Marino sur les allées

Posted: viernes, 27 de mayo de 2011 by magali in Etiquetas:
0

Marino apprit qu’il avait été choisi pour participer au colloque sur la poésie. L’ Union Nationale des Ecrivains et Artistes Cubains se chargerait de tous les tracas administratifs. La nouvelle le réjouit. Cette perspective lui donnait une certaine émulation. Il écrivit sur son cahier une nouvelle poésie chaque jour sur chaque table de bar où le mena son inspiration. Marino maniait le stylo et vidait son verre de rhum. A lui tout seul il dégusta une bouteille chaque soir de cette semaine. Il se devait d’arroser cela. Il se saoula ce soir là et tous les autres. Il écrivait et jouissait complètement de sa vie.


La date approchait, Marino boucla son sac. Un pantalon, deux pull-overs, quelques sous vêtements, l’armoire ne donnait guère plus. Porté par ses muses, léger et légèrement grisé par l’alcool, il prit l’avion avec ses collègues. A en juger par leur discussion Marino les trouva un peu anxieux. Préoccupés qu’ils étaient par leur intervention lors du colloque. Chacun se distribuait les rôles selon sa spécialité. Ils pensaient en réalité aux livres bouclés dans leur bagage qu’ils espéraient bien vendre à l’étranger. Marino n’avait pas oublié son cahier, qui d’ailleurs ne le quittait ni à Cuba, ni en voyage.

La ville lui plut. Il y faisait bon en ce mois de mai. Marino et ses collègues furent bien accueillis par leurs collègues français. On leur donna le programme du colloque à chacun. Un feuillet plié en trois volets, très beau. Marino le parcourut rapidement. Chaque jour les activités allaient se succéder à la gloire de la poésie. Son intervention était prévue le mercredi à 14 h 30 Salle Rabelais. Il aima lire le nom de la salle : Rabelais ! Il se sentait depuis toujours l’esprit rabelaisien. Ce clin d’œil inattendu lui plut énormément.

Marino écrivait sur son cahier une nouvelle poésie chaque jour sur chaque table de bar où le menait son inspiration. Le climat le titillait. Les senteurs étrangères de cette ville arrivaient à lui. Il observait la végétation tendre sans aucun rapport avec les feuilles tropicales épaisses qui l’avaient vu grandir. Les femmes et les hommes passaient dans leurs vêtements ajustés, la démarche un peu automatique, pas de hanches chaloupées, peu de fesses rebondies, du plat, du gris. Aucuns ne lui paraissaient rabelaisiens tandis que lui faisait connaissance avec le vin. Celui des Corbières lui semblait magique. Que les Romains déjà aient pu le déguster deux siècles avant notre ère ! Il en aimait le rouge. Logiquement il passa au Fitou suivant par la pensée les vieux conquérants qui jonchaient leurs routes de bornes et de cultures de vigne. Pourtant celui qu’il préférait était le Faugères blanc dont on dit que les raisins mûrissent la nuit, plantés plein sud dans le schiste, ce sol qui emmagasine la chaleur. Il imaginait les grains alimentés sous la lune par un soleil intérieur. Il écrivait sur son cahier de nouvelles poésies gorgées de tramontane. Ce soir là et aussi les suivants. Il écrivait et jouissait complètement de sa vie. Au point qu’il oublia de se présenter Salle Rabelais à 14h30 le mercredi. Ses collègues le trouvèrent assis en terrasse à l’ombre des platanes qui jonchent les allées de l’esplanade, à deux pas de la salle de conférence où on l’avait attendu. Marino, ivre de vin, maniait le stylo et vidait son verre.

Dans l’avion du retour les collègues apaisés comptaient leurs ventes, exhibaient leurs achats, beaucoup de mémoires USB vides qu’ils se promettaient de remplir prochainement. Marino somnolait, il avait bu une bonne bouteille avant de décoller. Dans son bagage quelques litres qu’il boirait à la fraîcheur de la nuit tombée. Il s’en gorgerait comme les grains de raisin sous la lune. Son cahier plein de schistes, de collines, de vin marin et de sable. Il rêvait déjà à son prochain livre de poésies écrites au pied du Pic Saint Loup, à l’ombre des platanes.

en hommage à Marino Wilson Jay, poète cubain.

Dix à deux

Posted: viernes, 20 de mayo de 2011 by magali in Etiquetas:
0

Quand on s’est connu je pensais bien que c’était une histoire qui finirait le lendemain matin. Pour moi elle avait assez duré : une longue nuit. J’avais mis deux ans avant de pouvoir quitter mon mari et entamer un divorce ce n’était certainement pas pour tomber amoureuse du premier amant venu.

Il a six enfants de quatre femmes différentes et j’en ai quatre, d’enfants bien sûr, tous de mon ex-mari. Tout de même j’aurais dû voir qu’il y avait une grande différence entre sa situation et la mienne et pourtant non, j’ai éclaté de rire, je m’en souviens et j’ai dit eh bien ! Ça fait donc dix ! J’ai pensé que nous nous ressemblions beaucoup simplement parce que nous avions pas mal d’enfants l’un et l’autre.

J’ai rapidement appris à cuisiner les plats qu’il préfère, j’ai retenu les noms de ses enfants et même leur date d’anniversaire. J’ai acheté une table beaucoup plus grande et une cocotte minute taille XXL supplémentaire. En avant le riz aux haricots noirs, aux haricots rouges, aux haricots blancs, le poulet rôti, le poulet à la sauce tomate et le soir des litres de soupe de cou et ailes de poulet au coriandre, un délice.

Quand la mère de sa dernière fille a refusé qu’il la voit, j’ai répété après lui : Elle est vraiment givrée ! Quand au bout d’un an il l’a traduite devant les tribunaux pour ce problème de garde refusée j’ai découvert effarée que la mère de la petite dernière était perchée sur de grands talons, ses ongles très longs étaient peints en rouge vif, sa jupe était très courte et elle portait deux décolletés : le premier sur une poitrine plus que généreuse et le second jusqu’au bas du dos. Quand elle s’est présentée à la barre les seins en avant… je me suis sentie gênée, je ne me souviens plus de rien. J’étais tétanisée par son apparence. A aucun moment je me suis demandée comment il avait pu se sentir bien aux côtés d’un tel cliché de la vulgarité. En sortant du tribunal elle est passée à mes côtés et c’est elle qui m’a traitée de pute !

Quand après quatre ans de relation il m’a dit qu’on ne se verrait pas ce week-end car il voulait se consacrer à ses enfants et que je l’en empêchais, je l’accaparais, j’ai répondu oui, bien sûr. Sauf que je n’ai pas compris en quoi je l’accaparais mais j’ai préféré me taire. J’ai rangé la cocotte minute XXL supplémentaire.

Depuis je ne l’ai plus utilisée. Le week-end où il est libre de garde, c’est celui ou moi-même j’ai mes enfants et il ne vient plus le passer à la maison. Comme avant… Dix enfants, cinq mères, et deux pères (en nous comptant) ça fait beaucoup de dates de visites, même s’il ne voit jamais son fils qui vit à La Havane. Je ne me suis donc pas étonnée. J’ai commencé à réfléchir à quoi m’occuper les week-ends où mes enfants quittaient la maison du vendredi soir au dimanche après-midi. J’ai rappelé les vieilles copines, les plus fidèles. J’ai senti un grand vide mais j’ai préféré là encore ne rien lui dire. Je crois que le fait qu’il m’accuse d’être possessive et de l’éloigner de ses enfants m’avait interloquée. Je ne voulais pas risquer d’en entendre davantage.

Puis j’ai retrouvé dans le vide poche de sa voiture des tickets de courses effectuées dans un magasin où nous n’allons jamais ensemble. Des courses que je n’avais jamais ni vues, ni mangées. Le magasin est à l’autre bout de la ville, dans un quartier où aucun de ses enfants ne réside. C’est pourtant exactement les mêmes courses, je veux dire c’est ce que nous avions l’habitude de cuisiner ensemble. Je n’ai rien dit mais j’ai commencé à surveiller son téléphone, ses poches, et encore bien sûr le vide poche de la voiture.

Maintenant je sais qu’il s’est remarié il y a deux ans, l’époque où il m’a dit qu’on ne se verrait pas le week-end car il voulait se consacrer à ses enfants et que je l’en empêchais, je l’accaparais. La femme est jeune et jolie, elle a déjà un enfant de son côté. Il a ou il n’a pas encore fait le onzième ou le septième selon le point de vue. Je ne sais pas exactement si je suis l’amante de son mari ou si elle m’a piqué le mien. Là encore c’est selon le point de vue.

Acier, fer et argent

Posted: sábado, 14 de mayo de 2011 by magali in Etiquetas:
0

Le bruit courrait déjà : Yalili ! Ses cheveux ! On disait plusieurs choses mais la version officielle était que ses cheveux pris d’une liberté soudaine s’étaient dressés sur son crane. Elle s’était transformée en vraie sorcière. Sans doute avait-elle été envoûtée et sa mère cherchait maintenant une solution auprès de toute experte en envoûtement. Dieu merci le pays n’en manquait pas !


En effet, les produits lissant firent leur entrée dans l’île. Yalili pleine d’espoir en testa immédiatement l’effet sous l’œil impassible de sa mère. Mais la crème aspirée par la masse de ses cheveux ne produisit pas le résultat escompté : seuls les cheveux plantés sur le haut du crane devinrent lisses formant une sorte de couvercle noir à horizontale car les cheveux du dessous libres de brosse pour la première fois depuis de nombreuses années s’en donnaient à cœur joie. Ils frisaient, se tordaient, bouclaient dans tous les sens remontant par leur vigueur retrouvée le couvercle du haut, noir et lisse.
Yalili faillit défaillir. C’était samedi et elle décida de ne pas mettre le nez dehors aujourd’hui, le temps de trouver une solution.
Elle étira alors patiemment toutes les mèches de sa chevelure et les enroula une à une autour de son crane en un casque naturel. Elle prit un vieux drap et tailla un carré qu’elle se noua sur la tête. Les jours suivant elle renouvela l’expérience.

Au bout d’une semaine elle réussi à enrouler chaque mèche autour d’un bigoudi fabriqué patiemment en carton dur. Maintenant le casque était énorme et il lui fallut couper à nouveau dans le vieux drap, un carré plus grand serait nécessaire.
La première nuit fut horrible. La tête de Yalili ne reposait plus sur sa couche, les rouleaux l’en empêchaient et la maintenaient en hauteur, le cou tordu. Elle installa un coussin dans le creux entre les épaules et le casque de sa chevelure emprisonnée. C’était mieux. Au bout de quelques jours de renouvellement incessant du cérémonial, ses cheveux avaient retrouvés la verticale et ils étaient tendus en une crinière animale mais brossée. Elle décida que ce serait la procédure à suivre dorénavant, chaque soir avant de dormir.

Elle put retourner au collège et les filles observaient maintenant envieuses les longues mèches tombantes, raides et épaisses qui lui couvraient le dos. La plupart auraient aimé pouvoir détacher leurs tresses à leur tour mais obtenir ce lissé serait pratiquement impossible. Yalili saisit l’occasion nouvelle. Elle en aurait toujours assez pour elle, aussi elle empoigna les ciseaux de cuisine en acier puis une mèche du dessous et coupa net. Elle attacha la queue de cheval d’un élastique et recommença l’opération plusieurs fois. Elle choisissait à chaque fois des couches inférieures de façon à ce que les coupes successives demeuraient invisibles. Puis elle enveloppa les mèches postiches de cheveux naturels dans du papier journal et d’un pas décidé fit le tour des coiffeurs de la ville. Elle négocia la vente d’une main de fer.
Tard, elle déposa fièrement sur la table de la cuisine de quoi manger pendant une bonne semaine. Sa mère ouvrit grand les yeux. Jamais une telle somme d’argent n’avait été réunie en un seul jour. Comment t’étais tu débrouillée ma fille ? Elle pensa un instant à la prostitution mais aussitôt lui vint à l’esprit que Comme toutes les princesses elle porte son pouvoir sur la tête. C’était donc ça !

Cuba gotiando arte, Reynaldo Pagán

Posted: by yannier RAMIREZ BOZA in Etiquetas:
0



¿ De dónde surge el arte ? Para el artista plástico santiaguero Reynaldo Pagán el humor, la música, una frase leida o escuchada a veces sin querer hacen mellas y son ingredientes típicamente cubanos que a través de su creación logran alcance universal... o cuando Cuba está gotiando arte.

Pour Isabelle

Posted: domingo, 8 de mayo de 2011 by magali in Etiquetas:
1

Bonita de Isabelle Marsala
http://www.isabelle-marsala.fr/frames_figures.html
J’aurais voulu avoir une idée. Une idée là, comme ça, tout à coup une bonne idée. Lui proposer un projet joli et intéressant, un projet amusant, créatif, nouveau, plein de génie. Mais je l’écoutais muette. Je suivais ses lèvres qui racontaient jusque là, jusqu’au moment présent, celui du café et de la brioche. Trouver une bonne idée, mais laquelle ? Non pas pour l’argent, le quotidien se suffit à lui-même. Non pas pour la gloire, peu de gens suffisent dans une vie.


Seulement une idée pour avoir une idée où allier les talents et sentir naître quelque chose. Sentir l’ébullition pendant un certain temps, ce désir, cette effusion qui pousse, qui pousse vers l’aboutissement. Le plaisir de créer quelque chose de beau, simple et profond à la fois. S'exposer comme dans la vie.

Un projet où faire resplendir ses visages de femmes-déesses-saintes-voisines. Ses regards bleus profonds qui donnent à voir l’essentiel. Ses grains de beauté au dessus de la lèvre. Ni coquin, ni aguicheur. Grains de beauté comme une marque de vie, une peau de femme qui vit sur le papier marouflé. Gros plan sous le pinceau. Ses histoires de Pepita, Viviane, Loulou, Sonia, Cécile, Irène, Mireille ou Yolande ou encore Marie. L’incontournable Marie. J’en rajoute encore une, Mathilde.
Parce que chacune vaut le coup de pinceau, regardez ! Ne voyez-vous pas que tout est là ? Tout est dit dans ses visages. Fragilité sous la force, tendresse sous la détermination et tout aussi bien force sous la fragilité, détermination sous la tendresse.
Parce qu’elles sont capables d’attendre, de lire, de rêver, de boire, d’être mère, d’être au hammam, de danser, de faire la putain, de faire du vélo, de faire de l’accordéon, de peindre. Parce qu’elle sont du temps des bals à flonflon mais aussi du rock et du oud et aussi des castagnettes et encore de la mandoline.

J’aurais voulu avoir une idée. Une idée là, comme ça, tout à coup une bonne idée. Lui proposer un projet joli et intéressant, un projet amusant, créatif, nouveau, plein de génie. Mais je l’écoutais muette. Muette je suis restée. Muette je suis allée écrire Pour Isabelle.

Amours et détours

Posted: lunes, 2 de mayo de 2011 by yannier RAMIREZ BOZA in Etiquetas:
0

Antonio cherchait dans le tiroir et en parcourait chaque recoin du regard. Il avait aujourd’hui un de ses rendez-vous amoureux et il voulait essayer par tous les moyens de donner une bonne impression à la fille, c’était leur premier rendez-vous. Bien sûr la nécessité fait des miracles et quand ils se connaîtraient davantage elle le comprendrait. Le meilleur de ses slips avait une petite tache jaune. Il essayait de deviner si c’était de l’urine ou du sperme. La vieille y voit de moins en moins se dit il.


Il déroula chaque boule de chaussettes et chercha un peu anxieux la présence de quelque petit trou, ses trois paires étaient impeccables, comme neuves, il pouvait les mettre. Pendant la semaine il n’en usait qu’une pour aller au travail. Il continuait son observation et lui vint à l’esprit l’image de sa grand-mère les cousant en glissant une ampoule à l’intérieur. Elle reprisait les chaussettes et les tee-shirts en vraie experte, son point était quasiment invisible. Les femmes ne savent plus coudre maintenant pensa-t-il. Les tee-shirts étaient les vêtements à qui on demandait le plus, grâce à la grand-mère les accros se transformaient en petites piqûres de moustiques, c’était un luxe de les arborer.

La petite tache sur le slip était maintenant sa majeure préoccupation, qu’était-ce donc ? Bon, ce n’était pas si important, une fois la lumière éteinte elle serait invisible, c’était une astuce infaillible. On lui avait demandé souvent d’éteindre la lumière peut-être pour cacher de récents suçons ou peut-être bien pour un trou dans la culotte ou une vilaine reprise sur les bretelles d’un soutien gorge. Il s’exécutait avec plaisir pour elle et pour lui. Les femmes aussi en étaient là. Maintenant il cherchait son parfum. Mais l’absence d’un bouton ne pourrait pas se cacher dans la pénombre relative. Ce slip n’était déjà pas du tout sexy si en plus venait se rajouter l’absence de ce bouton.

- Man ! Pas de réponse et il en vint à imaginer qu’il l’avait appelée en rêve, il insista : Man!
- Ne cries pas, je ne suis pas sourde. S’entendit-il répondre depuis la cuisine, sa voix arrivait un peu lointaine comme ailleurs.
- Qu’est ce que tu as fait du bouton de mon slip ?
- Quel slip ?
- Celui pour sortir.
- J’en sais rien, Dieu seul sait ce que toi tu en as fait, je ne porte pas tes slips.
- Tu ne les portes pas mais c’est toi qui les laves. Ah! Et cette tache jaunâtre près de la braguette.
- Secoues-toi bien quand tu urines, c’est la même chose avec les slips de ton père et ceux de ton frère. J’en ai marre de laver ça et de nettoyer autour de la cuvette des W.C
- Tu n’as pas un bouton pour coudre à ce slip ? Je dois sortir aujourd’hui.
- Je n’en ai pas de blanc.
- Comment ça pas de blanc ?
- Tu es sourd ou aveugle ? Il n’y en a pas, tu le vois bien.
- Et alors ?
- De cette taille j’en ai seulement deux noirs, les autres sont trop grands ou trop petits.
- J’aurai l’air de quoi! Comment vais-je me montrer avec un slip blanc aux boutons blancs avec un bouton noir au milieu ?
- Tu feras comme tout le monde, l’époque n’est ni au luxe ni au raffinement.
- Mais j’aurai l’air ridicule avec ça, en plus il n’est pas du tout sexy.
- Si la fille est amoureuse de toi elle ne prendra pas garde à ces détails.
- Amoureuse de qui, Man ? On a changé d’époque.
- Je te couds le noir ?
- Et la tache jaune à la braguette ?
- Il n’y a pas de chlore, pas de javel, peu de gaz et la savonnette doit durer encore plusieurs jours, économise-la quand tu te laves. Il suffisait de faire un peu attention à ce que tu fais pour éviter la petite tache, tu n’auras qu’à éteindre la lumière quand vous serez ensemble.
- ...Tain ! Si j’avais su je ne t’aurais pas parlé du bouton noir.

Publié en espagnol le 02 mai 2011, Paisdeorishas.blogspot.com - Traduction Magali Junique

Amores claroscuros

Posted: by yannier RAMIREZ BOZA in Etiquetas:
0

Antonio buscaba dentro de su gaveta, mientras su mirada recorría cada recodo de la caja. Hoy tenía una de aquellas citas amorosas y trataba por todos los medios dejar una buena impresión en la muchacha, era su primera salida con ella. Luego, la necesidad hace parir milagros y cuando tuviera un poco más de confianza ella lo comprendería. El mejor de los tres calzoncillos tenía una pequeña mancha amarillenta. Trataba de adivinar si era orine o semen. A la vieja le está fallando la vista, pensó.

Fue abriendo cada bola de los pares de medias y buscaba ansiosamente la presencia de algún huequito, los tres pares se encontraban a salvo, eran fuertes, podia presumir de ellas. Entre semana usaba uno solo para trabajar. Continuaba observándolas y le llegó a la mente la imagen de su abuela cosiéndolas con un bombillo dentro. Era experta zurciendo calcetines y puloveres, su costura era casi invisible. Las mujeres de hoy no saben coser, pensó nuevamente. Los puloveres eran las prendas más sacrificadas, gracias a la abuela aquellos huequitos parecían picadas de mosquitos, era un lujo usarlas.

La manchita en el calzoncilloo, ésa era ahora su máxima preocupación, ¿qué sería? De todas formas lo de las manchas no era tan importante, con la luz apagada eran imperceptibles, era un truco que no fallaba. Casi siempre le solicitaban que apagara la luz, quizás para ocultar recientes chupones, tal vez por algún huequito en el blumer o marcas ancianas en los tirantes de los ajustadores, él las complacía y se hacía el favor. Ellas también actuaban así. Ahora le faltaba su perfume. Pero la falta de un botón no se podía ocultar en aquella semipenumbra. Ya era suficiente que fuera matapasiones para encima de eso sumarle la pérdida de aquel botón.

-¡Vieja! No obtuvo respuesta y llegó a imaginar que pensaba, insistió en su llamada. ¡Vieja!

-No me grites que no estoy sorda. Respondió la madre desde la cocina y su voz llegaba lejana, perdida.

-¿Qué pasó con el botón del calzoncillo?

-¿De cuál calzoncillo?

-Del de salir.

-No lo sé, sabrá Dios que hiciste con él, yo no uso calzoncillos.

-No los usas, pero eres quien los lavas. ¡Ah! Y tienen una manchita amarilla cerca de la portañuela.

-Sacúdete bien el rabo cuando orines, así están los de tu padre y los de tu hermano. Ya estoy cansada de lavar calzoncillos meados y que se orinen fuera de la taza del baño.

-¿No tienes un botón para pegarle a este calzoncillo? Hoy tengo una salida.

-No hay ninguno blanco.

-¿Cómo que no hay ninguno blanco?

-¿Eres sordo o ciego? No lo hay, ¿no lo ves?

-¿Y ahora?

-De ese tamaño solo hay dos negros, los demás son muy grandes o demasiado pequeños.

-¡Eso es un papelazo! ¿Cómo me voy a aparecer con un calzoncillo blanco de botones negros?

-Como se aparece cualquiera, no estamos en tiempos de lujos o exquisiteces.

-Pero me veré ridículo con esa pieza, y de contra, es matapasiones.

-Si la muchacha está enamorada de ti no se fijará en esos detalles.

-¿Enamorá de qué, vieja? Ya corren otros tiempos.

- ¿Te los pongo negros?

- ¿y la manchita amarilla de la portañuela?

-No hay cloro, no hay lejía, hay poca luz brillante y la astillita de jabón debe alcanzar por varios días, así que no te enjabones demasiado cuando te bañes. Esa manchita se puede evitar con un poco de cuidado cuando andes en tus cosas, apaga la luz del cuarto cuando estés con ella.

-¡Ñó! Si sé eso no te hablo de los botones negros.


LinkWithin