Boliwood et Bolívar

Posted: viernes, 30 de abril de 2010 by magali in Etiquetas:
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Dès sa sortie de l'aéroport le regard de Danilo avait été attrapé par les panneaux publicitaires qui fusaient de toute part. Les modèles y étaient belles, voire splendides, et les offres toutes plus alléchantes les unes que les autres. Comment rester insensible ? C'est pourquoi dès son installation chez sa femme Danilo avait épluché avec soin les prospectus publicitaires, c'était facile, la boite aux lettres s'en remplissait gratuitement chaque semaine, c'était devenu sa nouvelle passion. Il les empilait au pied du lit, sur la table de la cuisine et sur le canapé. Il rêvait du shampooing miraculeux qui mettrait un terme à ses pélicules, de la crème à raser qui lui laisserait le visage doux comme une peau de bébé, du déodorant qui l'accompagnerait jusqu'au bout de la nuit sans laisser d'auréole blanche à ses vêtements, du dentifrice qui éclaircirait son sourire pourtant déjà qualifié par sa nouvelle belle-mère, de tellement merveilleux, sans parler des pastilles au goût sauvage qui lui feraient une haleine de liberté ou des pastilles au goût de liberté qui lui feraient une haleine sauvage, il s'y perdait un peu...
Mais ce qu'il préférait par dessus tout c'était les produits nouveaux, nouveaux pour Danilo, s'entend. Il insistait donc pour faire le ménage pendant que son épouse dormait la grasse matinée et déversait avec délectation des jets de gel vert, bleu ou transparent dans les toilettes des WC, des doses mousseuses de détergeant à l'huile de lin, au savon de marseille, à la lavande, aux pins des Landes sur les sols de l'appartement, des pulvérisations légères, parfumées et abondantes sur les miroirs de la salle de bain et surtout sur les vitres qui étaient un élément doublement nouveau dans sa nouvelle vie (chez lui à Cuba il n'y a pas de vitres à la maison). Logiquement son moment préféré était le samedi matin puisque c'était le jour des courses et il pouvait y réaliser une petite partie de son rêve : acheter de nouveaux produits. Ce dernier samedi il jeta son dévolu sur un petit bidon apparemment innocent mais au contenu magique car une simple pulvérisation, d'après la publicité à la télévision, permettrait de nettoyer la baignoire et le lavabo sans frotter, d'un simple coup d'éponge. Danilo ne prenait jamais d'essence à la station service sans utiliser les gants transparents en self service, il en prenait même plusieurs paires car il s'en servait ensuite le dimanche matin lors de ses travaux ménagers. Il pensait donc être enfin sur la voix de l'éternelle jeunesse, de l'efficacité maximum et du bonheur absolu.

Quand il put, il acheta un appareil photo et commença à photographier les panneaux publicitaires qui lui plaisaient le plus. En général on y voyait d'aguichantes modèles assez dénudées ou de jeunes hommes musclés en parfaite forme physique brandissant non pas un sexe mais un nouveau produit.
Au fil des mois cependant Danilo commençait à déchanter un peu, les produits prometteurs se révélaient somme toute assez décevants.

Un an et plusieurs mois plus tard les résultats du dimanche matin étaient bien en deçà de ses attentes, il continuait malgré tout dans ses investigations de nouveau consommateur et surtout son appareil photo ne le quittait pas, il avait maintenant plusieurs albums qui contenaient ses trophées publicitaires.
Un soir des amis du couple les invitèrent à partager un repas chez eux, le motif de la réunion étant leur réçant voyage à Cuba. Cela serait intéressant de partager leurs impressions avec un cubain, certes de l'exil, mais cubain quand même. Ils avaient également plusieurs centaines de photos à montrer et cela intéresserait sans doute Danilo. En effet, il ne se fit pas prier, il n'avait aucune photo de chez lui n'ayant pas à l'époque d'appareil photos, aussi il prit sa clé USB bien décidé à ne pas rentrer comme il avait dû partir : bredouille.
Le repas était très agréable, le couple de voyageurs enchantés par leur séjour était très sympathique et au dessert on mit le portable sur la table pour voir les photos de Cuba. Quelle ne fut pas la surprise de Danilo ! Il voyait défiler à l'écran des affiches publicitaires oh combien familières !
« Resistir vale tanto como acometer »
« La patria ante todo »
« Su ejemplo tiene una fuerza invencible »
« Queremos que sean como el Che »
« Patria o muerte »
« Revolución, 50 años de unidad, firmeza y victorias »
« Revolución es : no mentir ni violar principios éticos »
« En cada barrio Revolución »
« Vamos bien »
« Vamos a hacer realidad el sueño de Bolívar y Martí »
« Revolución es construir »
Danilo bouche bée se sentait humilié, comment n'y avait-il pas pensé plus tôt ? Comment était-il tombé dans le panneau, si facilement ? Entre Bolívar et un produit WC, y a pas photo... A chacun ses héros, se dit-il, à chacun ses mythes. A cet instant il prit la décision de coller sur la boite aux lettres : PAS DE PUBLICITE SVP

La historia contada

Posted: miércoles, 28 de abril de 2010 by yannier RAMIREZ BOZA in Etiquetas:
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Tania miraba el patio mientras abría dos cervezas, el invierno estaba llegando a su fin, aparecían ante su vista objetos que por meses estuvieran sepultados bajo la nieve. La mesa de verano recobraba su figura, el tanque de plástico de la basura, la hierba invadía el espacio blanco y monótono. Tania seguía ese avance diario como si en esa operación librara una importante batalla, o se le escapara la vida misma. Roque la llamó desde la sala, le reclamaba por la cerveza olvidada.
-No sabe mal la cerveza Hatuey, es una lástima que aquí no la vendan en las grandes tiendas. Ya terminé de instalarte el equipo. Para que no te asustes, con un solo mando podrás encender todo: el televisor, el satélite, internet, wiffi, la radio, la computadora y el aire acondicionado.
-Me pasas un curso después. Hay que dejarle cerveza a María que va a venir.
Tania era una mujer de unos cuarenta y dos años, de rostro hermoso. Poseía unos ojos verdes y su belleza era mezcla de blanca cubana intoxicada por los siglos. En estos momentos se encontraba estudiando francés, una batalla cruenta entre ese idioma y cultura contra todos los demonios de una Baracoa lejana. Su carácter era similar al de sus contemporáneos, muy jodedora y criolla. A la hora de hablar, al hijoputa lo llamaba por su nombre.
Hacía más de 15 años que Roque y Tania se conocían.

Retour de Cuba - Atelier du garage

Posted: domingo, 25 de abril de 2010 by yannier RAMIREZ BOZA in Etiquetas:
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La fábrica

Posted: martes, 20 de abril de 2010 by yannier RAMIREZ BOZA in Etiquetas:
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Las 4:30 de la tarde, marcaba el reloj de la fábrica. Era el día señalado después de tantos meses de discusión. La reunión tendrá lugar en la planta número 2, a la derecha, al fondo del pasillo pegado a los baños. No tenían otra sala disponible, para ese día. Toda la fábrica desarrollaba la reunión mensual. La reunión de los jefes, la reunión de los subjefes, la reunión de los jefes de los jefes, la reunión de todos los jefes y la reunión de los fundadores, que era a las 4:30 de la tarde como, marcaba el reloj de la fábrica. Como decía, al final del pasillo, solo había que empujar la puerta de color rojo y ya se podría respirar en los 88 metros cuadrados y sus cuarenta sillas color rojo y la tabla redonda como la de la tele. Todo estaba dispuesto, tres micrófonos, perdón cuatro, la bandera y 8 carteles dándoles la bienvenida a los visitantes de la tarde.

La secretaria se precipitaba hacia la mesa para sentarse en el sillón presidencial. Ella estaba segura que desde allí, todos podrían admirar su camisa nueva de encajes y la pulsera de cuero sintético. Ricardo se sentó al lado dándole a demostrar que los micrófonos eran de alta tecnología y que fue él quien los consiguió. Le seguía José, que se tocaba los bolsillos del pantalón para asegurarse que no se le olvidaron las pastillas de Aspirinas y de Donepezil, su mujer miraba las sillas vacías con un aire agrio.
Después de lo sucedido, se tendría que plantear una nueva estrategia. “Los nuevos no pueden sacar la cabeza del agua, así como así. Está más que discutido, de hoy no pasan” decía bien alto la secretaria de la fábrica.

Les faiseurs d'ange

Posted: viernes, 16 de abril de 2010 by magali in Etiquetas:
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Fin 1996. La file est longue ce matin, les filles ont commencé à attendre depuis cinq heures. Elles sont déjà une trentaine aujourd'hui. Certaines sont seules, la plupart sont accompagnées d'une soeur ou d'une amie et plus rares sont celles accompagnées d'un homme. Tamara et Carlos Manuel sont bien placés dans la file de ce matin, ils ont l'habitude , ils sont là pour la cinquième fois en neuf ans et maintenant ils ne se trompent pas dans leurs calculs :
1)  Semaines d'absence de règle (elle est réglée comme du papier musique)
2)  Date présumée de la grossesse :
- début mars 1987 Tamara n'a que 17 ans, elle est au lycée et espère bien intégrer l'Université l'an prochain.
- fin novembre 1991 les tickets de la « libreta »ne suffisent pas, si Tamara achète un slip elle ne peut pas acheter de soutien-gorge, il faut choisir, c'est la période spéciale.
- fin juin 1993 les magasins sont vides. Comment manger ? C'est l'option zéro.
- début septembre 1994 le vide, le trou noir, pas de futur.
- fin octobre 1996 pas de dollars. Pas de projets.
3)  Etablissement d'un certificat récent de don de sang (obligatoire si l'on veut être traitée, c'est Carlos Manuel qui a donné son sang à chaque fois)
4)  Temps de trajet jusqu'à la clinique (de plus en plus long)
5)  Nombre de filles dans la file (en hausse à chaque fois)

Aujourd'hui Tamara m'emmène doucement dans la chambre où reigne une pénombre reposante qui crée un espace d'intimité. L'ange dort, les poings fermés, la bouche entre-ouverte sur un souffle paisible. Le berceau sent bon l'enfant endormi. Nous l'observons silencieuses en souriant, nous nous regardons en souriant encore, puis doucement nous retournons vers la cuisine. Un dernier coup d'oeil à la chambre de l'enfant, quelques piles de petits vêtements, des chaussettes minuscules et un mobile endormi lui aussi, sur la porte un tableau brodé à la main avec des anges, des coeurs : Angel Manuel, 31 juillet 2000.
Tamara est une jeune mère comblée, son visage resplendit malgré les cernes sous ses yeux dont elle est fière. Les marques d'un sacrifice maternel vécu dans la joie et l'abnégation. Depuis trois mois déjà elle a un fils. Une histoire assez banale.
Fille de militaire Tamara habite depuis l'enfance cet immeuble dans le coeur de la Vieille Havane, elle y a grandi avec sa soeur Larisa et ses parents. Tous les habitants sont des militaires récompensés à l'époque par l'octroi d'un logement, chacun occupe son étage avec balcon. A deux étages au-dessus de chez Tamara, c'est là que Carlos Manuel a grandi, fils de militaire lui aussi. Aujourd'hui il est le père de son fils et il est aussi son mari. Depuis deux ans il travaille sur une plate-forme pétrolière et ne rentre à la maison que le samedi. Peu importe puisque la maternité reste une affaire de femmes à Cuba.

L'héritage espagnol

Posted: domingo, 11 de abril de 2010 by magali in Etiquetas:
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On m'a intérrogée plusieurs fois et j'ai à chaque fois répondu. Je n'ai pas besoin de fermer les yeux pour me souvenir, tout est là, bien présent. J'ai été élevée par ma grand-mère et par ma mère, une situation très courante chez nous. Je devrais plutôt dire que j'ai été élevée par ma grand-mère et pourtant c'est à ma mère que sont toujours allés mes plus profonds sentiments d'amour filial. Je l'ai toujours adorée. Depuis toute petite je me souviens de ma mère comme d'une belle femme, grande, au corps assez massif, aux hanches larges et au derrière plat. Dans ce pays de nègresses et mulâtresses c'est plutôt un défaut, mais le teint de ma mère compense largement cela. Ma mère est blanche, une vraie blanche, pas une blanche comme on en voit chez nous qui se targue de blancheur alors que la largeur de son nez dément à elle seule l'affirmation, comme le nez de Pinocchio se serait allongé. Non, ma mère est vraiment blanche, pas un trait en elle ne vient mettre en doute la pureté de sa race : cheveux lisses et plats, nez fin et pointu, lèvres minces et puis cette peau transparente avec même quelques tâches de sons sur le haut des joues et sur le front, un teint de rousse et des cheveux bruns-roux. Je l'ai vu sur les photos car aussi loin que je me souvienne maman se teint les cheveux acajou. Ses couleurs sont flamboyantes : cheveux acajou et lèvres rouge vif pour en corriger la minceur car dans ce pays de négresses et mulâtresses les femmes ont les lèvres épaisses. Mais la blancheur de maman, cette blancheur rare ici éblouit bien plus encore que n'importe quelle lippe. Papa et maman se sont sans doute beaucoup aimés mais je ne m'en souviens pas, je me souviens de son départ mais pas de quand il était là, avec nous. Je me souviens de maman pourtant. Il est parti l'année de mes sept ans pour jouer dans un orquestre en Espagne, il est trompettiste, c'est un artiste. Lui aussi est blanc. Il a demandé à maman à chacune de ses visites, pas très nombreuses il est vrai, de partir avec lui en Espagne. Elle répond souriante en plissant légèrement les yeux, une mimique inimitable et pourtant je me suis entrainée bien des fois, seule face au miroir, une mimique de petit chat câlin, elle répond toujours la même phrase : « Je préfère être une espagnole à Cuba qu'une cubaine en Espagne, non vraiment, pars toi, moi je t'attends ici, chez nous ». Ma mère est une Crombet, une vraie espagnole d'origine noble et française aussi. C'est grand-mère qui m'a raconté bien des fois l'histoire de la famille, pour finir par m'expliquer que ce bien très précieux, cette ascendance pure ne devrait pas être souillée avec un noir, ici dans ce pays de noirauds c'est tellement facile. J'ai très tôt bien compris la leçon. J'admire ma mère pour sa beauté, sa présence d'esprit, son éternel sourire. J'aurais aimé qu'elle soit plus souvent à la maison mais c'est à cause de son travail. Elle a un travail important dans le secteur culturel, elle s'occupe des artistes et de leurs oeuvres, des expositions, des rencontres, de leurs voyages, enfin, elle s'occupe d'événements qu'elle organise tout au long de l'année. Aussi maman n'est pas souvent là et elle rentre plusieurs fois par semaine très tard, c'est son chauffeur qui l'amène. J'entends le bruit du moteur de la Lada bleue, je suis capable de reconnaître la sienne entre toutes, j'ignore pourquoi. Alors je me lève en silence, c'est la nuit, je pose les pieds sur les dalles du sol de ma chambre relativement fraiches à cette heure tardive et j'avance doucement jusqu'à la porte. Je l'entends dans le couloir, elle ôte toujours ses chaussures puis ses pas glissent lentement jusqu'à sa chambre. Je renifle son parfum mais je l'appelle son parfum-porté car l'odeur n'est plus pure. En me concentrant bien je peux y distinguer une légère odeur de tabac américain, de rhum et un peu de son odeur à elle, ce n'est pas de la sueur, c'est un mélange subtil qui donne son odeur. Parfois j'entends la porte de la chambre de grand-mère s'ouvrir et je l'entends faire des reproches à maman, mais maman ne répond pas, elle lui dit simplement, « je suis fatiguée, Mima » Elle appelle toujours grand-mère Mima. « J'ai un peu mal à la tête, on parlera demain, recouche-toi Mima, il est tard. Bonne nuit Mima. » Puis elle entre doucement dans sa chambre.
J'ignore à quel moment papa et elle ont décidé de mettre en place le grand projet de leur vie commune vécue tant d'années à distance mais soudée encore par ce projet, ou plutôt cette folie. Mais j'ai appris, pourtant j'ignore à quel moment exactement, que nous serions bientôt riches. J'ai su, même si une fois encore j'ignore exactement de quelle façon, que cette entreprise vers la richesse définitive était secrète, qu'elle était en relation avec maman, son travail, ses connaissances et la présence de papa en Espagne. Le plus important pour moi c'est que nous allions bientôt être réunis. Je n'ai jamais osé poser de questions à grand-mère, je sentais qu'il valait mieux ne pas gâcher ces moments de bonheur. Maman souriait et ses yeux se plissaient encore plus que d'habitude, c'est ce que j'appelle ses yeux de chaton qui baille.
Quand on m'a interrogée ce matin j'ai à chaque fois répondu, pourtant je sentais mes paupières, c'est à dire que d'habitude on ne sent pas ses paupières, ni sa bouche, ni son nez, mais là je sentais mes paupières, j'avais conscience de mes paupières et cela me gênait un peu. Mais j'ai à chaque fois répondu. J'ai essayé de bien me concentrer car je revoyais le départ de maman à l'aube entre quatre policiers, ils lui parlaient durement, sans aucun respect. Ils n'étaient pourtant même pas blancs, ni rien, ils avaient un uniforme de la police d'état. Je connais tous les uniformes car nous les étudions à l'école afin de devenir de bons citoyens. Maman n'a pas eu le temps de se préparer, ni de se maquiller les lèvres en rouge vif comme elle aime faire. Elle a juste pris sa brosse à dents. J'ai fixé mon regard sur sa main blanche qui serrait la brosse à dents, les jointures de ses doigts avaient une légère teinte bleutée. Je pense qu'elle serrait très fort, comme si elle s'accrochait à sa brosse à dents. Moi je suis restée droite, les bras ballants le long du corps, sur le pas de ma chambre, la pauvre grand-mère pleurait, elle sanglotait et interrogeait à haute voix : Pourquoi ?
Les policiers sont revenus en début de matinée nous chercher grand-mère et moi pour nous interroger. Ils nous ont séparées puis ils m'ont montré des pièces de monnaie, mais c'est une monnaie qu'on n'utilise plus depuis longtemps, ils l'ont appelée : patrimoine national. Ils m'ont demandé si j'avais vu maman préparer de petits paquets avec ces pièces. Est-ce que j'avais porté des paquets à la poste récemment ? Est-ce que j'avais entendu papa et maman parler de ces pièces, de leur sortie du pays et de leur vente en Espagne ? Bien sûr, je leur ai dit que ces pièces espagnoles étaient à maman puisqu'elle est espagnole depuis très longtemps mais qu'elle préfère vivre à Cuba, car elle est une bonne citoyenne. Donc il est logique qu'elle possède de vieilles pièces espagnoles. J'ai répondu aussi que je ne pensais pas qu'elle les enverrait en Espagne car elle aimait ce qui était espagnol à Cuba mais pas le contraire. Je leur ai expliqué pourquoi. Je crois qu'ils n'ont pas compris la logique de mes explications, ils m'ont regardé sévèrement et m'ont dit de répondre simplement aux questions, sans histoire. C'est pourtant ce que je fais à chaque fois.

Dos o tres cositas

Posted: martes, 6 de abril de 2010 by yannier RAMIREZ BOZA in Etiquetas:
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Este era un día muy especial para Juanita la de la esquina, era el cumpleaños de su hija. Por eso tenía que hacer dos o tres cositas antes de comenzar la fiestecita, por ejemplo, tenía que ir a la consulta del dermatólogo, ir al Coppelia para comprar los helados y después cargar el agua, porque hoy era el día. Salió de su casa a las 5 de la mañana, con su jaba de cinco libras, para los helados y su tarjeta de consulta. La última persona, gritó en medio de treinta pacientes y se sentó a esperar.

Pasadas 7 horas, la enfermera apareció para decirles que tenían que cerrar sin consulta porque no había agua. Pero si hoy llega el agua, le dijo una mujer con los brazos al aire.
-tiene razón, pero como usted mismo dijo, “llega” que no significa que ha llegado.
Y empezó a repartir los nuevos turnos para pasado mañana, garantizando que el agua llegaría ya fuera por San Pedro o por la tubería. No paró tampoco de enumerar las dificultades que había que enfrentar cuando el preciado líquido llegaba por las pobres y gastadas hojalatas de más 100 años. Ustedes saben que nuestro país, está atravesando un duro bloqueo económico e ideológico, por parte de los intereses de… pero "Esas son cosas que pasan a diario" se dijo Juanita con paciencia. Ese buen humor de Juanita por el cumpleaños de la hija la llevó a coger a pie la distancia hasta el Coppelia en busca de los helados.
A esa misma hora, Luzmila la hija de Juanita, se tragaba una espina de pescado mientras almorzaba en la casa. Desesperada, la joven utilizó una técnica que aconsejan los viejos en estos casos: se tragó sin masticar un pedazo de pan viejo, pero la espina continuaba clavada en su garganta. Entonces corrió a la policlínico. En el cuerpo de guardia la atendió la enfermera. Luego de observarla, diagnosticó que ya la espina no estaba allí y posiblemente lo que sentía era el reflejo...
-¡No! -gritó Luzmila.- ¡Está ahí!
La enfermera le comunicó que el policlínico no tenía agua y que los médicos estaban en horario de almuerzo y que todo eso era la culpa del bloqueo económico e ideológico de los enemigos del norte, que por eso no cuentan con el instrumental adecuado para extraer una espina. Que debía trasladarse al Hospital Militar o al Clínico Quirúrgico.
Luzmila regresó a su casa. Cuando llegó Juanita la de la esquina a las seis de la tarde encontró a su hija dando paseítos y apretándose la garganta. La joven le explicó lo sucedido, pero Juanita no había encontrado los helados deseados para ese día.
Salieron en dirección de la Plaza de Marte para coger un carro que las dirigieran hasta el Hospital Militar. Sentadas en el carro, a pocos milímetros de dos grandes bocinas, el reguetón reinaba. El chofer les contó que le dio una serenata de reguetón a la novia esa madrugada, para que ella y la cuadra entera se despertaran. Al fin habían llegado cuando Juanita le gritó al chofer que solo personas con el seso hueco escuchaban esa porquería. El joven le lanzó una mirada asesina y antes de apretar el acelerador gritó:
-Pues si no te gusta el reguetón, ¡lárgate de Cuba, viejita!
Llegaron al hospital. Los atendió un estudiante de medicina que hacía la guardia nocturna. Luego de revisarla minuciosamente diagnosticó lo mismo que la enfermera.
-No! -gritó Luzmila otra vez-, la siento aquí.
El estudiante le confesó a las dos que el hospital no contaba con otorrino de guardia, que debían trasladarse al Clínico Quirúrgico, el único que prestara ese tipo de servicio nocturno. Que no se preocuparan, que la ambulancia de guardia los llevaría cuando regresara al hospital.
Pasaron dos horas y la ambulancia no aparecía. Luzmila vomitó en el pasillo intentando extraerse por ese método la espina, pero fue imposible. De pronto una idea la iluminó de pronto. Una prima de Juanita era jefa de personal de la Escuela de Estomatología, quedaba a dos pasos de la casa.
Cuando cogieron fuerza se echaron a caminar. Llegaron a la Escuela de Estomatología y buscaron a la prima. Por suerte estaba de guardia esa noche. Le contaron lo sucedido y la prima la llevó ante el especialista. La anestesiaron, y con unas pinzas extrajeron de su garganta una gruesa espina de pescado que Luzmila mantuvo clavada allí durante 19 horas de su cumpleaños.

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