Sano sabroso y cubano

Posted: miércoles, 29 de diciembre de 2010 by magali in Etiquetas:
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Samedi 8 janvier 2011 à La Laiterie

à 19h et à 22h

Yannier Ramirez Boza et Magali Junique projettent leurs vidéos

Un regard cubain sur Montpellier, l’art, la musique…






Et toute la soirée vidéos, musiques et cuisine cubaines !

La Laiterie des Beaux-Arts
restaurant - bar - lieu de rencontres artistiques
4, rue Lunaret - Montpellier
09 54 93 44 36
la laiteriebeauxarts.over-blog.com

Yannier Ramirez Boza et Magali Junique :
http://paisdeorishas.blogspot.com

La Sérithèque à La Laiterie des Beaux-Arts

Posted: martes, 28 de diciembre de 2010 by yannier RAMIREZ BOZA in Etiquetas:
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Une exposition d'affiches sérigraphiées d'art et de cinéma cubain, une nouvelle façon de découvrir le travail d'artistes contemporains français et cubains dans un endroit accueillant et chaleureux : La laiterie des Beaux-Arts. Couleurs, contrastes, inventivité : ouvrez grands les yeux !

Latin Lover

Posted: lunes, 27 de diciembre de 2010 by magali in Etiquetas:
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Réunies à la terrasse du bar les copines étaient passablement éméchées. Autour d’elles les hommes disponibles ce soir-là étaient aux aguets. Aussi les bières arrivaient à la table sans qu’elles les aient commandées ; elles les buvaient joyeusement sans se poser de questions.

Bientôt trois hommes partageaient leur table. Elena sentit le billet que l’un d’eux lui glissa dans la main et se leva pour le lire tranquillement aux toilettes. Le Rendez-vous était fixé dans une heure. Elle revint à la table et le détailla plus précisément, sans vergogne. Elle le dévisageait et il soutenait son regard d’un air coquin et prometteur. Il n’était ni grand ni petit, ni beau ni laid, ni trop jeune ni trop vieux. Elle sentit le pied sous la table qui caressait son mollet et montait doucement vers ses cuisses. Leurs regards amusés se croisèrent en silence. A leur table les conversations continuaient gaiement. Elle sortit un stylo de son sac et dessina sur la nappe en papier : une fille assise à une table dans un bar puis elle écrivit OK dans le coin du dessin. Il avait compris...
Elena s’excusa, dit qu’elle revenait dans un moment, personne ne prêta plus d’attention que cela à son départ, ses amies riaient, elles étaient saoules, comme elle. Le bruit du bar, la musique omniprésente, leur jeunesse autour de cette table.

Le Rendez-vous se déroula comme prévu. Pas de préliminaires. Elena palpa la promesse et pensa pour la première fois de la soirée à son mari. Aïe Papito ! Ils passèrent à l’acte pour lequel ils étaient tombés d’accord. Mauvaise pioche. La rencontre fut brève et précise.

Déjà Elena regagnait la table où ses amies toujours en charmante compagnie sirotaient maintenant une bouteille de rhum. Elle se servit généreusement et but son verre puis elle alluma une cigarette. A son tour l’homme petit, laid, trop vieux regagnait la table et Elena pensa à nouveau : Aïe Papito ! Puis elle sortit le stylo de son sac et dessina sur la nappe en papier un lapin sur les genoux de la fille assise à une table dans un bar.

Regard à gauche

Posted: martes, 21 de diciembre de 2010 by magali in Etiquetas:
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- Tu y retournes ?
- Oui, j’ai préparé le seau et l’aspirateur, j’en aurai pas pour longtemps… Une petite heure maxi.
- Bon, comme tu veux. Mais est-ce bien nécessaire ? Tu as déjà nettoyé la voiture dimanche dernier.
- Bien sûr. Qu’est-ce que tu crois, si j’en profite pas le dimanche, alors quand ?
- Comme tu veux. Je t’attends.

De la terrasse Fanny observe comment Luc ouvre la voiture, installe lentement l’aspirateur. Son dos et ses fesses apparaissent puis disparaissent à l’intérieur de la voiture : leur dernière acquisition un 4 X 4 Toyota, 3 portes, diesel, boîte manuelle, 6 vitesses, puissance 173 CV, Moteur : 4 cylindres en Ligne, 40000 euros.

Les bras croisés sur la rambarde, les cheveux négligemment relevés dans une pince en plastique blanc, vêtue d’un vieux tee-shirt et d’un short trop grand Fanny observe patiemment. Si Luc se dépêche peut-être pourront-ils profiter de ce dimanche matin…

- Bonjour !

Regard à gauche, de la terrasse voisine, un homme lui sourit.

- …Jour. Elle articule à peine, c’est qui celui là ?
- Belle journée ! Sur la terrasse voisine l’homme lui sourit toujours.
- Mmm, oui, belle journée. Il va pas lui faire la causette non ? Regard en bas, Fanny observe patiemment le dos et les fesses de Luc.

Torse nu, fraîchement douché, Octavo observe la nana sur sa droite. Elle a l’air pas mal. Sans doute la voisine. Dimanche dernier elle était là à la même heure vêtue d’un vieux tee-shirt et d’un short trop grand. Aujourd’hui ses cheveux sont mouillés et peignés, elle porte une nuisette claire avec de fines bretelles sur ses épaules nues et son décolleté est plutôt sympa. Encore mieux que dimanche dernier.

- Bonjour ! Lance Octavo, très motivé.

Regard à gauche. Sur la terrasse voisine il lui sourit, les mêmes dents blanches, les yeux rieurs, environ 1 m 90, le torse lisse, de beaux biceps. Plutôt sympa. Regard en bas. Fanny observe comment Luc ouvre la voiture installe lentement l’aspirateur. Son dos et ses fesses apparaissent puis disparaissent à l’intérieur. Regard à gauche.

- Encore un beau dimanche, presque aussi beau que vous ! Enfin si je puis me permettre. Reprend Octavo.
- Ah ! merci. Fanny lui sourit, son sourire préféré celui qu’elle réserve aux photos.
- Je m’appelle Octavo, je suis votre voisin alors.
- Oui, moi c’est Fanny.
- Eh bien bonjour Fanny ! Bon dimanche, un jour pareil il faut en profiter n’est ce pas ? A bientôt j’espère !
- Oui, c’est vrai. Bon dimanche.

Regard en bas Fanny observe le dos et les fesses de Luc qui frotte le capot du 4 X 4 Toyota ,3 portes, diesel, boîte manuelle, 6 vitesses, puissance 173 CV, Moteur : 4 cylindres en Ligne, 40000 euros.

Regard à gauche. Il est rentré. Elle a encore à l’esprit les quelques phrases : Encore un beau dimanche, presque aussi beau que vous ! Enfin si je puis me permettre. Je m’appelle Octavo, je suis votre voisin alors… Eh bien bonjour Fanny ! Bon dimanche, un jour pareil il faut en profiter. A bientôt j’espère ! Un bel accent, il doit être Argentin ou Chilien. Cette désinvolture, cette décontraction comme s’ils se connaissaient. Plutôt sympa.

Fanny attend que Luc descende sur le parking pour s’installer à la terrasse. Elle a relevé ses cheveux dans un chignon compliqué duquel s’échappent quelques mèches sur ses joues et sur sa nuque. Elle a enfilé sa nuisette mauve, celle qui est assortie à ses yeux, celle qui laisse voir son dos presque entièrement nu, celle qui dessine ses seins et ses hanches. Regard à gauche. Il devrait bientôt sortir.

Octavo a enfilé un short en jean et un débardeur blanc qui met en valeur sa peau mate et découvre ses épaules de boxeur, ses biceps durs. Regard à droite, elle est déjà là. C’est bon signe se dit il. Il l’observe en souriant.

- Salut ! Salut Fanny !
- Salut !
- Ça va ? Quel beau dimanche et quelle belle vue depuis ma terrasse. C’est génial d’être là. C’est bien sûr vers elle qu’il regarde sans équivoque.
- Oui ça va. Elle ne peut pas s’empêcher de rire devant autant d’aplomb. Puis elle reprend un peu plus protocolaire - Excusez-moi je suis peut-être indiscrète et on a dû vous le demander des centaines de fois, mais de quelle origine êtes-vous ?
- Ah ! Mais y’a pas de souci, je suis Cubain, ça s’entend tant que ça ?
- Non pas vraiment, un léger accent quand même et puis votre prénom, Octavo... Je pensais que vous étiez Argentin, je ne sais pas pourquoi, c’est un peu bête.
- Non, pourquoi pas ? Mais je suis Cubain, voilà. D’ailleurs je peux vous inviter à un vrai café cubain ? Enfin, si vous aimez le café bien sûr…

Regard en bas : 4 X 4 Toyota,3 portes, diesel , boîte manuelle, 6 vitesses, puissance 173 CV, Moteur : 4 cylindres en Ligne, 40000 euros.

Regard à gauche.

- Pourquoi pas ?

Le chic parisien

Posted: martes, 14 de diciembre de 2010 by magali in Etiquetas:
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Comme tous les Orishas, Ochún partage avec les femmes et les hommes ses qualités comme ses défauts. Aussi elle partage le rhum comme le tabac, le parfum comme bien d’autres choses encore…

Belkis constata qu'un attroupement s'était formé devant la porte de chez elle. Etait-ce bien devant chez elle ?
Plus elle approchait et plus il devenait évident que oui. Que s'était-il passé en son absence ? Elle avait quitté la maison vers midi pour rendre visite à une amie et déjeuner avec elle. Son séjour à Cuba était ponctué de moultes retrouvailles qu'elle s'était ingéniée à étaler tout au long du mois qu'allait durer sa présence ici. Afin de profiter au maximum du temps compté plusieurs cousines venaient également passer quelques jours chez elle, une façon d'être ensemble et de donner un coup de main de ci de là. Elle avait donc laissé sa cousine Dorita et sa mère vers midi, l'heure à laquelle elle s'était rendue chez son amie d'enfance, d'école, de collège, de lycée et d'université qui habitait à quelques rues de là.

Belkis accéléra le pas, se mit à faire de grandes enjambées pendant qu'elle se disait mon dieu pourvu qu'il ne soit rien arrivé, rien de grave, mon dieu non, c'est pas possible, mon dieu je t'en prie... Les voisines et quelques enfants étaient agglutinés devant la porte, elle dut forcer le passage, pardon, laissez-moi passer. Laissez-moi passer ! Que se passe-t-il ? Pardon...

Elle entendit vaguement c'est Dorita, la pauvre, Dorita ne se sent pas bien. Au même moment une odeur acre la saisit à la gorge et elle toussota légèrement. Pura, la voisine reprit plus proche d’elle, Ochún s’est fachée ma fille, Ochún est jalouse. Il faut lui rendre son dû. Aïe pauvre Dorita ! Quelle arrogante, il faut allumer les bougies. Vite.
La mère de Belkis était assise sur le pas de la porte, elle maintenait le visage de Dorita tout en lui appliquant un linge humide sur le visage, plus précisèment sur les yeux. De l'autre main elle tenait un mouchoir sur sa bouche, qu'elle agitait le temps de reprendre sa respiration puis elle le remettait en place.
- Maman, que se passe-t-il ?
Dorita était nue comme un ver sous la couverture du canapé. Assise sur la marche, elle tenait ses bras croisés sur ses genoux pliés, tandis qu’à ses côtés, sa tante lui maintenait la tête. Belkis commençait à sentir son nez couler et ses yeux larmoyer, elle toussait de plus en plus, sa mère toussait aussi, son visage était thuméfié.
- Maman qu'est ce qu'elle a ? c'est quoi cette odeur ?
- Ton parfum, ma fille, ton parfum.
- Quel parfum ?
- Dorita a utilisé ton parfum, tout à l'heure...
- Quel parfum ? Où ?
- Ah ma fille je ne sais pas, une allergie, elle a une allergie et moi aussi, ce parfum s’est transformé en poison ma fille.
- Mais maman je ne comprends pas, quel parfum ?
- Dans ta chambre, Dorita a pris ton parfum, puis elle est sortie de la chambre en hurlant, les yeux en feu en toussant et en crachant. Le parfum s'est répandu dans toute la maison. J'ai dû la déshabiller, ça lui brulait les yeux et ça sentait mauvais dans toute la maison. J’ai dû fermer la porte et sortir, c'est intenable là-dedans ma fille, pire qu’une fumigation.

Pura, la voisine toujours avisée revenait avec le remède et un cigare allumé à la bouche. Elle alluma plusieurs bougies et tendit un ruban jaune en travers de la porte. Elle déposa une soucoupe de rhum, ôta le cigare de ses lèvres et en mit le bout incandescent dans sa bouche puis elle commença à souffler. La fumée du tabac se répandit doucement autour d’elle... La mère releva la tête et cligna des yeux. Dorita restait prostrée et ne pouvait plus ouvrir les yeux, ses paupières fermées étaient rouges. Un médecin ? La trainer jusqu'à la consultation la plus proche ? Elle hoquetait et continuait à cracher en se raclant bruyamment la gorge. Quel dilemme. La mère n’en pouvait plus. Elle tendit le bras, attrapa la soucoupe et but une bonne gorgée de rhum, elle fit un clin d’œil à Pura, comme pour dire : Au point où nous en sommes. Ochún mérite surement aussi une punition...

Belkis était perplexe car elle ne se souvenait pas d'avoir laissé un parfum dans ses affaires. Depuis son arrivée elle avait eu le temps de tout mettre en place dans la salle de bain, un parfum ? Mais quel parfum ?
Puis elle éclata de rire, un rire sonore et joyeux qui lui racla la gorge.
- Comment Dorita tu as osé ? tu as fouillé dans ma valise ?
Au petit matin lorsqu’elle avait quitté son appartement parisien pour traverser la ville, chargée de ses lourds bagages afin de prendre son avion à l'aéroport, elle avait glissé une petite bombe lacrymogène dont elle ne s'était jamais servie dans son sac à main. Avant l’enregistrement elle avait glissé la bombe dans le filet intérieur de sa valise et n'y avait plus pensé.

CoCo RiCo

Posted: domingo, 5 de diciembre de 2010 by magali in Etiquetas:
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On reconnaît chaque époque aux prénoms que portent les gens. Logiquement Colette était née en 1942. Sa famille était du sud de la France marquée par la Résistance. Puis il y avait eu la victoire, la faim bien sûr, mais la victoire après une lutte qui avait laissée ses traces sur l'ensemble de la famille. On l'appelait Coco.
A 14 ans elle avait obtenu de justesse son certificat d'études. A 18, elle s'était mariée comme la plupart de ses copines avec un jeune homme de son village qui lui n'avait même pas obtenu son certificat d'études. Mais les temps étaient porteurs d'espoir, rapidement Coco était devenue secrétaire d'une entreprise de transports de la région. On l'appelait toujours Coco. Au travail certains utilisaient ce diminutif avec un léger sourire en coin. En effet, elle et son époux installés à la capitale de région étaient syndiqués et défendaient avec conviction les droits et libertés des travailleurs. Il était responsable de l'entretien dans la même entreprise qu'elle. Un premier enfant était né en 1964, Colette était très fière de ne s'être pas mariée enceinte comme la plupart de ses copines du village. Puis les enfants, déjà grands, étaient partis de la maison, avaient fait leur vie, comme elle disait. L'année de la retraite était arrivée.
Alors elle avait voyagé à Cuba bien sûr, une destination tellement particulière. Une destination à la mode aussi, un pays où les gens sont tellement sympatiques, généreux alors qu'ils n'ont rien, et puis merveilleusement photogéniques. Au retour l’Association de Solidarité avec le Peuple Cubain lui avait parue défendre ses idéaux, enthousiaste et forte de son expérience de 15 jours au pays du Che elle avait adhéré et elle occupait le poste qui était le sien : secrétaire. Sur la porte du local tronait un magnifique drapeau cubain.

Plutôt sûr de lui et optimiste, Felipe était entré dans le bureau de l'Association de Solidarité avec le Peuple Cubain. Il était convaincu de la valeur de son travail, ses oeuvres étaient parlantes, on ne peut plus cubaines. La secrétaire avait oté ses lunettes et levé vers lui un regard entre interrogatif et méfiant. Il ressentait toujours ces choses là. Pourtant il avait refusé de se raser moustache et favoris qu'il disciplinait finement en une petite tresse africaine sur chaque joue, son crane était rasé, plus facile à coiffer quand on est noir. A ses poignets plusieurs bracelets d'argent teintaient à chacun de ses mouvements, il portait une chemise cubaine traditionnelle sur un jean et des espadrilles de corde aux pieds, hiver comme été.
« Ici c'est pas comme ça que ça marche ! Non, non, non c'est pas comme ça ici. Il faut déposer un dossier auprès du bureau, on l'examine et ensuite on vous donne une réponse. Laissez-nous vos coordonnées, votre site internet ou un dossier... ».
Il sentit le regard de la secrétaire dans son dos une fois qu'il eut tourné les talons. L'acceuil avait été froid, glacial en fait. Et ce mot répété plusieurs fois lors du court entretien : « ici ». La secrétaire l'avait utilisé comme on brandit un drapeau, celui du néo-colonialisme par exemple et il était tombé comme une frontière entre deux mondes, l'un civilisé et organisé et puis l'autre. Il avait naïvement pensé lui expliquer : « En France depuis peu je n'ai pas encore de cartes de visite, ni de site internet (il n'avait même pas d'ordinateur et encore moins un dossier de photos à laisser). Une partie de mes oeuvres sont là, rangées sur mon chariot, laissez-moi vous montrer ! Ou dites-moi quel jour je peux passer pour parler avec les membres du Bureau ? »

Rien n'y fit. Il ne put user de son charme habituel avec cette dame que chaque tentative de convaincre semblait effrayer davantage : « Ici on ne traite qu'avec des Professionnels ».
A Cuba il était bien diplômé de son école d'Arts Plastiques, il avait même participé à plusieurs expositions collectives dans les galeries que l’état tenait à la disposition des artistes. Il avait même eu le privilège qu'on lui organise une exposition individuelle, l'année avant son départ. Il était donc reconnu comme jeune artiste plutôt prometteur… C'est ce qu'il avait naïvement tenté d'expliquer dans son français récent. Rien n'y fit : « Ici on ne traite qu'avec des Professionnels ».

Felipe venait tout juste de comprendre le courrier dans lequel on lui signifiait que « Il ne pourrait pas exposer ses oeuvres car l'Association ne traitait qu'avec des Professionnels et sur des échanges établis à l'avance selon un calendrier fixe et surtout chaque projet devait recevoir l'aval du Bureau ». Felipe maintenant s'en voulait de ne pas avoir demandé à la secrétaire « Et vous Madame, quel diplôme avez-vous pour me juger ici ? »

Recyclage d'une publicité

Posted: domingo, 28 de noviembre de 2010 by yannier RAMIREZ BOZA in Etiquetas:
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Save Our Souls

Posted: jueves, 25 de noviembre de 2010 by magali in Etiquetas:
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Le Rendez-vous fut pris par téléphone dans la matinée. Ils envoyaient quelqu’un avant midi. L’attente commença, longue et douloureuse. Son dos paraissait meurtri, comme si on l’avait bourré de coups de poing, il ne tenait pas sur ses jambes ou pas longtemps, ensuite l’impression d’être dans un bateau qui tangue l’emportait et l’obligeait à s’allonger les yeux fermés. Les heures passaient entre demi-veille et quart d’heure de lucidité pendant lesquels Frank constatait son état lamentable.

Vers 14 h 30 on sonna à la porte, la personne envoyée entra d’un pas décidé. Frank attendait debout dans le salon. Leurs regards se croisèrent à peine celui du visiteur était fuyant, occupé à extraire un objet de sa sacoche. Il brandit alors une espèce de gros pistolet en plastique et le dirigea d’abord vers son œil gauche, il appuya sur la gâchette et un faisceau verdâtre le frappa en plein front puis il fit de même en pointant l’arme maintenant sur son œil droit. Pas un mot, il remit l’objet à sa place. Tout avait l’air normal mais Frank surpris fit un pas en arrière sans le vouloir, il butta contre le coussin du canapé et s’assit comme si le faisceau verdâtre l’avait poussé là. Bouche bée.

L’autre s’avança vers lui et lui demanda de se lever, rapidement il posa ses doigts sur les parties douloureuses et tapota légèrement, Frank souffrait énormément, c’était une évidence. Ensuite il ordonna à Frank qui expliquait en bredouillant comment il s’était éveillé à 4 heures du matin sans pouvoir bouger, cloué au lit, comme si son squelette était entré dans le matelas, s’était incrusté dans la mousse et avait pesé une tonne, de s’allonger puis de lever la jambe gauche, puis la droite. Frank s’exécuta difficilement, légèrement penaud à l’idée de l’image qu’il donnait de lui en cet instant. L’autre ne parlait pas et ébaucha seulement un vague signe affirmatif de la tête, déjà il se dirigeait vers la table, il s’assit et tira un autre objet de la sacoche, un carnet à souche.

Il écrivit d’une écriture de chat, oubliant plusieurs syllabes à chaque mot, fidèle au code secret de sa profession. Ensuite il se leva, Frank était venu le rejoindre à la table, silencieux, il observait. L’autre lui tendit l’ordonnance et parla enfin : « 53 euros ». Puis il ajouta car Frank était muet « je suis pressé car je suis mal garé ». Frank commença à essayer de déchiffrer à toute vitesse les hiéroglyphes pendant que l’autre rangeait son carnet dans la sacoche et son stylo dans la poche de sa veste. Puis il regarda Frank toujours muet et lui tendit la main avec un grand sourire, il dit « au revoir » Le Rendez-vous avait duré environ 6 minutes, Frank répéta machinalement «au revoir », l’autre s’éloignait déjà vers la porte d’entrée qu’il franchit sans se retourner.

Un immense fou rire secoua Frank et réveilla intensément la douleur. Il sentit à ce moment-là que son esprit regagnait son corps et ce fut un soulagement. Ce rendez-vous n’avait été qu’une intrusion pendant laquelle Frank n’existait pas. Seul son corps était là, son esprit était parti loin dans une autre histoire.

Somme de ma mère

Posted: viernes, 19 de noviembre de 2010 by magali in Etiquetas:
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Un jour ma mère m’a dit que cette année elle avait le double de mon age et que cela ne se produirait qu’une fois dans notre vie

Ma mère avait 24 ans en mai 68
Ma mère parle une langue et en comprend deux
Ma mère est allée 0 fois à Paris
Ma mère a six frères et cinq sœurs
Ma mère s’est mariée pour la vie 1 fois en robe blanche de mariée
Ma mère a été grand mère à 52 ans puis à 59 ans
Ma mère est mère 3 fois, elle a 3 filles
Ma mère a perdu sa fille quand elle avait le même age que moi cette année : 45 ans
Ma mère a eu 0,5 amant
Ma mère a des cheveux de 1 mètre 10 de long
Ma mère conduit à 90 km/heure
Ma mère a quitté l’école à 14 ans
Ma mère a pris l’avion 1 fois pour me rendre visite, le vol a duré 10 heures
Ma mère cuisine tous les jours
Ma mère fume 5 cigarettes par jour et boit 1 litre de café
Ma mère a commencé à travailler à 14 ans et a terminé à 57 ans
Ma mère gagne 750 euros par mois
Ma mère a 0 dent à elle
Ma mère mesure 1 m 73
Ma mère habite dans le 07
Ma mère a été 3 ans au chômage
Ma mère a donné le sein 15 jours puis 0 fois
Ma mère chausse du 41
Le prénom de ma mère a 10 lettres
J'ignore combien de fois ma mère a fait l'amour
J'ignore combien de mensonges a dit ma mère
128135 : C’est la somme de ma mère ?

Bilbao

Posted: miércoles, 17 de noviembre de 2010 by yannier RAMIREZ BOZA in Etiquetas:
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Singe quoique vêtu de soie (ou l'héritage espagnol)

Posted: domingo, 14 de noviembre de 2010 by magali in Etiquetas:
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Carlos Acosta, danseur cubain
A 14 ans, Esteban aimait toujours la danse classique, il ne ratait aucun cours et ne vivait que pour sa passion. Son père l'observait sans vergogne depuis ses 11 ans afin de déceler en lui toute présence de caractéristiques « féminines ». Comment un garçon « normal » aurait-il pu s'y entendre en ballet ? Malgré une surveillance sans égard pour la vie d'Esteban, son père, pas plus qu'aucun autre membre de la famille complice ou soumis aux dictats paternels, ne put jamais rien déceler de « louche » chez le garçon. Esteban était bel et bien un mâle. D'ailleurs il avait une copine danseuse et vraiment très jolie, une voix virile, une démarche masculine quoique souple, un grand corps musclé quoique svelte. Enfin il s'habillait comme un vrai garçon et ne passait dans la salle de bain que le temps nécessaire. Son père avait alors insisté dès lors qu'une représentation de danse traditionnelle afro-cubaine était donnée pour qu'ils y assistent ensemble. "Mon garçon, viens avec moi, accompagne-moi mon garçon, ce sont les nôtres, tu vois ? Nos racines sont là".

Il jouait sa dernière carte. Depuis que son fils était adolescent il avait refusé de le voir danser. Toute la famille y allait mais pas le père car il jugeait cela indigne d'un homme. Un « vrai » homme peut-il passer son temps à reluquer des danseurs en justaucorps ? C'est pourquoi il vantait les mérites et les capacités de tous ces garçons virils aux torses dénudés qui exécutaient sans équivoques les gestes traditionnels des leurs, de ceux de leur couleur : semences, coupe de la canne, récoltes, pêche, chasse, combats guerriers, séduction et hommages aux Orishas. Esteban approuvait l'engouement de son père mais rien ne le décidait à changer de section. Même ses professeurs n'y étaient pas parvenu lorsque plus petit, ils lui avaient parfois demandé de remplacer un camarade dans la section folklorique pour le bien de l'école... Esteban l'avait toujours fait de bonne grâce mais était revenu aussitôt à sa place dans le ballet.

Les années avaient passé, les copines s'étaient succédées, seul le ballet était resté. Puis Esteban avait intégré l'école de danse la plus prestigieuse de la capitale. Au prix d'heures de travail, de bien des sacrifices et d'entraînements incessants il avait réussi tous les examens. Il côtoyait désormais les meilleurs professeurs, danseurs et chorégraphes du pays. Il sortait peu, ne buvait ni ne fumait. Cela chagrinait encore un peu son père qui lui proposait souvent une gorgée de rhum ou une cigarette sous prétexte de complicité avec son fils. "Mon garçon, tiens, bois avec moi, accompagne-moi mon garçon." Esteban l'avait rassuré de nombreuses fois, il lui avait parlé de sa « vocation ». Le père d'abord sceptique l'avait pourtant laissé faire et un jour il décida de le voir danser, sans doute lui serait-il plus facile ensuite de le convaincre que non, "mon garçon c'est pas pour toi, c'est pas nous, ces froufrous, ces soies moirées, ces chaussons ridicules. Non, mon garçon." Il imaginait qu'il aurait beaucoup d'arguments et s'installa au fond de la salle de spectacle. Ce qu'il vit le laissa pantois, ébloui. Il se pencha plusieurs fois vers son voisin pour lui dire "C'est mon garçon, oui, c'est mon garçon !" Dès lors il assistait de plus en plus souvent aux répétitions et ne craignait plus qu'on le voit au théâtre ni que cela remette en question sa propre virilité. Sur scène Esteban n'avait jamais l'air d'un garçon féminin ou efféminé mais plutôt d'une espèce de félin puissant, agile, souple et viril, et même, au grand étonnement de son père, très viril. Un vrai guerrier, un vrai mâle porteur de toute la testostérone de sa lignée, un vrai danseur.

Pourtant aujourd'hui le père était chagriné, quelque chose qu'il feignait d'ignorer et que son fils lui avait fait redécouvrir, un peu comme si une cicatrice très vieille, une blessure familiale portée de génération en génération s'était ouverte une fois encore. Cela avait commencé lorsque Esteban s'était plaint des rôles qu'on lui faisait danser. Il n'avait aucun rôle de soliste, mais mettait en valeur celui-ci par sa force physique et ses performances en matière de jetés, de pirouettes et de portés. Esteban excellait pourtant dans tous les morceaux de bravoure mais aucun maître de ballet n'acceptait de lui confier le rôle de premier danseur, encore moins celui de danseur étoile. Esteban savait qu'il en avait les capacités. Il avait eu de petites altercations avec Rey son maître de ballet, puis les altercations s'étaient transformées en disputes. Il s'était rendu à l'évidence : il ne décrocherait jamais le rôle convoité, sa carrière, certes brillante et honorable, n'évoluerait sans doute plus guère. Il avait alors cessé de s'opposer à Rey et comme s'il avait reçu un coup de fouet, une cicatrice s'était ouverte en lui. Il redoublait d'efforts à chaque entraînement et ses prestations étaient toujours très applaudies. La presse lui avait consacré quelques articles. On pouvait y lire l'étonnement que sa personne soulevait chez les journalistes : pourquoi n'avait-il pas choisi la danse folklorique ? Il était atypique, un noir en danse classique... Rien sur son style, rien sur son travail, rien que des cancans...

En 1995 le ballet national d'Angleterre fit appel à lui, le contrat était juteux, l'école s'en pourlécha les doigts d'avance. Il fallait sans cesse rénover les bâtiments, les parquets, acheter de nouveaux costumes, bref, il aiderait ainsi le pays, l'école, les camarades. La période spéciale imposait ses lois.

"Mon garçon, c'est ta chance et tu dois la saisir, le jour est venu, aujourd'hui c'est à mon tour de t'accompagner, alors je te dis : vas-y, fonce ! Montre au monde entier ce dont nous sommes capables. Porte notre couleur sur la scène des plus grands théâtres et opéras du monde mon garçon."

Esteban est parti et à l'aéroport son bagage est tout petit mais il pèse très très lourd.




Mono aunque lo vistan de seda (Singe quoique vêtu de soie) , Reynaldo Pagán, peintre cubain
 


Aux environs de 18h00

Posted: martes, 9 de noviembre de 2010 by magali in Etiquetas:
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Aux environs de 18h00, chaque jour n’importe où à Cuba.

Sa main le retenait fermement par le bras. Il lui était impossible d’y échapper. Il sentait la pression des doigts autour de son jeune biceps en pleine croissance. Tous ses muscles se tendaient de la pointe des orteils en passant par les mollets puis les fesses, contractées elles aussi. Plus haut les omoplates étaient serrées. Le cou n’était que douleur, tendons, tension.

Il était nu, entièrement offert à la force adverse. Ses pieds avaient perdu toute emprise sur le carrelage mouillé aux arrêtes vives, il sentait l’insécurité, le poids de son corps comme posé sur deux savonnettes. Son esprit passait rapidement de la sensation de déséquilibre, à la douleur de la nuque et du biceps.

Depuis quelques fractions de seconde il avait fermé les yeux, le liquide trop chaud, brûlant, ou trop froid, gelé, sur sa tête lui coupait la respiration. Un instant il dut se concentrer sur cet exercice si banal en d’autres moments : inhaler-exhaler l’air. Remplir ses poumons. Les orifices de son nez à vif, il sentait une tige de métal qui lui remontait vers les sinus. Il se demanda si la tige pourrait ressortir par les yeux, par l’endroit d’où s’échappent les larmes.

Ensuite il se demanda si les larmes se verraient sous ce déluge d’eau qui ne cessait pas. Combien de temps ? Combien de temps s’était-il écoulé ? Et surtout combien de temps lui restait-il à supporter cela ?

Il essaya de réciter sa table de multiplication, celle de cinq était la plus facile. Cinq fois un, cinq. Cinq fois deux, dix. Cinq fois trois, quinze. Cinq fois quatre, vingt. Cinq fois cinq, vingt cinq. Il imagina et visualisa alors les barrettes de cinq, puis le cube parfait de cinq sur cinq. Comme on lui avait appris.

C’est à ce moment là que son nez se mit à couler, il sentit le liquide salé lui envahir la lèvre, et la pointe de la langue. En un soubresaut il voulut se dégager pour ôter ce liquide répugnant. D’un geste maladroit il bougea les pieds, tandis que par les paupières entrouvertes il discernait à peine un rideau d’eau, un bandeau de pluie cuisant. Les deux savonnettes commencèrent à patiner tandis que la pression sur le biceps montait d’un cran.

« …………………….ste……………ille ». Il crut distinguer deux sons, lointains. Ses oreilles pleines d’eau bourdonnaient et il sentait au fond de son nez (ou était-ce au fond de sa gorge ?) un chatouillis insupportable, il se racla la gorge plusieurs fois et cracha. Puis secoua la tête, comme font les poulains quand ils vous regardent et qu’ils n’ont pas encore choisi dans quelle direction orienter leur course maladroite. « Reste tranquille » entendit-il distinctement cette fois.

Il sentit une main s’accrocher dans ses cheveux, ils étaient épais, d’une plantation resserrée et abondante. Il avait ce qu’on appelle de belles boucles. La main lui labourait le cuir chevelu, les ongles traçaient des sillons cuisants, lui tiraient la peau délicate à la base de la nuque et sur le pourtour des oreilles. Comme des milliers d’aiguilles qui soulevaient la peau délicate, lui arrachant des gémissements de plus en plus forts.

Sa respiration s’accéléra et il essayait de respirer par les lèvres entrouvertes comme il avait remarqué lors des séances précédentes que cela était plus confortable. Il eut envie d’uriner. Trop d’eau, trop de clapotis, à chaque fois c’était pareil se dit-il. Il lui suffisait d’arriver à la plage ou sur le bord d’une piscine pour sentir un chatouillis reconnaissable entre tous. Tant pis. Je le fais. Il laissa s’échapper l’urine avec un certain soulagement et reçut pour cela une claque sur les fesses. Rapide et cinglante. Il perdit l’équilibre mais à peine car son corps s’était relâché pendant la mixtion. Il n’était pas aussi tendu, et c’est comme si ses pieds s’étaient élargis, prenant plus d’assise au sol. Il sentit l’eau tiède circuler le long de ses cuisses puis entre ses doigts de pied. « ...o…on » distingua-t-il à nouveau tandis que la pression cessait sur son bras. Les doigts lui empoignèrent alors le menton et le relevèrent. « …o …on ».

- J’entends rien
- J’ai dit : Cochon, lève le menton.

Une odeur fruitée envahit ses narines, depuis combien de temps ? Il n’y avait pas prêté attention avant. On aurait dit qu’il avait le nez dans un pot de confiture, il pensa aux bonnes tartines du déjeuner, puis à un chewing-gum. Ses oreilles semblaient se vider. Il put ouvrir les yeux et observa le plafond blanc, la lueur de l’ampoule. Son nez paraissait sécher petit à petit, il essaya d’ouvrir la bouche et de bailler pour retrouver toutes les sensations habituelles, si c’était possible. Oui, il pouvait.

Le jet d’eau faiblissait. Il se retrouva la tête enfermée et enserrée dans un tissu jaunâtre, secouée dans tous les sens, tandis qu’il sentait à nouveau la pression des doigts, des ongles, légèrement atténuée à travers le tissu. Ce n’était plus une tête mais un panier à salade, il fléchit les genoux et écarta les bras, mains tendues, paumes ouvertes. Il ouvrit grand la bouche et inspira l’air aussi fort que ses forces le lui permettaient. La lumière revint, violente, entière.

REACTIONS
– Elle :
« La prochaine fois j’envisage de recommencer et de rajouter quelques étapes supplémentaires comme l’introduction de bâtonnets dans les oreilles et la friction derrière les oreilles (en les repliant complètement vers l’avant) à l’aide de la pointe dure d’un gant. J’ai prévu aussi l’exploration du nombril avec le petit doigt, c’est plus facile, en tournant et en appuyant jusqu’ à ce qu’il ressente la propreté, là, à l’intérieur, comme s’il avait un cordon ombilical. J’insisterai sur les parties génitales, mais je ne compte pas vous en parler en détail ici. Je terminerai sans doute par l’écartement des orteils, les uns après les autres, jusqu’au plus petit de chaque pied et je passerai un doigt gainé entre chacun d’un, en insistant bien, en appuyant sur l’endroit où la peau est fine, repliée, comme au fond d’un nid fourré de coton tendre, de fibres de chaussettes accrochées. Tout cela à l’eau bien chaude afin d’ouvrir les pores, d’attendrir l’épiderme et de pouvoir procéder au décapage du dos et des épaules. Je crois que je n’ai rien à rajouter. Ah, si ! Ce sera parfait, bien sûr, le jour de l’étape ultime, qu’il finisse par faire lui-même tout cela tout seul. Dans quelques mois je compte bien y parvenir. »

 – Lui :
- Maman, demanda-t-il, combien de temps peut-on rester sans respirer ?
- Pourquoi tu me demandes ça ? J’ai terminé, bon, tiens la serviette et continue à te sécher les cheveux. Tu vois que c’était rien ? Maintenant on va pouvoir passer à table.

Motel Habana

Posted: jueves, 4 de noviembre de 2010 by magali in Etiquetas:
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Le cortège accompagne les amoureux vers la chambre que Damayi leur a dégottée. Ils vont s'y héberger pour une nuit entière d'amour. L'endroit est secret, une chambre, dans une maison, dans une rue, dans La Havane. Une chambre louée où l'on peut s'aimer, un espace à soi où l'on peut se déshabiller entièrement pour faire l'amour, sans hâte, sans peur de la surprise d'être découverts. Une chambre à soi pour toute une nuit, un luxe rare, quelques billets.

D'abord ce couple qui va s'aimer à la tête du cortège, puis Damayi qui connaît l'adresse pour l'avoir déjà essayée, puis son fils qui l'a suivie sans bien savoir où elle allait, puis nous qui fermons le cortège.

Les questions de l'enfant fusent. Où vont-ils ? Que vont-ils faire ?

Les ondes de l'amour débordent et nous contaminent tous. Alors nous en parlons. Damayi, la mère, explique à son enfant que les amoureux vont s'aimer, qu'ils vont pratiquer le sexe, qu'ils vont avoir un moment d'intimité, pour eux, qu'ils vont pouvoir faire du bruit, qu'ils vont inventer des jeux, qu'ils ne vont pas déranger. Elle rit alors bruyamment comme pour donner le niveau des décibels autorisés. Ceux qui pourront jaillir sans pudeur, sans que la mère entende, sans que la soeur entende, sans que les voisins entendent.
A son ton je sens qu'elle aussi est un peu excitée, joyeuse à l'idée de ce qui va arriver. L'amour c'est gai. L'enfant se tourne vers moi.

Toi aussi tu as une chambre réservée ?

Non, pas ce soir, mais on ne sait jamais...

Récré.1

Posted: lunes, 1 de noviembre de 2010 by yannier RAMIREZ BOZA in Etiquetas:
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La récré sonne, la maîtresse s'éloigne.

La récré commence, les enfants jouent aux grands,
moi je serai musicien, moi je serai connu, j'aurai une guitare, et moi je serai célèbre, et moi je jouerai à être la marchande, moi je ferai les comptes...
Oui, mais et quand ce sont les grands qui jouent aux enfants ?
Récré.1 commence...

Jennifer Martinez

Posted: domingo, 31 de octubre de 2010 by magali in Etiquetas:
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Jennifer Martinez adore son lycée. C'est cool ! D'abord elle y a de super copines et puis l'ambiance est géniale. Du haut de ses 16 ans elle se sent vraiment bien. Les mecs sont à ses pieds, depuis qu'elle a fait son premier percing l'an dernier, ça n'arrête pas. A croire que chaque trou laisse échapper une dose de sex appeal supplémentaire. C'est simple, elle a commencé par l'oreille et vlan ! Elle s'est fait Lucas le week-end même. Elle en rêvait depuis septembre. A Noël ses parents lui ont offert son deuxième percing, au dessus de la lèvre, comme un grain de beauté de pin-up américaine. Premièrement ses parents avaient intérêt à accepter sinon ils allaient voir... Toutes leurs engueulades depuis des années, RAS-LE-BOL, elle se demande ce qu'ils foutent ensemble ces deux là ? Deuxièmement comme sa mère voulait se faire percer ou percinguer, elle sait pas trop comment on dit, eh bien elle était mal placée pour refuser. Troisièmement c'était son cadeau de Noël. Quatrièmement et dernièrement elle est fan de J.Lo (comprenez Jennifer Lopez) ça ne s'invente pas quand même. Elle s'est vite rendue compte qu'entre elle et J.Lo y'avait un truc fort, trop fort. D'abord c'est pour ça qu'elle s'appelle Jennifer, sa mère adoooore aussi J.Lo, donc elle c'est J.M et puis J'em et puis J'M (J'aime). Un vrai nom pour une vraie sex symbol, une pin-up comme lui dit sa mère. Donc avec toutes ses bonnes raisons, elle a eu son nouveau percing et vlan ! En pleines vacances elle est sorti avec Mickaël. Le super mec de la classe, celui qui a toutes les filles à ses pieds, eh bien voilà, emballé pour Noël. Deux cadeaux pour le prix d'un.

Ensuite Jennifer a hésité sur l'endroit du troisième percing, le sein ? Droit ? Gauche ? Plutôt gauche, le côté du coeur, enfin elle demandera à nouveau à Mélanie. Elle ne se souvient pas à 100% de quel côté est le coeur. Oui mais le problème comme le lui a expliqué Mélanie c'est que :

- le sein tu vois ça se voit pas, tu vois ?
- Ah ouè c'est vrai, juste l'été, vite fait, sur la plage. Merde.
- La langue alors ? Super sexy la langue.
- Ok c'est parti pour la langue.

Non incroyable. Vlan ! Vlan ! Vlan ! Elle a collectionné les supers pointures ce trimestre : Re-Lucas (et oui !), Dorian le mec de la Terminale STG le plus musclé du bahut et aussi son pote Jonathan Gutierrez. Jennifer Martinez et Jonathan Gutierrez elle est pas belle la vie ?

Un super couple, toutes ses copines en bavent, surtout Mélanie qui rêvait de se faire Jonathan depuis l'an dernier. Maintenant elle hésite à se faire un quatrième percing, d'abord où ? (Peut-être dans le décolleté, au creu des seins quoi) mais ses parents s'engueulent de plus en plus grave, sa mère qui pleure tous les jours au téléphone. Ambiance zéro à la maison, et puis deuxièmement elle hésite quoi... Quatre percings se serait vraiment BEAUCOUP BEAUCOUP de sex appeal. Elle ne sait pas si elle pourra gérer... En fait c'est à cause des vacances de Toussaint, du programme « Ecole ouverte » de cette année. Un programme d'enfer, tout gratuit, c'est l'école qui paie.


Programme Ecole ouverte :

Samedi 23 octobre : Paint-ball + Paella
Lundi 25 octobre : Lasergame + Repas au Subway
Mercredi 26 octobre : Re Lasergame + Repas au Subway
Mercredi 27 octobre : Kart/bowling + Pizza Pino
Jeudi 28 octobre : TEMPLE DU FOOT (c'est écrit comme ça sur le programme)
Vendredi 29 octobre : Ateliers de danse Hip Hop + repas au palais des sports


Elle avait peur qu'ils proposent le festival du cinéma méditerranéen, un truc super chiant où vont les vieux pour voir des films qui sortiront jamais au cinéma ou alors pendant une semaine et vite fait à la séance de 22h. La plupart de ces films sont bien sûr en Version Originale. Tu vois la séance ? Un film lent et mou, des acteurs inconnus et moches (on verra jamais J-LO dans ces trucs pourris) qui parlent ou plutôt qui baragouinent une langue méditéranéenne, mettons l'Espagnol dans le meilleur des cas. Toujours très branché à Montpellier l'Espagnol, ou dans le pire des cas le Roumain, le Serbe et pourquoi pas le Serbocroate ?

L'an dernier, la prof d'espagnol du lycée a organisé une sortie au Ciné Méditerranéen, putain la prof ! Elle s'est retrouvée seule à la fin du film avec le « Péso ». Le « Péso » c'est un gars de la classe depuis l'an dernier on se le coltine (comme la prof d'espagnol d'ailleurs). Mélanie et moi on lui a donné ce surnom. C'est un abrégé de Pédé et Puceau ! Tu vois le mec ? Quand il a compris qu'on l'appelait comme ça il a ri, il n'a même pas demandé pourquoi, il a juste dit : « Ça me plait bien ce surnom, je viens de Cuba les filles, et là-bas l'argent c'est le « peso», c'est plutôt marrant comme idée, ça change de Pablo, merci les filles! » Et nous on était pliées de rire. En plein cours. Comme si on savait quelle monnaie ils ont à Cuba, en plus franchement c'est pas connu du tout. La gueule du mec, du Peso ! Donc lui il est resté tout seul avec la prof. Moi à chaque fois que je suis en cours d'espagnol au début de l'année j'ai droit à la question : « Tu es d'origine espagnole ? » Je sais pas pourquoi les profs d'espagnol ils ont toujours envie que je sois d'origine espagnole. Moi j'en ai rien à foutre que mon arrière grand-père ou je ne sais plus qui soit venu soit disant d'Espagne à un moment donné, pauvre et misérable, c'est bon, il faut changer d'époque, ok ? Moi je suis presque née au 21°siècle, tu vois ? Je suis née à Montpellier, je suis Française. Encore que cette prof elle a eu une seconde d'hésitation lors du premier appel au début de l'année, elle a levé la tête et nos regards se sont croisés, elle a rien dit, elle a baissé les yeux et a continué à faire l'appel sans me poser la question débile. Moi, l'espagnol j'y comprends rien et ça ne m'intéresse pas du tout. Sauf Ibiza bien sûr, j'en rêve, mais les profs on voit bien qu'ils n'y sont jamais allés.Tu parles. Alors au ciné méditerranéen nous, on s'est donné le mot avec nos portables et à 16h44 pile (je me rappelle encore l'heure exacte, c'était trop drôle...) on s'est tous levés et on s'est barrés. Le bordel dans la salle. Morts de rire.
Enfin tu vois je raconte ça vite fait. Pour dire que ce lycée c'est génial, le programme des vacances de Toussaint : J'ADOOOORE ! J'ai envoyé un texto à Mélanie pour qu'elle se connecte sur m.s.n pour en parler :

J'M :
Voilà, j'hésite à me faire le nouveau percing car devine c'est qui qui nous accompagne au Pint-ball, Lasergame, Subway, Pizza Pino, enfin à tout quoi ?
Mélo :
Jonathan ?
J'M :
Nn, devine ?
Mélo :
Lucas ?
J'M :
Nn ? Tu vois pas c'est qui ? C'est CLEMENT ! Le pion qui a au moins 24 ans et que j kiff à fond. J'ose même pas le regarder tellement il est beau. J'arrête pas d'aller à la Vie Sco pour le voir et pour lui parler, maintenant i me connaît.
Mélo :
Comment ça i te connait ?
J'M :
I dit : Jennifer Martinez c'est ça ? Première STG 1 ? Et moi je suis toute contente, je dis oui, oui, tu me connais maintenant ?
Mélo :
Tu le tutoies ? Il a rien dit ?
J'M :
Non, il a pas relevé quand je l'ai tutoyé. Je crois que j'ai la cote avec lui. Putain, j'l kiff trop ce mec. En tout cas il est super sympa, il plaisante, il stresse jamais. Il est trop chou, trop enfin je sais pas, il est trop tout.
Mélo :
lol ^^
J'M :
T'as compris c'est lui qui nous accompagne, je suis sûre que le programme des vacances c'est lui, c'est bien son genre : Paint-ball, Lasergame. J l'imagine déjà moulé dans son gilet, un super pistolet à la main, c'est dommage le casque...
Mélo :
Pourquoi dommage ?
J'M :
Ah ! Pourquoi ? Ben, je pourrai pas voir sa super super frimousse. Mais bon... J'flippe un peu quand même... ok j'suis un sex symbol, une pin-up (ma mère), j'suis super percinguée, les mecs du lycée me kiff, mais là c'est un HOMME. Il a 24 ans.CLEMENT. Alors STP dis-moi est-ce que je me le fais ce putain de quatrième percing ?







Alors voilà, Nel a une petite amie, elle est belle, son prénom c'est...

Posted: miércoles, 27 de octubre de 2010 by magali in Etiquetas:
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- Aide-moi à tirer la valise de sous le lit.
- T'as vu l'heure ? Hein, tu as vu ?
- Arrête un peu, je te dis qu'il y avait des bouchons autour de l'aéroport et puis les taxis n'ont pas voulu me prendre seule pour le retour. J'ai du attendre.
- Ferme-là, toujours avec tes histoires. Maintenant dépèche-toi. Ma parole, on dirait une ministre ou un agent secret à t'entendre. Avec tes histoires. Dis plutôt que tu lui as joué tes plus beaux au-revoir à ton Yuma. Ah ! Ah ! Ah ! J'imagine ça d'ici.
- C'est ça, mais mes histoires te font bouffer non ? C'est pas facile, et si en plus tu t'y mets. Ouvre la valise au lieu de raler pour rien.
- Pousse-toi un peu. Putain elle est pleine à craquer. Oh là là ! Regarde mon amour, toutes ces belles choses, allez vas-y sors-les. Ouah le jean ! Regarde il est fait pour moi et ces pompes ! Du cuir ma chérie, du cuir. Qui c'est qui va ressembler à un vrai Papi ? Ton Papi Mamour...
- Oui Mamour ! Et regarde ce qu'il m'a amené, non mais avise un peu ! Des dessous de toutes les couleurs, quel cochon ce mec. Avec son air de fils à papa coincé, quel porc, ah ouè ! Bien fait. Il me verra pas avec ses petites culottes le con. Arrête de rire, c'est pas facile crois-moi.
- Allez mon chou détends-toi un peu, c'est fini, là. Pense que c'est ton Papito qui va te les enlever tes petites culottes, tu vas bien en garder deux ou trois quand même !
- Nel, va chercher un autre sac au lieu de dire des conneries. Tu sais j'ai une idée. Je vais faire plusieurs petits sacs, ni vue ni connue, facile à transporter. Même les voisins y verront que du feu. Si on m'arrête je dirai que je vais laver mes fringues chez une amie car y a pas d'eau à la maison. Pas de souci. Ouvre le sac, ici ses chemises, les chemises d'homme c'est plus facile à vendre. Non pas ça, enlève tes mains, tiens le sac ouvert, c'est pas compliqué ?
- Grouille-toi si tu veux aller vendre à Miramar aujourd'hui.
- Ouè, j'ai presque fini, je verrai après pour les parfums et les affaires de toilette. Je vais tester un peu les clientes aujourd'hui. Putain le mec, sens-moi ce parfum, Kenzo, du vrai de vrai. Nel, essaye-le pour voir... Hmmm génial... Il a quand même bon goût le Yuma ! Et celui-là ? Armani ? C'est pour mec ça ? Vas-y pour voir ? Ouf ! Ah ouè, c'est pour mec, c'est sur. Et celui-là ? Sûr que c'est pour moi « Amor Amor » ! C'est un romantique quand même ! Oh qu'il sent bon ! J'adore. Le luxe Mamour. Si le luxe a une odeur, sûr que c'est ça : « Amor,Amor »...
-C'est facile d'avoir bon goût avec la thune. Bientôt tu vas me dire que tu es amoureuse ou quoi ? Toutes les mêmes, sors les biftons et elles t'adorent. De vraies petites putes, tu vas voir ce soir je vais te rappeler qui c'est ton Papi, tu entends petite putain ?
- Ah ! Ah ! Ah ! Mais t'es jaloux maintenant ? On aura tout vu et tout entendu. C'est pas facile, bordel, non c'est pas facile, ces mecs... Et dis-donc en parlant de mec, c'est quand qu'il arrive l'Italiano ? Il a dit quoi dans son dernier mail ? Putain, c'est pas facile Nel ! A peine le temps de respirer entre deux avions Mamour.

Quand le vol 7227 décolle de La Havane «en tiempo » Nemesia sèche ses larmes. Le retour vers la vraie vie, c'est pas facile. Elle observe sa ville par le hublot, son Malecon chéri, ses immeubles déglingués mais tellement beaux, la mer, sa mer, sa seule mer chaude et douce comme un ventre. Et puis à quelque part elle imagine la maison, sa maison et sa famille bien sûr qui doit déjà vaquer à ses occupations. C'est pas facile. Elle aussi devra s'y mettre dès son retour. Pas trop de temps pour penser : retour à l'hôpital, le boulot. Heureusement son mari l'attend avec pleins de surprises et puis les surprises qu'elle va lui offrir elle aussi. Nemesia se détend en pensant à lui et à elle, à sa gentillesse. Elle sourit et ferme les yeux.

- Excusez-moi mademoiselle, je vous dérange j'ai fait tomber mes lunettes sous votre siège.
- Non, non, voilà
- Merci. Vous êtes cubaine n'est-ce pas ? Excusez-moi de vous demander ça mais là je suis encore sous le choc du départ. C'est tellement dur de partir... Alors j'imagine que pour vous...
- Non, vous ne me dérangez pas, je vous en prie. Oui, je suis cubaine. C'est vrai que le retour n'est pas facile. Vous connaissez Cuba ?
- Oui, enfin c'est à dire que ma fiancée est cubaine.
- Ah d'accord ! Alors vous connaissez bien les cubains aussi ?
- Oui, oui. Enfin, je connais bien sa famille, ses amis et puis les voisins du quartier, elle habite dans la Vieille Havane. C'est très touristique et c'est très joli, même si certains immeubles... enfin les immeubles sont tous très beaux et très vieux. Elle habite seule avec son frère dans un petit appartement depuis la mort de leurs parents. C'est une grande maison divisée en plusieurs appartements avec une cour intérieure et des balcons à colonnes à chaque étage. C'est vraiment très beau. Et vous, vous êtes de La Havane ?
- Oui je suis de Miramar, la 50ème rue, près de l'acquarium, c'est loin du centre ! Mais c'est très joli aussi. De larges rues avec de petits jardins devant chaque maison, c'est charmant aussi.
- Oui bien sûr ! Je connais un peu Miramar, j'y suis allé plusieurs fois avec le frère de ma fiancée. Je pense que c'est calme ? Parce que la Vieille Havane c'est pas vraiment ça. Moi on m'a volé ma valise le lendemain de mon arrivée.
- Oh ! Je suis vraiment désolée. C'est triste que de telles choses arrivent.
- Oui, sur le moment j'étais vraiment embêté car je me suis retrouvé sans rien. Sans habits ! Et puis j'avais acheté pas mal de choses pour ma fiancée. En juillet j'ai profité des soldes avant de partir et j'ai tout perdu.
- Mais il ne vous est rien arrivé j'espère ? Je veux dire à vous ?
- Non, les voleurs se sont introduits dans la maison pendant qu'on était sortis. C'est sûrement des gens du quartier qui sont jaloux de ma fiancée, c'est ce qu'elle m'a expliqué. Alors quand on est rentrés ils avaient vidé l'appartement. J'ai tout dû racheter : les ventilateurs, le lecteur DVD, heureusement ils n'ont pas pris la télé ! Elle est trop lourde je crois. Ils ont pris aussi mon portable, mon I Pod, celui de ma fiancée et celui que je comptais offrir à son frère. J'avais acheté un petit ordinateur portable pour la maison, ils l'ont pris et puis ma valise. Toutes mes affaires. J'avais encore rien eu le temps de sortir, je venais d'arriver...
- Oui malheureusement ces choses arrivent parfois. Mais c'est rare quand même, quel dommage que ça soit tombé sur vous. Je suis désolée, vraiment, j'espère que cela n'a pas gaché votre séjour ?
- Non, une fois la colère passée, je me suis dit que finalement c'est que du matériel, rien de grave. Et puis j'ai trouvé pas mal d'articles à acheter ici ou là, vous comprenez ? Notamment à Miramar d'ailleurs ! C'est le frère de ma fiancée qui m'y a emmené, Nel, c'est un débrouillard. Avec lui c'est pas compliqué. Il sait où trouver les choses qui se revendent sous le manteau, c'est moins cher, vous comprenez ? Et il sait comment y aller. Je m'entends bien avec Nel, c'est un gars pas compliqué. Très serviable. Quand j 'arrive il nous laisse l'appart à sa soeur et à moi, il va dormir chez un copain. Mais il est toujours là pour donner un coup de main. Très serviable.

Gymnastique Marxiste

Posted: jueves, 21 de octubre de 2010 by yannier RAMIREZ BOZA in Etiquetas:
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Séance gratuite de gymnastique marxiste, un animateur oral et textuel, un animateur gymnique et chorégraphique, aucunes contre-indications, tout est possible sauf la compétition.

Dancing

Posted: sábado, 16 de octubre de 2010 by yannier RAMIREZ BOZA in Etiquetas:
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Quand les dieux jouent (3/3) : Obatalá

Posted: viernes, 15 de octubre de 2010 by magali in Etiquetas:
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Cette année Sonia ne va pas à Cuba. Elle a changé de travail et n'aura pas de vacances cet été. Comme chaque année elle a attendu ce moment. Elle a prévu à l'avance les achats de conséquence, la garde-robe appropriée. Tout est soigneusement plié. Tout est emballé, les consignes sont données : María apportera ce paquet à sa mère, Danielka celui-ci à sa soeur et Liset celui-là à sa belle-soeur et aussi celui-là à Tante Cristina. Ensuite chacun a des consignes précises à l'intérieur des paquets afin d'en répartir le contenu entre les différents membres de la famille. Sonia rêve au moment où chacun ouvrira son paquet et y découvrira ce qu'elle y a envoyé. Ses amies cubaines sont parties une à une.

Au téléphone Sonia écoute les remerciements, les rires, les voix. Elle a le coeur un peu serré, elle ferme les yeux et se concentre sur les voix familières en se remémorant les mimiques de chacun, l'expression des visages aimés. Un mois c'est vite passé... Et puis elle a organisé une soirée pour le retour de ses amies. Elle va cuisiner et elles vont lui raconter... Lui montrer les photos de cet été...

Avant son départ María est venue chercher le paquet pour l'emmener à la mère de Sonia. Elle a vu les yeux de sa copine briller. Elle l'a consolée : « Sonia, rappelle-toi Ce qui advient, convient... » Sonia a souri et a répété « Oui, ce qui advient, convient... tu as raison. Il ne faut plus y penser ». Son destin est entre les mains des Orishas qui ne font rien sans raison.

Un mois plus tard María est splendide, les quelques semaines à Cuba lui ont fait un bien fou. Amincie, bronzée, les cheveux serrés dans un bandeau coloré, elle ne ressemble plus guère à la jeune femme qui a quitté Sonia il y a peu de temps. Ce soir comme prévu a lieu le dîner de retrouvailles après les vacances. María prépare un sac où elle glisse les lettres et photos que la famille envoie à Sonia, son ordinateur portable pour diffuser le diaporama des vacances qu'elles vont partager. On y voit son nouveau fiancé ! Félix, un gars du quartier avec qui elle a pris du bon temps. Dire qu'ils se connaissaient depuis toujours et qu'ils ont attendu cette année pour se rencontrer. En cherchant des cadeaux-souvenirs elle est entrée dans sa boutique. Depuis quelques années il fabrique et vend des bijoux en argent issu de la récupération : couverts, vaisselle, ustensiles, bijoux cassés ou démodés ... Il les transforme en pendentifs, boucles d'oreille, bracelets et bagues. Son commerce prospère mais il ne s'en étonne pas. Les signes étaient là bien avant pour le lui dire, n'avait-il pas perdu sa seule gourmette en or dans le train qui le ramenait de La Havane, alors même qu'il avait en poche toutes les autorisations officielles pour ouvrir son petit commerce de bijoux en argent ? Ce qui advient, convient... S'était-il dit, vert de rage en pensant à sa gourmette. Les Orishas veillent et ne font rien sans raison. María glisse aussi dans son sac la surprise qu'elle a ramenée à Sonia. Un cadeau de Félix, spécialement pour son amie : une de ses plus belles pièces, une très belle bague en argent.

Quand les dieux jouent (2/3) : Yemayá

Posted: miércoles, 13 de octubre de 2010 by magali in Etiquetas:
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Chaque été Sonia retourne chez elle. Elle attend toute l'année ce moment béni du retour à Cuba. Elle prévoit longtemps à l'avance les achats de conséquence, la garde-robe appropriée. Elle ne peut pas dire exactement ce qui lui manque le plus loin de son pays, ormis sa famille bien sûr. Plusieurs fois on lui a posé la question.Un ensemble de choses lui manquent qui prises une à une ont l'air ridicule. Il lui vient à l'esprit, par exemple, la douceur de l'eau de la mer des Caraïbes et sa couleur aussi, les gens assis dans le clapotis du rivage et qui sirotent du rhum en attendant...

C'est à la plage que Sonia organise sa première sortie. Elle sèche une dernière fois sur sa serviette en regardant les vagues, en écoutant les conversations alentours, le soir tombe, il va falloir y aller... Elle se demande si elle ne va pas se baigner une dernière fois, elle pense combien la douceur de l'eau de la mer des Caraïbes lui a manquée. Presque malgré elle, sans y penser, mue par une attraction incontrolable elle entre dans l'eau, une vague arrive, puis une autre, l'eau lui arrive à mi-jambes, chaude et douce. Elle sent sa bague en or glisser, la voit tomber au ralenti sans pouvoir la retenir ni même faire un geste. Trop tard. La bague est au fond de l'eau, Sonia regarde, scrute, momifiée sur place, elle ne voit rien. Rien. Maintenant elle crie vers le rivage : ma bague est tombée ! J'ai perdu ma bague ! On l'aide, chacun cherche à voir au fond de l'eau. Tu es sûre que tu l'avais au doigt ? Tu es bien rentrée dans l'eau par là ? Rien. Contrariée Sonia doit se rendre à l'évidence, elle a perdu sa bague en or, son alliance de mariée. Il faut rentrer, s'éloigner de la mer qui retient sa bague, ou plutôt la bague, l'or trouvé et maintenant repris. Il en sera ainsi puisqu'il faut rentrer, il est grand temps d'y aller, le soir tombe. Elle se dirige vers la voiture de location qui les attend. Elle décide de ne plus y penser. Son destin est entre les mains des Orishas qui ne font rien sans raison. Elle lutte pour ne plus y penser car elle sait bien, elle sent bien, qu'après tout, ce qui advient, convient...

Quand les Dieux jouent (1/3) : Ochún

Posted: viernes, 8 de octubre de 2010 by magali in Etiquetas:
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De retour de La Havane Sonia est songeuse dans le train qui cahote vers Santiago. Maintenant la nuit est tombée. Elle serre son sac sur ses genoux et essaye de dormir un peu. Les papiers sont en règle, elle pourra se marier dans dix jours. Depuis le temps qu'elle en rêvait, une robe blanche achetée depuis des mois déjà, une paire de sandales neuves. Il les lui avait décrites au téléphone et il allait les apporter, pourvu qu'elles lui aillent... Il ne lui manquait que la bague. Elle n'avait pas osé soulever la question avec lui, il s'était occupé de tellement de choses, leur mariage à Cuba coûte les yeux de la tête, alors la bague... Le train s'est arrêté à nouveau, impossible de distinguer à travers la vitre opaque de poussière. On doit être en rase campagne, pas une lumière, pas une ombre. Sonia continue à serrer son sac sur ses genoux et à rêver au jour J. Oui tout était prêt, ils loueraient une voiture pour aller au Tribunal International, sa soeur avait promis de la coiffer et de la maquiller, mais la bague... Elle finit par s'en remettre à la sagesse populaire : ce qui advient, convient. Si elle devait se marier sans bague, il en serait ainsi. Son destin est entre les mains des Orishas qui ne font rien sans raison. Elle décide de ne plus y penser, se lêve pour aller aux toilettes en espérant bien dormir un peu après. En arrivant à destination Félix avait sauté du train sans même attendre son arrêt complet, ras le bol ! Quinze heures depuis qu'il avait quitté La Havane, une nuit horrible dans les cahots, les arrêts saccadés et inexpliqués, les départs brusques et tout aussi inexpliqués. En sautant, la manche de sa chemise remonte légèrement et il constate horrifié qu'il n'a plus sa gourmette en or au poignet. Il remonte dans le train tout aussi précipitemment qu'il l'avait quitté, parcourt en vain le couloir vers son siège au milieu des passagers qui le bousculent en se frayant un chemin vers la sortie. Il s'accroupit, passe sa main entre les coussins, va jusqu'aux toilettes. Rien. Il doit se rendre à l'évidence : il a perdu sa gourmette en or ou bien on la lui a volée. Toutes ces histoires qu'on raconte sur les passagers qui se font dépouiller... Peut-être que ma gourmette est tout simplement tombée... Il descend le dernier, contrarié par cette histoire. Il scrute desespérément les poignets des gens qu'il croise, sur le quai, dans le hall de la gare, à la sortie, le long du chemin jusque chez lui. On ne sait jamais... Il finit par se dire qu'à La Havane tout s'est bien passé, pour la gourmette : ce qui advient, convient... Il s'en remet à la sagesse populaire, son destin est entre les mains des Orishas qui ne font rien sans raison. Il décide de ne plus y penser.

A la sortie du Tribunal International la famille de Sonia est très fière, tout s'est bien passé. Leur fille est magnifique. Dans la voiture qu'ils ont louée les mariés heureux regagnent l'hôtel où la séance de photos va pouvoir commencer. Sonia se sent belle de la tête aux pieds. Ses sandales lui vont à merveille. Son chignon est parfait. La bague en or commandée et faite sur mesure brille à son doigt et lui donne tout l'air d'une femme mariée.

Happy hour cubano

Posted: jueves, 30 de septiembre de 2010 by magali in Etiquetas:
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L'argent envoyé par son amie canadienne est bien parvenu à Ariel. Il ne s'y attendait même pas. Tu parles d'une surprise ! Il compte et recompte les billets, exactement 35 dollars, ni plus ni moins. Une belle journée devant lui avec 35 dollars. D'abord acheter une bouteille de rhum, que dis-je ! Acheter plusieurs bouteilles de rhum. Trois. Non quatre. Merde ! Cinq, pour un compte rond. Il tend les billets à la vendeuse et emporte les cinq bouteilles rangées dans un carton. Il a beau les serrer contre lui, rien n'échappe aux voisins. Eh Ariel ! C'est ton anniversaire ou quoi ? Dis-donc tu as gagné au loto ? Ariel, n'oublie pas les amis! Ne soit pas égoïste ! Allez, viens par là, ouvre-la cette bouteille ! Ariel, mon pote !

De toute façon Ariel ne compte pas boire seul, le rhum seul c'est déprimant, le rhum à plusieurs c'est... comment dire, c'est.... franchement bon. Oui, c'est délicieux, il n'y a rien de meilleur, ni la bière, ni le wisky qu'il n'a goûté qu'une fois. Ce n'était peut-être pas du vrai wisky après tout va-t-en savoir. Du wisky à Cuba...

Un jet de rhum pour les Saints, tout est en ordre, la première gorgée, ça décolle, il en faut au moins deux pour sentir la douceur de la canne. La troisième pour le plaisir. La bouteille passe de mains en mains, le groupe s'agrandit à mesure que la bouteille se vide. Tiens, bois un coup, tu vas bosser ? C'est pas une raison, allez tiens, bois. Les passants, les curieux s'arrêtent un instant, histoire de se rincer le gosier. Il fait déjà chaud et puis la poussière sèche la gorge. Un arrêt-minute, sauf pour quelques uns qui n'ont rien à faire de précis aujourd'hui ou pour qui l'amour du rhum l'emporte sur leurs obligations. Déjà la bouteille est vide.

La seconde bouteille est pour les voisins. Ariel frappe chez Pipo, chez Daniel, chez Lucho, chez Damián puis chez Ana María. Elle vit seule bien qu'elle ait toujours un amant dans les parages qui s'en va ou qui arrive. Ana María aime les hommes mais elle préfère le rhum quand même. Passe-moi une tasse, tiens, voilà, je te la remplie, allez à la tienne ! A la notre ma belle ! Ana María boit une gorgée, une deuxième et met la tasse au frigo, ce sera une surprise pour son amant ce soir, ils partageront la tasse de rhum. Ariel la regarde et sourit, dis-donc tu es de plus en plus belle toi ! Eh, Ariel, arrête tes salades, ok ? Ok ma belle, sers-toi une autre tasse mon ciel, une pour lui et une pour toi. Tu penseras à moi ce soir, pas vrai ? Du vrai rhum, bouteille scellée, étiquette, tout, c'est génial. Merci Ariel, mon amour, sans toi je ne pourrai pas vivre ici, merci encore. Ana María le pousse doucement vers la porte.

Ariel frappe maitenant chez El Indio, puis chez son frère. Il y ouvre sa troisième bouteille. Une bonne gorgée pour les Saints, quelle journée fantastique, eux aussi ils sont heureux, c'est sûr. Les Saints cubains aiment le rhum comme les hommes ou peut-être ce sont les hommes qui aiment le rhum comme les Saints cubains. El Indio tend un verre, sa femme aussi, la grand-mère n'est pas en reste, elle tend un verre mais c'est pour son Saint Lazare ! Un bon cigare et du rhum, encore un heureux de plus aujourd'hui dans le quartier. Ariel entre chez Rubén, c'est la dernière maison avant la sienne. Il se souvient des services rendus. La famille de Rubén est nombreuse, il a au moins trois fils légitimes et quatre filles, plus tous ses petits-enfants. Bon, garde une bouteille, c'est pour la famille, allez, pas de chichi entre nous mon frère, aujourd'hui il y a du rhum. Demain ? On verra bien... Rien à foutre, ce que j'ai dans le ventre personne ne me l'enlèvera, pas vrai ? Au moins ça c'est à moi, le reste, rien à foutre...

Ariel entre chez lui passablement éméché, il ouvre sa dernière bouteille. Il en boit une bonne gorgée, ça ne lui fait plus rien, il est anesthésié, il est lourd mais il est aussi tellement léger, il est heureux, il se couche et met le ventilateur en marche, putain ! Quelle bonne journée... Il pose la bouteille au pied du lit, tout à l'heure il... ou plus tard... ce soir il... boira encore... Il verra encore des amis, c'est sûr, sinon... tant pis, il... ou encore demain, bon... je verrai bien, non pas demain, tout à l'heure, pas de temps à perdre... Il tend la main vers la bouteille, hmmm un dernier coup, allez mon vieux, c'est ton dernier. Il aperçoit la lettre sur la table de chevet. Il la relie lentement. La lettre de la Canadienne. Elle était sympa la Canadienne quand même, plus que l'Italienne qui se prenait trop au sérieux. Oui, comment c'est déjà ? Ah ! Karen ! Karen, Karen, c'est joli. Si elle était là ils pourraient... boire... boire ensemble le reste de la bouteille... doucement... tendrement. Et il...

El Médico de la Salsa en la Fiesta Latina de Sète

Posted: martes, 28 de septiembre de 2010 by yannier RAMIREZ BOZA in Etiquetas:
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All we need is love

Posted: lunes, 27 de septiembre de 2010 by magali in Etiquetas:
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- Bonjour. Je ne te dérange pas au moins - Xiomara frappe à peine et passe la tête, quelques coups discrets sur la porte de la voisine, puis elle l'ouvre.
- Déjà levée ! Tu es bien matinale Xiomara. Entre donc et prends un café avec moi.
- Non, je n'ai pas le temps, je suis pressée, si tu savais... Je cherche un lavabo, tu ne sais pas où je pourrais trouver un lavabo ? C'est urgent.
- Un lavabo ? A 8h du matin ?
- Oui, oui, un lavabo, c'est urgent. Encore une bétise de Vivian, elle va me tuer cette enfant. Il faut que je trouve un lavabo en vitesse sinon c'est son père qui va me tuer.
- Mais enfin c'est quoi cette histoire ?
- Je ne peux pas t'en dire plus voisine, mais dis-moi si tu as un contact, si tu connais quelqu'un qui vende un lavabo ?
- Ecoute on peut appeler mon cousin, tu sais... parfois il a des combines et il connaît du monde. Je l'appelle ? C'est si important ?
- Oui, je t'en prie, tu vas me sauver, je te jure, je vais devenir folle. Si son père apprend que le lavabo de la nouvelle salle de spectacle est cassé, il va tuer sa fille. Je dois le remplacer avant qu'il ne soit au courant. Je te jure, quelle honte ! Pauvre Vivian ! Appelle je t'en prie.

Depuis le début du concert Vivian avait jeté son dévolu sur le guitariste. Les bras tatoués, les cheveux longs en bataille devant le visage, habillé de noir, exactement ce qu'elle aimait. Elle avait réussi à atteindre le premier rang et dansait sans le quitter un seul instant des yeux. Il le lui fallait ce soir. Un beau rockeur en cuir qui arborait autant de chaînes et de bracelets ne pouvait pas lui échapper. Elle l'avait inscrit à l'avance à son palmarès.

La chaleur des corps qui dansent autour d'elle la font transpirer, elle sent la sueur qui ruisselle au creux de ses reins, entre ses seins. Vivian boit du rhum et continue à fixer sa proie. Elle lui sourit, lui fait un signe de la main de temps en temps, c'est sur il l'a repérée. Elle est la seule vraie blonde aux yeux verts du concert, même si dernièrement ses cheveux sont teints en rose. Elle a toutes les chances pour elles, elle sent que ce soir c'est son soir.
Dès la pause elle court vers lui et lui tend son verre de rhum en affichant son plus beau sourire.

- Ça va ? Tiens. Pas trop dur avec cette chaleur ?
- On se connaît ? Demande-t-il mi-surpris mi-amusé. Il commence à se dire que ça pourrait bien être une super soirée ce soir. Dire qu'il ne voulait pas venir jouer dans ce village, l'inauguration des salles de spectacles avec les officiels et tout le tra-la-la c'est pas son truc.
- Ben oui... enfin peut-être... sûrement non ? Vivian plisse les yeux dans une mimique qu'elle affectionne et qui selon elle la rend sexy. Elle éclate de rire. - Vivian, et toi ?
- Reynaldo. Il rit à son tour. Avec des yeux comme ça on ne peut rien te refuser. Reynaldo boit une gorgée de rhum du verre qu'elle lui offre.Vivian est enchantée, c'est bon, elle a saisi, il ne peut rien lui refuser, elle se demande où ils iront après le concert... Elle se souvient alors des toilettes resplandissantes de la salle de spectacle juste inaugurée.

Face à face

Posted: domingo, 19 de septiembre de 2010 by magali in Etiquetas:
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-Nous n'avons vraiment pas les mêmes valeurs, tu es finalement beaucoup trop individualiste. On dirait que c'est toi l'Européenne, pas moi. Je ne comprends pas.

Idalmis commençait à sentir en elle la démangeaison de la colère et dut se mordre la langue afin de ne pas envoyer l'autre « pa'l carajo »: c'est à dire se faire... Elle raccrocha et alla à la cuisine se servir un verre d'eau, son fils l'observait.

-Eh, Mam ? C'était qui ? Il savait bien en la voyant qu'elle était contrariée.
-Carole, tu sais toujours avec ses salades. Elle insiste avec son histoire d'association.
-Ah c'est ça ? T'inquiète pas alors ! Laisse-là rêver. Chacun ses illusions, Mam. Laisse tomber.

Idalmis sourit puis se mit à rire de son beau et profond rire de gorge. Il illumina tout l'appartement comme un soleil. En deux secondes il lui avait dit ce qu'il fallait. Comment n'en aurait-il pas été autrement ? Depuis 14 ans elle partageait ce studio avec son fils : une cuisine étroite, un salon-chambre à coucher avec deux banquettes, chacun la sienne, une entrée avec un placard et la tablette de l'ordinateur, un balcon. D'ailleurs ses amis s'extasiaient invariablement sur le balcon, comme pour détourner leur attention du reste. C'était donc un euphémisme que de dire qu'il la connaissait bien.

Elle était arrivée dans ce studio 15 ans auparavent, enceinte, elle avait alors la trentaine. Quelques temps de bonheur à trois avant que les désaccords ne commencent, s'amplifient puis il y avait eu l'autre. Puis il était parti avec l'autre. Elle avait continué le fil de sa vie seule avec son fils. Repartir à zéro de C.D.D en C.D.D jusqu'à aujourd'hui.Une vie normale, une vie logique en somme... Elle ne s'en pleignait jamais, d'ailleurs personne ne l'interrogeait sur sa vie. Qu'aurait-elle pu espérer ? Elle espérait seulement les prochaines vacances (l'Egypte cette année ?) et parfois elle les prenait. Une vie quelconque, banale et rangée.

La polémique avait commencé doucement entre elles, tout d'abord l'indignation de Carole témoin de l'indifférence d'Idalmis face aux mendiants Roumains, les enfants, leur mère et encore pire, leur père. Idalmis avait même pris à partie l'un d'eux en pleine rue. Il lui demandait de l'argent, assis sur le trottoir d'un ton geignard. C'était entre la prière scandée et les pleurs. Idalmis l'avait regardé dans les yeux et lui avait demandé à son tour s'il n'avait pas honte de demander de l'argent à une femme ? S'il était un homme ? Carole extrèmement mal à l'aise s'était empressée de donner une pièce, lavant ainsi l'incident.

- Pourquoi tu leur donnes de l'argent ? Tu crois réellement les aider ? avait demandé Idalmis. Carole avait senti une pointe de moquerie dans sa voix.
- Ça me fait de la peine - Enfin une réponse dans ce genre - Pas à toi ?
- Si à moi aussi, ça me fait beaucoup de peine, énormément. Bien sûr. Mais voilà, je ne pense pas qu'on aide les autres en leur filant quelques centimes. Le reste n'est pas mon problème, je ne suis pas politicienne et encore moins Roumaine.C'est pas mes vingt centimes qui vont arranger la situation, je ne me sens pas concernée, et encore moins coupable.

Les réponses d'Idalmis pouvaient être tranchantes, presque chocantes. Carole n'avait rien dit de plus mais bon, si tout le monde s'en fiche des autres... Elle non.
Puis il y avait eu la réaction d'Idalmis quand Carole lui avait proposé de rejoindre l'association. Elle avait éclaté de rire en demandant :

-Tu crois qu'il n'y a pas assez de problèmes dans mon pays pour que j'aille m'occuper des problèmes des autres ? J'en ai bouffé des problèmes pendant 30 ans, et je continue. Non, vraiment, très peu pour moi.

Carole n'avait pas pu supporter ce désengagement et cet égoïsme.

-Il n'y a pas que Cuba au monde. Tu en es partie il y a 15 ans, c'est bon, passe à autre chose. Ouvre-toi au monde, en plus tu es black et tu ne te sens pas concernée par l'Afrique. Non vraiment, tu exagères...
-Je sais qu'il n'y a pas que Cuba, mais moi je ne compte pas prendre la misère du monde sur mon dos et encore moins celle des noirs de la planète. J'en ai rien à foutre de penser au sort des Africains, je ne peux pas me permettre de m'apitoyer ou alors dis-moi comment j'avancerais ?

Cette façon de tout ramener à elle s'était dit Carole. Elle n'avait rien ajouté mais une fois encore si tout le monde s'en fiche des autres... Elle non.
Depuis 14 ans Idalmis partageait ce studio avec son fils : une cuisine étroite, un salon-chambre à coucher avec deux banquettes, chacun la sienne, une entrée avec un placard et la tablette de l'ordinateur, un balcon. D'ailleurs ses amis s'extasiaient invariablement sur le balcon, comme pour détourner leur attention du reste De C.D.D en C.D.D jusqu'à aujourd'hui.Une vie normale, une vie logique en somme... Elle ne s'en pleignait jamais, d'ailleurs personne ne l'interrogeait sur sa vie.

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