Carrés de plage

Posted: martes, 27 de julio de 2010 by magali in Etiquetas:
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De nombreuses choses du capitalisme étonnaient encore Leonardo, pire, plus les années passaient plus il se sentait étonné, voire déconcerté.

La dernière idée de ses amis afin de ne pas être broyés entre les griffes du capitalisme qui t'attrape, t'agresse, t'emprisonne, le plus souvent au dépourvu, était d'organiser la question du parking de la plage.
La sortie soleil-farniente était empreinte jusque là d'une touche de spontanéïté, tellement rare dans ce monde tracé d'avance par d'autres esprits, voire d'une touche nature puisqu'il était possible de stationner à une distance raisonnable du littoral puis de parcourir à pieds les quelques mètres jusqu'à la plage. Mais voilà que depuis cette année le bord de plage est payant, les cases de parking sont tracées sur le sol bétonné depuis le printemps et un jeune à casquette est posté à côté de la barrière qu'il actionne manuellement après que chaque voiture ait payé son droit de stationnement. Pas de prix pour les résidents, ici c'est plein pot du 15 juin au 15 septembre et c'est un seul tarif par voiture : 4€. Personne ne sait combien gagne le jeune étudiant qui transpire sous sa casquette et passe sa journée (9h/21h) debout à récolter les pièces et à donner en échange un billet-papier valable toute la journée. Voilà pourquoi il vaut mieux aller à la plage à plusieurs dans une seule automobile. Les communes dans leur stratégie de communication (comprenez stratégie à faire prendre les vessies pour des lanternes) avaient tenu premièrement le sempiternel discours de la sécurité car des voitures garées un peu partout, c'est dangereux, mal organisé ; discours doublé de vert, la tendance actuelle oblige : la protection du littoral ! Il faut ne jamais avoir vu le littoral méditerranéen français pour ne pas éclater de rire ou en pleur.

Dès le 15 juin, bons élèves, les amis se sont retrouvés sur le parking gratuit d'une grande surface, là ils ont laissé leur voiture respective sauf celui qui transporte les plagistes. Et ainsi de suite, chacun son tour. Au départ Leo ne pensait rien de l'idée de faire voiture collective pour aller à la plage, il avait immédiatement accepté sans plus réfléchir.

Fin août.
Leo ne veut plus aller à la plage, il ne veut plus être prisionnier du planning amical qu'un des cinq a gentiment organisé à l'avance. Il se rend à la plage de moins en moins léger, il doit noter sur son agenda le jour où il est d'astreinte pour conduire ses amis. Il ne peut pas rater son tour car c'est chacun son tour, une fois sur cinq. Il est obligé de supporter leurs conversations, l'odeur de leur huile solaire, le bruit de leur balle de caoutchouc sur leurs raquettes en bois. Ils ont même leur place stratégique sur le parking, pas trop loin du passage vers la plage. A vue d'oeil ils savent si la plage sera bondée ou pas, où pourront-ils poser leur serviette, jusqu'où devront-ils marcher...

15 septembre.
Leonardo et ses amis ont gagné 16€ par trajet, ils sont allés à la plage environ 35 fois cet été, soit une moyenne de 560€, soit 112€ d'économie par personne, c'est l'ami qui a organisé le planning qui a également fait le calcul. Il propose de se payer un bon restau avec ce qu'il appelle "l'argent économisé".

Leonardo déconcerté, pense plutôt à l'argent qu'il a payé et surtout, il rêve de changer de plage.

Palavas les flots

Posted: sábado, 10 de julio de 2010 by yannier RAMIREZ BOZA in Etiquetas:
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Le soleil de Palavas ne nous a pas cramés ce soir là, c'est à l'ombre qu'on a eu droit à un moment de bon humour, sourires, rires et choeur improvisé. On est fans de Gil non chante Marc na. Décalé, intelligent, fin, textes et effets originaux tout comme l'interprétation. Un trio d'artistes à découvrir et redécouvrir. Merci à l'Atelier du Garage, rosé et chamallow.

Hot flash

Posted: miércoles, 7 de julio de 2010 by magali in Etiquetas:
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Mon sexe brûle.
J'ai envie d'uriner, encore, quelques gouttes dans la cuvette. Je vide le récipient d'eau sur mon sexe brûlant et le nettoie. L'eau du récipient apaise à peine la douleur, je l'ai puisée dans le bidon, dans l'obscurité. L'eau est tiède.
Je la désire fraiche, vive, forte, aujourd'hui c'est impossible l'eau est coupée. Le bidon d'eau qui stagne dans un coin, dans la salle d'eau sans fenêtres, sous les tuiles du toit calcinées. L'air est chaud. J'ai mal et sens que l'eau ne lave plus.
Mes dents claquent maintenant, mon corps se recroqueville, la fièvre m'étouffe. Les femmes m'allongent et me massent doucement pour détendre mes muscles contractés. L'une d'elles a les doigts qui sentent le tabac. Je crains l'aiguille qui entre dans la chair de ma fesse pendant que le ventilateur m'envoie doucement son air tropical.
On m'assoit sous la douche, enfin l'eau jaillit fraîche et vive sur mon visage, et sur mon sexe. On me sèche partout jusqu'entre les orteils mais je sens déjà la fraîcheur en moi. Elle entre en moi comme une bonne limonade de citron vert. Les glaçons flottent dans le verre. L'eau de coco un peu fade coule aussi dans ma gorge.

Global Caraïbes

Posted: domingo, 4 de julio de 2010 by yannier RAMIREZ BOZA in Etiquetas:
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Del 11 de junio hasta el 17 de octubre el M.I.A.M (Museo de Arte Modesto) abre las puertas a una exposición titulada : "Global Caraïbes". 27 artistas oriundos de 11 países del Caribe ofrecen otra vision de esta parte del mundo. Lejos de los clichés, de las playas paradisíacas, de las palmeras, del mar azul celeste y de las catástrofes naturales, el objetivo del curador de la exposición Edouard Carrié-Duval es mostrar la riqueza y diversidad artística de esta zona.

Los artistas se revelan en sus diferencias y sus complejidades. Descubrimos una energía asombrante y creativa, fuertes compromisos y posiciones sociales arraigadas en la Historia de esta región : colonización, esclavitud y también mestizaje cultural europeo, africano, americano y asiático.

Fotografías, instalaciones, esculturas, pinturas, videos, objetos rituales se hacen eco y ponen a la luz la complejidad geopolítica de este territorio.

One way ticket

Posted: viernes, 2 de julio de 2010 by magali in Etiquetas:
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Esperanza avait immédiatement vu en Gustavo comment résoudre son problème. Depuis trois mois elle avait une relation avec lui, il venait chez elle après que les enfants partent à l'école ou dans l'après-midi une heure avant leur retour. Esperanza s'était montrée tour à tour caline, osée, soumise, intrépide, inventive, elle avait même joué plusieurs fois les vierges effarouchées. Gustavo y avait trouvé son compte, elle aussi. Aujourd'hui elle voyageait pour quelques pesos (le prix normal en camionnette) avec ses deux enfants et sa mère dans un bus de longue distance confortable, équipé d'air conditionné et diffusant en boucle le dernier concert de José José à México. Certes Gustavo n'avait seulement pu lui obtenir que deux sièges pour quatre, mais les enfants étaient montés sur leurs genoux sans trop de difficultés. Sa mère, une énorme matrone, avait incliné le siège pour faire de la place à la petite entre ses seins. A l'arrivée à Guantánamo le siège était resté bloqué à l'horizontale, elles avaient fait comme si de rien n'était, trop contentes d'avoir économisé leur argent et leur temps dans ce trajet somme toute extrèmement confortable. Cependant Esperanza avait eu un doute dès lors que sa mère lui avait dit « Déjà ! On est arrivés ! Avec ces bus Santiago-Guantánamo devient un trajet de rien du tout ». Alors elle s'était mise à calculer le nombre de rendez-vous accordés à Gustavo et le temps du trajet, pas le nombre de kilomètres, non, le temps. Le calcul lui avait laissé un doute, surtout si elle rajoutait deux sièges pour quatre paires de fesses, sachant que celles de sa mère valaient pour une personne et demi, au moins. Aussi à l'arrivée à Guantánamo elle avait jeté à Gustavo, l'un des deux chauffeurs, un regard glacial en descendant du bus. Pour qui se prend-il celui-là ? Puis elle avait tourné les talons sans plus de considération, entourée de sa matrone de mère et de ses gosses.

Ce n'est qu'une fois assis dans le bus que j'ai pu respirer. Ouf ! Nous y voilà pour de bon. Nos noms figurent bien sur la liste des passagers entre les mains d'un des chauffeurs qui vérifie chaque identité. Kirenia est montée la première, puis moi. Nous nous sommes assis soulagés, nos sièges étaient en bon état mais celui de devant moi était cassé, le dossier incliné pour toujours à l'horizontale me gênait. Kirenia m'a proposé gentiment d'échanger nos places, ses jambes sont moins longues, puis elle s'est calée dans le siège, m'a embrassé, a fermé les yeux et elle a commencé à dormir.
Les passagers ont continué à monter, à s'installer. Le bus était bondé, le couloir encombré de touristes italiens assis sur leur sac ou sur l'accoudoir d'un siège. J'avais le gros derrière en short de l'un d'entre eux contre mon bras. Ils souriaient, s'interpelaient en riant, la situation inconfortable semblait leur plaire. Aucun cubain ne leur a laissé son siège. Le prix des places dans un bus de longue distance comme celui-ci ne permet aucun sentiment. De plus nous savons bien que les chauffeurs ont vendu quelques places en pesos pour leur propre compte et que dès qu'on arrivera à Alto Songo ou à La Maya les villageois descendront et laisseront la place aux italiens qui eux ont payé leur place en C.U.C. Au pire ils devront attendre jusqu'à Guantánamo. Je trouve les touristes très bizarres, à vrai dire un peu niais. Ils semblent heureux de l'inconfort qu'ils trouvent tellement typique dans un pays comme le notre. Niais ? ignorants ?  condescendants ? Ils n'imaginent pas ce qu'un cubain pourrait faire pour avoir le privilège de voyager assis dans un de ces bus...

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