Artiste Rosario HEINS

Posted: miércoles, 23 de noviembre de 2011 by yannier RAMIREZ BOZA in Etiquetas:
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C3H6N6 Formule brute

Posted: domingo, 20 de noviembre de 2011 by magali in Etiquetas:
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Les jeunes filles quittent la haute vallée. A 14 ans déjà adultes elles font leurs 40 heures par semaine. Pas de loyer, elles logent chez la sœur aînée et envoient chaque mois un mandat aux parents. Elle rêvent à leur trousseau et à l’amour de leur vie. Elle feront une famille qui s’assiéra sur des chaises en formica, autour de la table en formica face au buffet en formica achetés à crédit.

La mélamine, de nom chimique 1,3,5-triazine-2,4,6-triamine, est parfois dénommée cyanuramide ou cyanurotriamine. Sa formule brute est C3H6N6.

Chaque jour la famille prendra place. Le père aura la meilleure, la plus spacieuse entre le mur et la table, la mère lui fera face coincée entre le buffet et la table, à sa droite la plus petite encore dans sa chaise-haute et sur chaque largeur une enfant se tiendra droite devant son assiette de soupe. Le journal maintenu entre le pot de moutarde et la tête de cochon bouillie fera face au père.

Leur dureté et rigidité exceptionnelles, ainsi que leur bonne résistance à la chaleur, à la lumière, à la plupart des produits chimiques, à l'abrasion et au feu, expliquent leur succès dans l’immédiat après-guerre.

Le père aussi sera fatigué par 40 heures de travail surtout s’il fait les trois-huit. Nulle conversation ne pourra le perturber, aucun rire ne fusera autour de la table en formica. Mange ! Finis ton assiette ! Les poils qui sortent du nez de la tête de cochon bouillie brillent sous le néon de la cuisine. Les meubles en formica brilleront aussi sous la lumière vive comme le lino du sol de la cuisine.

Dans les années 1950, le Formica (censé « libérer la ménagère ») développa un engouement tel, que nombre de meubles anciens, souvent remarquables, furent purement et simplement mis à la décharge.

Puis le père pliera le journal et rotera bouche grande ouverte laissant l’assiette sale sur la table en formica. Il se lèvera et les pieds de la chaise en formica crisseront sur le lino de la cuisine. La mère froncera les sourcils et jettera un regard affolé à son beau lino neuf. Le père ira aux toilettes pendant que la mère débarrassera son assiette d’un geste mécanique. La tête déjà ailleurs. Elle rêve d’une table basse pour le salon avec un ensemble canapé-fauteuils assorti.

Deux autres applications importantes furent l'utilisation de gobelets, assiettes, couverts, prétendus incassables bien que ne l'étant pas (il suffit de laisser tomber un objet en mélamine sur un sol dur pour le constater), largement utilisés pour les enfants et le camping, ainsi que la fabrication de gadgets bon marché (cendriers, porte-clés...)

Le silence aura cessé autour de la table. Les pleurs de la cadette qui refusera de manger la tête de porc découpée dans son assiette. La mère finira de donner à manger à la petite qui s’en est mis tout autour de la bouche, vivement qu’elle mange seule ! Peut-être faudra-t-il acheter cet ensemble assiette-gobelet-couverts prétendument incassable et tellement bien décoré ? Au salon le bruit du corps du père qui s’allongera sur le vieux canapé et celui des feuilles du journal. Il ne quittera pas ses chaussures. Etendu là en maillot de corps blanc, la tête sur un accoudoir et les pieds sur l’autre. Déjà les ronflement du père retentiront. Les rires et les pleurs dans la cuisine monteront d’un cran sonore. La cadette reçoit une gifle sur la joue puisqu’elle ne veut pas manger, l’aînée rira méchamment et la plus petite encore coincée sur sa chaise-haute hésitera avant d’imiter l’une ou l’autre. La mère se dépêchera de finir la cuisine, allez ouste ! Allez jouer plus loin il y a trop peu de place entre la table en formica et l’évier de la cuisine. Taisez-vous ! Votre père dort. Les ronflements seront de plus en plus forts. Il rêve et il s’imagine samedi soir.

Un matériau obtenu (feuilles stratifiées, obtenues sous pression et ensuite décorées) plus connu sous le nom commercial de Formica en Europe, Arborite en Amérique du Nord, fut très largement utilisé dans les cuisines, bistros, restaurants, etc. pour sa très grande facilité d’entretien.

Les verres d’alcohol auront remplacé le journal dans les mains poilues. Accoudé au comptoir en formica du bistrot, il se moquera de la méchanceté et de la bêtise du contre-maître. Il comptera les mois restant du crédit à payer. Il se saoulera tandis que la mère et les trois gamines installées sur le beau canapé neuf, derrière la table basse en formica flambant neuf du salon, regarderont la télé. Canapé et table basse à crédit. Samedi soir.


Carlos Fernandez Montedeoca, El camino


Et où va-t-il nous mener ce feuilleton ?

Posted: lunes, 14 de noviembre de 2011 by magali in Etiquetas:
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- Cette lettre Silvio ? De quoi s’agit-il ? Ce rendez-vous chez le général… Parle, de quoi s’agit-il ?

- Ma beauté je suis comme toi, sauf que cela ne m’empêche pas d’être agréable mon cœur, de dire bonjour, de parler avec douceur, qu’est-ce qui me vaut l’arrivée d’une tigresse aujourd’hui ?

- Je crois avoir droit à des explications, je n’aime pas ces secrets, depuis quand ? Depuis quand as-tu des secrets derrière mon dos ?

- Il n’y a aucun secret, je vais tout t’expliquer jusque là où je pourrai. C’est pas ordinaire cette situation, crois-moi. Assieds-toi, je te prépare un café bien sucré, tu en as bien besoin à ce que je vois. Beaucoup de sucre pour adoucir ma tigresse...


Sheila Castellanos, shhhh...

- Je suis sur des charbons ardents depuis la lecture de la lette, ça ne me plait pas beaucoup ce rendez-vous chez le général et pour tout te dire encore moins que les instructions arrivent de ta bouche au compte-goutte.

- Tiens bois ça mon cœur, je vais fermer le salon et t’expliquer. Voilà, le général apprécie énormément notre travail. Il a été favorablement impressionné lors du dernier défilé de commémoration de la Révolution. Notre travail lui a énormément plu. Donc il demande à ce que nous nous rendions vendredi chez lui pour une soirée privée. C’est aussi simple que ça, on viendra nous chercher.

- Aussi simple que ça ? Mais à quelles conditions ? On va faire quoi exactement chez le général ?

- Ah ! voilà, on y vient, tu commences enfin à te montrer raisonnable, à rentrer tes griffes. Oh là là ! Yalili, contrôle tes nerfs ma belle dorénavant on va jouer dans la cour des grands ma beauté. Ces filles ! Une vraie boule de nerfs, c’est moi le plus heureux à préférer les garçons, ces nerfs ma chérie, ça m’épuise.

- Silvio !

- Oui, alors voilà, vendredi on viendra nous chercher dans l’après midi. Chez le général je te préparerai pour un défilé privé en l’honneur d’une fête qu’il organise, c’est tout, c’est aussi simple que ça. Bien sûr nous serons payés pour cela. Le double ma belle ! Tu vois, un bon boulot en somme.

- Ah oui ? Tu crois ça ? Tu crois qu’avec eux c’est aussi simple que ça ? Tu crois vraiment ça ? Silvio je ne te reconnais pas, ou le général te plait ou son mandataire te plait. Tu laisses tes penchants embrumer ta raison mon grand ! Tu es encore plus folle que ce que je pensais. Silvio, réveille-toi ! Tu les connais non ? Tu connais leurs promesses ? On risque de payer plus cher que ce que l’on va gagner… Non, je n’aime pas ça, ça ne me dit rien de bon.

- Mais mon cœur, on a le choix ? Tu crois qu’on a le choix ? Rien du tout, c’est comme ça, ce sont des ordres si tu veux bien comprendre. Je suis comme toi, embarqué dans la même histoire, c’est l’histoire de Yalili et Silvio chérie. On doit continuer, c’est notre feuilleton commun, celui qu’on joue ensemble.

- Oui, c’est bien ce que je comprends depuis la lecture de la lettre. Et où va-t-il nous mener ce feuilleton ?

- N’y pense pas trop, n’y pense même pas du tout, ok ? Tout ce que je sais c’est que depuis le début tu es une princesse et que tu portes ton pouvoir sur la tête. Je suis Silvio, celui qui te coiffe et te transforme au gré de son talent, je suis celui qui révèle ton pouvoir, je suis ton serviteur et je suis prisonnier de la même histoire.

Cuba Gotiando Arte

Posted: lunes, 7 de noviembre de 2011 by yannier RAMIREZ BOZA in Etiquetas:
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Somme de mon père

Posted: viernes, 4 de noviembre de 2011 by magali in Etiquetas:
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Sandra Ramos, Instalación
Les journaux crissent sous les pieds. Il y en a plein le sol et sur le lit aussi. Couché il tient les pages ouvertes face à lui. Les petits pas discrets, les petits coups à la porte. Pas d’effusion ni de spontanéité en entrant dans la chambre. Les draps dessinent et cachent son corps. Seuls deux bras tendus indiquent sa présence derrière le journal. Les petites font la queue en pyjama déjà, pantoufles aux pieds. L’une grimpe sur le lit, après l’autre, s’agenouille à ses côtés et baise rapidement la joue tendue.

Bonne nuit !
Bonne nuit !
Bonne nuit !
Il a tendu trois fois la joue et reprend déjà la lecture. Même pas tourné le visage, juste tendu la joue. Le cérémonial s’achève ainsi, l’une redescend du lit après l’autre, laissant la place à la suivante… La même place convenue, ni plus, ni moins. Libérées, maintenant chacune tourne le dos et l’imprimé fleuri d’un pyjama rivalise un temps avec la double page blanche marquée de signes noirs qui repose horizontale sur le couvre-lit. Tissu rose, fleurs mièvres, chatons joueurs, balles de mousse quittent la chambre. Il n’a pas lâché complètement le journal, ne pas perdre la page…
Encore un mot ? Fermez la porte !

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