Mais arrête le rhum mon coeur...

Posted: lunes 23 de enero de 2012 by magali in Etiquetas:
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Sheyla Castellanos, una falda muy grande
L’homme dont le visage était indescriptiblement banal avança la voiture devant le salon de coiffure. L’aventure commençait donc. Silvio avait rangé son meilleur matériel dans une petite valise. Il se sentait prêt pour une performance chez le Général. Yalili l’observait sans un mot, elle boudait. Silvio meublait le silence. Mon cœur, tu vas être époustouflante. Crois-moi et ôte de ton visage cet air de vierge acariâtre. Les hommes ne supportent pas ça, moi non plus ! Tu le sais bien, tu dois rayonner, tu dois arborer ta féminité sans en avoir l’air, une petite fille ingénue dans un corps de déesse. Titiller la testostérone de ces messieurs ma chérie, je sais ce que je dis et comment y parvenir. Je connais les hommes ma belle, je les fréquente assez… Tu vois tout s’explique ! On va les mettre à genoux, ils ne pourront plus se passer de nous, mais pas une attaque frontale, non, mon cœur. Leur orgueil de vieux machos n’y résisterait pas, tout en douceur, l’air de rien, on va les allumer. Crois-moi, allez souris ma belle ! Tiens prends un verre de rhum tu verras ça va te faire du bien, moi j’ai déjà bu ce qu’il fallait, ne me regarde pas ainsi, pas de reproches ok ? J’ai partagé avec Oshún, elle est tellement gourmande. Je me suis occupée d’elle ce matin. Ah, ces femmes, vous allez m’épuiser mes chéries. Regarde comme elle belle, paisible et douce mais une vraie putain, regarde-là ! Inspire-toi !
Yalili tourna les yeux vers l’autel où trônait la déesse. Silvio avait déposé ses offrandes dans de petites coupes autour de la statue. Les vêtements d’Oshún brillaient, tout était orangé, doré autour d’elle, comme un soleil à ses pieds.


La préoccupation qui habitait Yalili depuis que le rendez-vous chez le Général avait été fixé n’avait pas échappée à sa mère. En silence cette dernière avait ouvert un flacon de verre qui contenait un liquide transparent. Viens là, assieds-toi je vais te frictionner la tête. Ne t’en fais pas, c’est ma marraine qui l’a préparé, tu dois recevoir sa bénédiction quatre fois puis une dernière fois, cinq heures avant d’y aller. N’oublie pas que tu portes ton pouvoir sur la tête. Décidément se dit Yalili les Orishas veillent, un sourire se dessina sur ses lèvres, puis elle émit un léger rire qui n’échappa pas à Silvio. Enfin ! Je te reconnais maintenant dit Silvio ravi de la voir se détendre. Mais arrête le rhum mon cœur tu vas devoir marcher sur de hauts talons, onduler chérie, balancer tes hanches, ondoyer et flotter, tu vas les ensorceler ce soir.

Yalili observait le visage du chauffeur dans le rétroviseur intérieur, il les avait à peine regardés, à peine salués, juste un léger signe de tête avant d’ouvrir la portière arrière à Yalili. Le visage de cet homme ne pouvait pas être décrit pensa-t-elle. On les fit entrer par l’arrière de la résidence, un portail métallique sombre qui s’était ouvert comme par magie, la voiture avançait au pas. Un jardin tropical touffu et luxuriant bouchait la vue. On ne distinguait rien de l’avant de la maison, impossible de savoir combien de voitures étaient déjà garées... Impossible de connaître leur marque... Impossible d’apercevoir les invités… Un mur invisible les séparait. Yalili se dit que ce qui advient convient, il était sans aucun doute préférable d’en savoir le moins possible. Elle allait maintenant leur mettre de la poudre aux yeux, les bluffer. Elle sentait que ce serait une très belle performance. Silvio lui ouvrit la portière et elle lui saisit doucement la main pour descendre. Elle se sentait déjà légère et forte, elle porta sa main à ses cheveux et les caressa dans un geste automatique qui n’échappa pas à Silvio. Viens, mon cœur, on y va, tu es déjà magnifique lui murmura-t-il sans lui lâcher la main. Ils entrèrent ainsi par l’arrière de la résidence.

Engine sex

Posted: sábado 14 de enero de 2012 by magali in Etiquetas:
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Yoan Capote & Liset Castillo

Si tu ne te plaignais pas aussi souvent ! Rien ne serait arrivé.


C’est une belle excuse, je me plains comme tout le monde ici, ni plus ni moins.

Tout le monde, j’en ai rien à faire, moi j’en ai ras le bol de t’entendre. T’es jamais contente. Maintenant avec la moto de la vieille je pourrai ramener plus d’argent ici. Tu connais le prix d'une course ?

J’en ai rien à faire de l’argent, c’est toi qui compte Amador, toutes ces années ensemble, tout ce qu’on a vécu, tout ce qu’on a passé ensemble, notre fils, c’est pas l’argent.

Je passerai, je serai là tous les jours, je tiens à voir mon fils.

Ton fils ! Tu oses parler de ton fils alors que tu quittes la maison ! C’est de toi que ton fils a besoin, pas de tes billets. D’ailleurs si billets il y a !

Tu vois, tu recommences, dis que je suis un incapable, dis-le… Je vais bien te prouver que non.

C’est ensemble que nous devons trouver une solution, c’est pas en allant vivre avec cette vieille et sa moto, tu sais où elle peut se la mettre sa moto ?

Calcule ce que je vais gagner chaque jour avec la moto.

C’est peut-être pour la moto mais je vois bien qu’il y a autre chose, elle te plait, avoue. D’ailleurs est-ce qu’elle est vraiment vieille ? C’est toi qui le dis. Je te connais va…

Tu cherches la bagarre, je me sacrifie et toi encore à te plaindre. Ça suffit pour aujourd’hui, j’en ai assez entendu. Je me barre, je passerai demain.

C’est ça, file, pars avec ta moto et tout ce qui va avec, moi aussi je vais en trouver une de moto. Je vais faire pareil et qui s’occupera de mon fils ? Hein ? Je le donnerai à ta vieille pour qu’elle le garde pendant qu’on fera de la moto. Encore une de tes idées foireuses. La maison va nous tomber sur la tête et tout ce que tu trouves à faire c’est d’aller vivre avec cette femme. Quel courage !

Continue, continue Ana-Paula, Ana-Paula Pérez Camacho, la courageuse, la sans reproche ! Moi je dégage. Salut !

Chapitre drague, page 17

Posted: jueves 5 de enero de 2012 by magali in Etiquetas:
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El jíbaro Pedro L. Lazo, por Livan Fuente
 Mon amour, tu es la femme de ma vie. Je le sens, je le sais.


Tiens, le guide disait vrai…

Tu es belle, tu es une princesse, je veux te rendre heureuse. Je ferai tout pour toi et pour tes enfants. Tu peux avoir confiance.

Martín m’a plu immédiatement. En short, ses cuisses épaisses et musclées font de lui un homme puissant. Il me parle librement et avec naturel. Deux représentations se livrent bataille en moi : celle de l’homme idéal et celle du dragueur professionnel... On se connaît depuis quelques heures seulement.

Mon amour, je suis prêt à tout avec toi, je suis prêt à aller très loin.

Ses yeux noirs et rieurs sont fixés sur moi sans vergogne. Pendant quelques secondes j’ai l’impression que Martín est l’homme que j’attends depuis toujours. L’homme de ma vie, comme il dit. Je me trouve ridicule à penser ça. Les femmes seules doivent voyager avec une certaine prudence, ici la drague est un sport national, les cubains sont prompts à lier amitié et plus si affinités. Je me demande si c’est un mec frustré qui a rédigé le guide ou plutôt une nana à cheval sur les principes ?

Une belle femme comme toi ne peut pas rester seule, c’est un péché. Je te promets de faire de toi la plus heureuse des femmes. Je suis sincère, tu entends mon amour ? Je veux qu’on ne se quitte plus jamais, qu’on soit ensemble pour la vie. Je veux t’épouser.

La demande en mariage peut faire partie de leur rituel de drague. Page 17.
Quatre heures qu’on est ensemble et il me demande en mariage. A combien d’étrangères a-t-il déclaré sa flamme de la même façon ? Je ne vais quand même pas lui parler de Mai 68, de la liberté sexuelle et tout le tralala. Je reconnais cependant qu’il me fait les plus beaux compliments que je n’ai jamais entendus, pas même le père de mes enfants ne m’avait parlé ainsi. Je me sens belle, je me sens sexy, je me sens forte et surtout je me sens heureuse. C’est agréable. Je sens fondre toutes les défenses accumulées par une expérience respectable en matière d’amour et de sexe, un savoir empirique que j’assume entièrement... Je suis en effet une femme libérée et voilà qu’on me demande en mariage. C’est un comble. Au secours !

Je sais que tu as besoin d’un homme avec toi, je suis cet homme. Tout me plait en toi, tes yeux, ta bouche, ta peau, ton corps et même tes petits grains de beauté. Tu es un soleil. Tu vois on a fait l’amour je pourrais abandonner l’affaire, mais non, au contraire je veux être ton mari, je veux être à toi.

Récapitulons. Quatre heures qu’on se connaît. De grands séducteurs qui ont fait de la drague un véritable sport national. Que ne feraient-ils pas pour séduire une femme ? Toujours page 17. Quatre heures de bonheur. Récapitulons ou capitulons ?

Penser à toi en 2012

Posted: lunes 2 de enero de 2012 by magali in Etiquetas:
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Pour Toñi, para siempre...

Penser à toi en 2012 c’est penser à quelqu’un qui n’a jamais voyagé. Quelqu’un qui a passé sa vie sur une île de 1200 kms de long et tout au plus 300 de large sans jamais en franchir les frontières. Peut-être quelques voyages à la capitale ou dans d’autres provinces où tu as parfois rendu visite à la famille ou aux amis ? Mais cela ne te plaisait pas. La mer non plus ne te plaisait pas. Tu n’y allais jamais et puis ta peau claire n’y aurait pas résisté. Tu as passé 57 ans dans ta ville au bord de la baie sans jamais t’en éloigner.


Penser à toi c’est évoquer quelqu’un qui pendant 57 années n’a finalement jamais quitté Santiago de Cuba. Cela peut faire sourire. Certains esprits éclairés diront un brave couillon celui-là, un vrai con quoi. Qu’a-t-il bien pu faire pendant tout ce temps dans la même ville ?

Penser à toi en 2012 c’est aussi dire que tu ne disposais ni d’Internet, ni d’un téléphone portable. Tu n’as même jamais eu l’idée d’en avoir un et la ligne téléphonique à la maison ne comptait pas l’international. Eh bien ! Quel ennui ce mec. Quelle petite vie que la sienne. Et ça existe des gens comme ça ? Sans même un passeport ?

Il y a encore des gens qui vivent ainsi sur la planète ?

Oui, bien sûr.

Que font-ils ?

Vas-y, tu verras.

Le poids des bagages

Posted: lunes 19 de diciembre de 2011 by magali in Etiquetas:
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Esterio Segura, aeropuerto
Le billet stipulait le poids du bagage : 23 kilos, pas un de plus.
Plusieurs mois déjà que Andrés ne fermait pas vraiment l’œil. Récapituler les cadeaux achetés, les manquants… Récapituler la liste d’effets personnels indispensables puis recommencer avec les cadeaux. Il ne pourrait froisser personne, ni sa mère, ni ses frères, ni ses belle-sœurs, ni ses amis, ni même ses plus proches voisins. Il ne pourrait pas avoir l’air d’un globe-trotteur dans le style vieux jeans, T shirt délavé et baskets usées. Il faudrait qu’il donne l’impression de son bonheur et de sa réussite. Oui. Il se souvenait des moqueries que lui-même et ses amis, mais il n’avait pas encore quitté l’île, réservaient aux touristes. Des pouilleux qui n’avaient personne à qui donner à laver leur linge sale, des pauvrets avec un sac à dos rempli d’habits puants alors qu’ils avaient en poche assez d’argent pour acheter cash un lave-linge et offrir ce rêve inaccessible à n’importe qui. Immédiatement. Non vraiment ! Quel plaisir pouvait-il y avoir à marcher sous le soleil, attendre un bus avec un ballot d’effets personnels aux couleurs douteuses. Ils imaginaient plutôt leurs vacances dans un hôtel confortable avec bar-restaurant, piscine privée, plage, magasins exclusifs et service de blanchisserie. Le jour où ils pourraient…

Andrés se remémorait cela et savait bien qu’il ne pourrait pas avoir l’air d’un globe-trotteur. Non. Chemises impeccables, pantalons de lin, chaussures vernies, sandales de cuir, à la mode cubaine. Mais les chaussures chacun sait que ça pèse lourd et que ça prend beaucoup de place dans un bagage, surtout quand on chausse du 46 et qu’on a seulement droit à 23 kilos, pas un de plus. Il faudrait peut-être choisir entre une paire légère de tennis de marque et les chaussures… surtout s’il voulait amener à sa mère plusieurs paires de nu-pieds vraiment pas chers et tellement jolis.

Il verrait… Il faudrait peser encore une fois.

Autour de lui ses compatriotes exilés se montraient heureux de ce départ, comme si par personne interposée ils voyageaient aussi. Le téléphone sonnait plus souvent que d’habitude, les visites se multipliaient. Les discussions portaient invariablement sur les bagages. Le premier à oser fut Gregorio. Il voudrait faire passer à sa famille quelques boites de médicaments ; aussitôt Daisy lui emboîta le pas. Elle voudrait faire passer à sa grand-mère un tensiomètre, tout petit petit… Andrés pensait à nouveau à ses chaussures, ses vestes et pantalons en lin, son nécessaire de toilette. Il faudrait qu’il se parfume et offre des parfums. Le parfum n’est-il pas un symbole français ? Comment arriver de France sans parfums ? Oui. C’était évident quand même ! Tandis que Daisy expliquait les détails de la maladie de sa grand-mère, il n’écoutait plus, il pesait mentalement ses bagages. Chacun connaissait la situation de Gregorio, il avait repris la parole, je ne peux pas rentrer au pays pour l’instant, vous savez bien que ma situation est compliquée. Ma famille réclame des médicaments. Andrés choisissait mentalement les chemises impeccables, pantalons de lin, chaussures vernies. Il disait oui, oui, je verrais ce que je peux faire. Il accumula dans un coin du salon les paquets en attente. Le billet stipulait le poids du bagage : toujours 23 kilos, pas un de plus. Andrés ne fermait plus l’œil. Dire oui ? Dire non ? Il ne pourrait froisser personne. Récapituler les cadeaux achetés, les manquants… Il ne pourrait pas avoir l’air d’un globe-trotteur. Comment arriver de France sans parfums ? Il verrait. Le téléphone sonnait de plus en plus souvent.

Cette nuit-là Andrès fit un rêve, il imagina des vacances dans un hôtel confortable avec bar-restaurant, piscine privée, plage, magasins exclusifs et service de blanchisserie…

País de Orishas présente ses parcours de fin d'année

Posted: sábado 10 de diciembre de 2011 by magali in Etiquetas:
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País de Orishas présente ses DVD
Il était grand temps de réunir nos  videoorishas sur un support artistique. 
eh bien c'est fait !

Parcours artistique

Parcours accoustique

Parcours sympathique

 Parcours Montpellier-Cuba
et

País de Orishas présente en collaboration avec la plasticienne
Isabelle Marsala
ses objets d'art : productions uniques, exclusives, curieuses mais toujours artistiques réunissant ainsi les textes choisis de
Sex on the story 
Chroniques d'ici
Chacun cherche son Che  et la peinture de
Isabelle Marsala


País de Orishas présente avec plaisir ses objets rares et curieux.





Langue de vipère et homosexuel

Posted: jueves 8 de diciembre de 2011 by magali in Etiquetas:
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Belkis Ayón, artiste cubaine, Vamos (1993)
Colografía; 100 x 68.5 cm

Langue de vipère et homosexuel. C’est un bon début pour parler de ta fin. Un mail de quelques lignes mêlant tragique et joies quotidiennes est entré dans mes yeux, dans mon cerveau et a percuté mon cœur. De l’écran j’ai reçu la nouvelle. Un coup de poing qui arrive depuis là-bas non pas avec la vitesse d’un airbus mais avec le même impact qu’un airbus traversant les nuages. Un coup de poing en plein cœur qui annonce en deux lignes qu’avec beaucoup de tristesse on vient de perdre le mois dernier notre cher ami Toni, notre ami aimé et estimé.

Malou n’a jamais su pourquoi on l’appelait Toni la sorcière. Toni la Bruja. Qu’avait-il d’une sorcière ? Sa langue de vipère en faisait le meilleur compagnon les nuits de bohème. Malou partageait avec lui sous les ficus emplis d’oiseaux endormis les longues conversations entrecoupées de chansons reprises en cœur. Le répertoire de la Vieille Trova mêlé à quelques compositions de la Nouvelle Trova et même de la Toute Nouvelle Trova. Celle de William, celle de Rubén, celle qui s’enracine chez toi à Santiago et qui vit et revit à l’infini.

Te souviens-tu Toni, mon ami, mi amor, de la chanson du Cimarrón ? de celle du Cocuyo ? Notre ami aimé est parti, le crabe l’a emporté vite vite. Pas le temps de savoir. Depuis quand ? Comment ? Pourquoi toi ? Rapidement. Ton agonie a été méconnue. Plutôt qu’agonie le mail dit que ta convalescence a été secrète. Convalescence. Comme si tu allais guérir alors qu’il s’agissait de mourir. Les distances en deviennent risibles. Putain de crabe à 9000 kilomètres de moi, le mois dernier, tu as gagné la partie. Alors Toni, mon cœur, tu avais dansé ton dernier Carnaval de juillet, le savais-tu ?

La sorcière parce qu’en quelques mots justes Toni pouvait laisser entendre toute sa pensée poétique, philosophique et politique. Quelques métaphores bien envoyées qui laissaient les bras ballants à ceux qui en voulaient à sa liberté d’être. D’être. D’être homosexuel aussi. Malou a toujours compris son goût pour les jolis garçons, comment aurait-on pu le lui reprocher, dans ce pays où la chaleur, la sueur, l’odeur des corps et leur couleur sont une invitation permanente à l’amour ? En Toni un mélange de raffinement et de désordre dont seuls les êtres complets peuvent se targuer. Rôdeur nocturne, entouré de garçons qui lui faisaient compagnie sur les bancs des places de la ville. Céspedes, Le Boulevard et La Placita et puis tes lieux secrets de drague. A chaque heure de la nuit il savait où aller et pourquoi il y allait.

On vient de perdre notre cher Toni mais Ferni a fêté l’anniversaire de sa petite fille, avec clown et tout. On a pensé à vous et aux moments qu’on partagera encore, bientôt. Je viens de gagner une mention spéciale au concours international de poésie Nósside. C’est ainsi mes amis, la vie continue.

Un mail de quelques lignes mêlant tragique et joies quotidiennes est entré dans mes yeux, dans mon cerveau et a percuté mon cœur. L’ombre de Toni, ses cheveux clairs et bouclés, son corps mince assis sur un banc une nuit chaude et étoilée. La sorcière parle et drague.

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