui paraît fine et un sexe qui tombe pour l’instant le long de sa cuisse, je me demandai alors si je n’avais pas vu trop grand ?

Il est très à l’aise et parle de sa voix roque. Viens. Tu es belle chérie. Tu me plais. Aïe, Chica ! Il me serre contre lui et me mord à pleines dents, il me tourne et me retourne entre ses bras énormes. J’ai un peu peur face à une telle fougue. Je me dis que c’est l’amour sauvage à pleine bouche. Je m’effraie pour mon corps qui devient fragile sous ses attaques sexuelles. Nous avions communiqué en espagnol toute la journée, lui naturellement, moi rassemblant mes souvenirs scolaires et dépoussiérant ma mémoire. J’étais parvenue à un bon résultat et j’étais très contente de moi. Je comprends alors qu’il me faut parler à mon tour pour calmer ses ardeurs et lui faire découvrir l’érotisme à la française. Je prononce les mots qui me paraissent convenir : dulce, dulce… et il redouble d’ardeur.

 J’ai résisté finalement à ce corps à corps et j’y ai même pris beaucoup de plaisir. Je me suis réservé en secret la prochaine manche, car je suis persuadée, je sais, qu’il y en aura une autre. Je lui montrerai alors l’amour tout en douceur, en prenant le temps de déguster quelques préliminaires.

Le langage de l’amour n’est pas universel malgré ce que l’on croit généralement. Il m’a fallu vivre dans ma chair cette évidence pour pouvoir me ranger du côté des sceptiques.  J’ai su plus tard que dulce, dulce signifiait gâteau, sucrerie, douceur et qu’il avait pensé que je lui disais qu’il était mon gâteau, ma sucrerie, ma douceur. Cela l’avait persuadé que je trouvais ses manières très délicates, peut-être un peu mièvres ? Ce qui lui avait donné encore plus de force et d’ardeur.

Kaleïdoscope d'amitié ou la vie en cliqué accéléré

Posted: lunes, 20 de enero de 2014 by magali in Etiquetas:
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Abel Barroso, artista cubano contemporáneo
Grand zoo Clic sur connexion.

 

Ce matin photos du Mexique, voyage : Cenote, Chichen Itza, Hôtel, assiettes pleines. A l’autre bout de l’océan les deux touristes sont heureux. Casquettes yankees, tennis, chaussettes, bras et nuques rougis par le soleil du Yucatan. Ils sont heureux avec leur jus d’orange à la main.

 

Juliette clique plusieurs j’aime,

les photos défilent, voyage gratuit, 2 mn de partage.

 

Photo suivante toujours à l’autre bout de l’océan, une femme marche sur le sable, les vagues à ses pieds, photo de plage. Clic j’aime. Voyage express, 0.25 secondes de partage. Juliette se dit que Paula a l’air romantique sur cette plage des Caraïbes.

 

Dernière photo à l’autre bout du pays, la capitale, Paris, un bar, deux sourires vers l’appareil commentaire : on a écouté le serveur sympa et on lui a souri. Juliette sourit à son tour et clique j’aime au commentaire. Dents blanches, regards pétillants, deux nanas, une photo, un bar, serveur sympa, 0.25 secondes de partage.

 

Yucatan, Caraïbes, Paris. Soleil, plage, jus d’orange frais, bar, copines, deux bières, sourire.

 

Juliette en 2 mn et 50 secondes s’est payé un kaléidoscope d’amitié…

La vie en cliqué-accéléré.

 

Clic sur deconnexion.

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