Jennifer Martinez

Posted: domingo, 31 de octubre de 2010 by magali in Etiquetas:
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Jennifer Martinez adore son lycée. C'est cool ! D'abord elle y a de super copines et puis l'ambiance est géniale. Du haut de ses 16 ans elle se sent vraiment bien. Les mecs sont à ses pieds, depuis qu'elle a fait son premier percing l'an dernier, ça n'arrête pas. A croire que chaque trou laisse échapper une dose de sex appeal supplémentaire. C'est simple, elle a commencé par l'oreille et vlan ! Elle s'est fait Lucas le week-end même. Elle en rêvait depuis septembre. A Noël ses parents lui ont offert son deuxième percing, au dessus de la lèvre, comme un grain de beauté de pin-up américaine. Premièrement ses parents avaient intérêt à accepter sinon ils allaient voir... Toutes leurs engueulades depuis des années, RAS-LE-BOL, elle se demande ce qu'ils foutent ensemble ces deux là ? Deuxièmement comme sa mère voulait se faire percer ou percinguer, elle sait pas trop comment on dit, eh bien elle était mal placée pour refuser. Troisièmement c'était son cadeau de Noël. Quatrièmement et dernièrement elle est fan de J.Lo (comprenez Jennifer Lopez) ça ne s'invente pas quand même. Elle s'est vite rendue compte qu'entre elle et J.Lo y'avait un truc fort, trop fort. D'abord c'est pour ça qu'elle s'appelle Jennifer, sa mère adoooore aussi J.Lo, donc elle c'est J.M et puis J'em et puis J'M (J'aime). Un vrai nom pour une vraie sex symbol, une pin-up comme lui dit sa mère. Donc avec toutes ses bonnes raisons, elle a eu son nouveau percing et vlan ! En pleines vacances elle est sorti avec Mickaël. Le super mec de la classe, celui qui a toutes les filles à ses pieds, eh bien voilà, emballé pour Noël. Deux cadeaux pour le prix d'un.

Ensuite Jennifer a hésité sur l'endroit du troisième percing, le sein ? Droit ? Gauche ? Plutôt gauche, le côté du coeur, enfin elle demandera à nouveau à Mélanie. Elle ne se souvient pas à 100% de quel côté est le coeur. Oui mais le problème comme le lui a expliqué Mélanie c'est que :

- le sein tu vois ça se voit pas, tu vois ?
- Ah ouè c'est vrai, juste l'été, vite fait, sur la plage. Merde.
- La langue alors ? Super sexy la langue.
- Ok c'est parti pour la langue.

Non incroyable. Vlan ! Vlan ! Vlan ! Elle a collectionné les supers pointures ce trimestre : Re-Lucas (et oui !), Dorian le mec de la Terminale STG le plus musclé du bahut et aussi son pote Jonathan Gutierrez. Jennifer Martinez et Jonathan Gutierrez elle est pas belle la vie ?

Un super couple, toutes ses copines en bavent, surtout Mélanie qui rêvait de se faire Jonathan depuis l'an dernier. Maintenant elle hésite à se faire un quatrième percing, d'abord où ? (Peut-être dans le décolleté, au creu des seins quoi) mais ses parents s'engueulent de plus en plus grave, sa mère qui pleure tous les jours au téléphone. Ambiance zéro à la maison, et puis deuxièmement elle hésite quoi... Quatre percings se serait vraiment BEAUCOUP BEAUCOUP de sex appeal. Elle ne sait pas si elle pourra gérer... En fait c'est à cause des vacances de Toussaint, du programme « Ecole ouverte » de cette année. Un programme d'enfer, tout gratuit, c'est l'école qui paie.


Programme Ecole ouverte :

Samedi 23 octobre : Paint-ball + Paella
Lundi 25 octobre : Lasergame + Repas au Subway
Mercredi 26 octobre : Re Lasergame + Repas au Subway
Mercredi 27 octobre : Kart/bowling + Pizza Pino
Jeudi 28 octobre : TEMPLE DU FOOT (c'est écrit comme ça sur le programme)
Vendredi 29 octobre : Ateliers de danse Hip Hop + repas au palais des sports


Elle avait peur qu'ils proposent le festival du cinéma méditerranéen, un truc super chiant où vont les vieux pour voir des films qui sortiront jamais au cinéma ou alors pendant une semaine et vite fait à la séance de 22h. La plupart de ces films sont bien sûr en Version Originale. Tu vois la séance ? Un film lent et mou, des acteurs inconnus et moches (on verra jamais J-LO dans ces trucs pourris) qui parlent ou plutôt qui baragouinent une langue méditéranéenne, mettons l'Espagnol dans le meilleur des cas. Toujours très branché à Montpellier l'Espagnol, ou dans le pire des cas le Roumain, le Serbe et pourquoi pas le Serbocroate ?

L'an dernier, la prof d'espagnol du lycée a organisé une sortie au Ciné Méditerranéen, putain la prof ! Elle s'est retrouvée seule à la fin du film avec le « Péso ». Le « Péso » c'est un gars de la classe depuis l'an dernier on se le coltine (comme la prof d'espagnol d'ailleurs). Mélanie et moi on lui a donné ce surnom. C'est un abrégé de Pédé et Puceau ! Tu vois le mec ? Quand il a compris qu'on l'appelait comme ça il a ri, il n'a même pas demandé pourquoi, il a juste dit : « Ça me plait bien ce surnom, je viens de Cuba les filles, et là-bas l'argent c'est le « peso», c'est plutôt marrant comme idée, ça change de Pablo, merci les filles! » Et nous on était pliées de rire. En plein cours. Comme si on savait quelle monnaie ils ont à Cuba, en plus franchement c'est pas connu du tout. La gueule du mec, du Peso ! Donc lui il est resté tout seul avec la prof. Moi à chaque fois que je suis en cours d'espagnol au début de l'année j'ai droit à la question : « Tu es d'origine espagnole ? » Je sais pas pourquoi les profs d'espagnol ils ont toujours envie que je sois d'origine espagnole. Moi j'en ai rien à foutre que mon arrière grand-père ou je ne sais plus qui soit venu soit disant d'Espagne à un moment donné, pauvre et misérable, c'est bon, il faut changer d'époque, ok ? Moi je suis presque née au 21°siècle, tu vois ? Je suis née à Montpellier, je suis Française. Encore que cette prof elle a eu une seconde d'hésitation lors du premier appel au début de l'année, elle a levé la tête et nos regards se sont croisés, elle a rien dit, elle a baissé les yeux et a continué à faire l'appel sans me poser la question débile. Moi, l'espagnol j'y comprends rien et ça ne m'intéresse pas du tout. Sauf Ibiza bien sûr, j'en rêve, mais les profs on voit bien qu'ils n'y sont jamais allés.Tu parles. Alors au ciné méditerranéen nous, on s'est donné le mot avec nos portables et à 16h44 pile (je me rappelle encore l'heure exacte, c'était trop drôle...) on s'est tous levés et on s'est barrés. Le bordel dans la salle. Morts de rire.
Enfin tu vois je raconte ça vite fait. Pour dire que ce lycée c'est génial, le programme des vacances de Toussaint : J'ADOOOORE ! J'ai envoyé un texto à Mélanie pour qu'elle se connecte sur m.s.n pour en parler :

J'M :
Voilà, j'hésite à me faire le nouveau percing car devine c'est qui qui nous accompagne au Pint-ball, Lasergame, Subway, Pizza Pino, enfin à tout quoi ?
Mélo :
Jonathan ?
J'M :
Nn, devine ?
Mélo :
Lucas ?
J'M :
Nn ? Tu vois pas c'est qui ? C'est CLEMENT ! Le pion qui a au moins 24 ans et que j kiff à fond. J'ose même pas le regarder tellement il est beau. J'arrête pas d'aller à la Vie Sco pour le voir et pour lui parler, maintenant i me connaît.
Mélo :
Comment ça i te connait ?
J'M :
I dit : Jennifer Martinez c'est ça ? Première STG 1 ? Et moi je suis toute contente, je dis oui, oui, tu me connais maintenant ?
Mélo :
Tu le tutoies ? Il a rien dit ?
J'M :
Non, il a pas relevé quand je l'ai tutoyé. Je crois que j'ai la cote avec lui. Putain, j'l kiff trop ce mec. En tout cas il est super sympa, il plaisante, il stresse jamais. Il est trop chou, trop enfin je sais pas, il est trop tout.
Mélo :
lol ^^
J'M :
T'as compris c'est lui qui nous accompagne, je suis sûre que le programme des vacances c'est lui, c'est bien son genre : Paint-ball, Lasergame. J l'imagine déjà moulé dans son gilet, un super pistolet à la main, c'est dommage le casque...
Mélo :
Pourquoi dommage ?
J'M :
Ah ! Pourquoi ? Ben, je pourrai pas voir sa super super frimousse. Mais bon... J'flippe un peu quand même... ok j'suis un sex symbol, une pin-up (ma mère), j'suis super percinguée, les mecs du lycée me kiff, mais là c'est un HOMME. Il a 24 ans.CLEMENT. Alors STP dis-moi est-ce que je me le fais ce putain de quatrième percing ?







Alors voilà, Nel a une petite amie, elle est belle, son prénom c'est...

Posted: miércoles, 27 de octubre de 2010 by magali in Etiquetas:
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- Aide-moi à tirer la valise de sous le lit.
- T'as vu l'heure ? Hein, tu as vu ?
- Arrête un peu, je te dis qu'il y avait des bouchons autour de l'aéroport et puis les taxis n'ont pas voulu me prendre seule pour le retour. J'ai du attendre.
- Ferme-là, toujours avec tes histoires. Maintenant dépèche-toi. Ma parole, on dirait une ministre ou un agent secret à t'entendre. Avec tes histoires. Dis plutôt que tu lui as joué tes plus beaux au-revoir à ton Yuma. Ah ! Ah ! Ah ! J'imagine ça d'ici.
- C'est ça, mais mes histoires te font bouffer non ? C'est pas facile, et si en plus tu t'y mets. Ouvre la valise au lieu de raler pour rien.
- Pousse-toi un peu. Putain elle est pleine à craquer. Oh là là ! Regarde mon amour, toutes ces belles choses, allez vas-y sors-les. Ouah le jean ! Regarde il est fait pour moi et ces pompes ! Du cuir ma chérie, du cuir. Qui c'est qui va ressembler à un vrai Papi ? Ton Papi Mamour...
- Oui Mamour ! Et regarde ce qu'il m'a amené, non mais avise un peu ! Des dessous de toutes les couleurs, quel cochon ce mec. Avec son air de fils à papa coincé, quel porc, ah ouè ! Bien fait. Il me verra pas avec ses petites culottes le con. Arrête de rire, c'est pas facile crois-moi.
- Allez mon chou détends-toi un peu, c'est fini, là. Pense que c'est ton Papito qui va te les enlever tes petites culottes, tu vas bien en garder deux ou trois quand même !
- Nel, va chercher un autre sac au lieu de dire des conneries. Tu sais j'ai une idée. Je vais faire plusieurs petits sacs, ni vue ni connue, facile à transporter. Même les voisins y verront que du feu. Si on m'arrête je dirai que je vais laver mes fringues chez une amie car y a pas d'eau à la maison. Pas de souci. Ouvre le sac, ici ses chemises, les chemises d'homme c'est plus facile à vendre. Non pas ça, enlève tes mains, tiens le sac ouvert, c'est pas compliqué ?
- Grouille-toi si tu veux aller vendre à Miramar aujourd'hui.
- Ouè, j'ai presque fini, je verrai après pour les parfums et les affaires de toilette. Je vais tester un peu les clientes aujourd'hui. Putain le mec, sens-moi ce parfum, Kenzo, du vrai de vrai. Nel, essaye-le pour voir... Hmmm génial... Il a quand même bon goût le Yuma ! Et celui-là ? Armani ? C'est pour mec ça ? Vas-y pour voir ? Ouf ! Ah ouè, c'est pour mec, c'est sur. Et celui-là ? Sûr que c'est pour moi « Amor Amor » ! C'est un romantique quand même ! Oh qu'il sent bon ! J'adore. Le luxe Mamour. Si le luxe a une odeur, sûr que c'est ça : « Amor,Amor »...
-C'est facile d'avoir bon goût avec la thune. Bientôt tu vas me dire que tu es amoureuse ou quoi ? Toutes les mêmes, sors les biftons et elles t'adorent. De vraies petites putes, tu vas voir ce soir je vais te rappeler qui c'est ton Papi, tu entends petite putain ?
- Ah ! Ah ! Ah ! Mais t'es jaloux maintenant ? On aura tout vu et tout entendu. C'est pas facile, bordel, non c'est pas facile, ces mecs... Et dis-donc en parlant de mec, c'est quand qu'il arrive l'Italiano ? Il a dit quoi dans son dernier mail ? Putain, c'est pas facile Nel ! A peine le temps de respirer entre deux avions Mamour.

Quand le vol 7227 décolle de La Havane «en tiempo » Nemesia sèche ses larmes. Le retour vers la vraie vie, c'est pas facile. Elle observe sa ville par le hublot, son Malecon chéri, ses immeubles déglingués mais tellement beaux, la mer, sa mer, sa seule mer chaude et douce comme un ventre. Et puis à quelque part elle imagine la maison, sa maison et sa famille bien sûr qui doit déjà vaquer à ses occupations. C'est pas facile. Elle aussi devra s'y mettre dès son retour. Pas trop de temps pour penser : retour à l'hôpital, le boulot. Heureusement son mari l'attend avec pleins de surprises et puis les surprises qu'elle va lui offrir elle aussi. Nemesia se détend en pensant à lui et à elle, à sa gentillesse. Elle sourit et ferme les yeux.

- Excusez-moi mademoiselle, je vous dérange j'ai fait tomber mes lunettes sous votre siège.
- Non, non, voilà
- Merci. Vous êtes cubaine n'est-ce pas ? Excusez-moi de vous demander ça mais là je suis encore sous le choc du départ. C'est tellement dur de partir... Alors j'imagine que pour vous...
- Non, vous ne me dérangez pas, je vous en prie. Oui, je suis cubaine. C'est vrai que le retour n'est pas facile. Vous connaissez Cuba ?
- Oui, enfin c'est à dire que ma fiancée est cubaine.
- Ah d'accord ! Alors vous connaissez bien les cubains aussi ?
- Oui, oui. Enfin, je connais bien sa famille, ses amis et puis les voisins du quartier, elle habite dans la Vieille Havane. C'est très touristique et c'est très joli, même si certains immeubles... enfin les immeubles sont tous très beaux et très vieux. Elle habite seule avec son frère dans un petit appartement depuis la mort de leurs parents. C'est une grande maison divisée en plusieurs appartements avec une cour intérieure et des balcons à colonnes à chaque étage. C'est vraiment très beau. Et vous, vous êtes de La Havane ?
- Oui je suis de Miramar, la 50ème rue, près de l'acquarium, c'est loin du centre ! Mais c'est très joli aussi. De larges rues avec de petits jardins devant chaque maison, c'est charmant aussi.
- Oui bien sûr ! Je connais un peu Miramar, j'y suis allé plusieurs fois avec le frère de ma fiancée. Je pense que c'est calme ? Parce que la Vieille Havane c'est pas vraiment ça. Moi on m'a volé ma valise le lendemain de mon arrivée.
- Oh ! Je suis vraiment désolée. C'est triste que de telles choses arrivent.
- Oui, sur le moment j'étais vraiment embêté car je me suis retrouvé sans rien. Sans habits ! Et puis j'avais acheté pas mal de choses pour ma fiancée. En juillet j'ai profité des soldes avant de partir et j'ai tout perdu.
- Mais il ne vous est rien arrivé j'espère ? Je veux dire à vous ?
- Non, les voleurs se sont introduits dans la maison pendant qu'on était sortis. C'est sûrement des gens du quartier qui sont jaloux de ma fiancée, c'est ce qu'elle m'a expliqué. Alors quand on est rentrés ils avaient vidé l'appartement. J'ai tout dû racheter : les ventilateurs, le lecteur DVD, heureusement ils n'ont pas pris la télé ! Elle est trop lourde je crois. Ils ont pris aussi mon portable, mon I Pod, celui de ma fiancée et celui que je comptais offrir à son frère. J'avais acheté un petit ordinateur portable pour la maison, ils l'ont pris et puis ma valise. Toutes mes affaires. J'avais encore rien eu le temps de sortir, je venais d'arriver...
- Oui malheureusement ces choses arrivent parfois. Mais c'est rare quand même, quel dommage que ça soit tombé sur vous. Je suis désolée, vraiment, j'espère que cela n'a pas gaché votre séjour ?
- Non, une fois la colère passée, je me suis dit que finalement c'est que du matériel, rien de grave. Et puis j'ai trouvé pas mal d'articles à acheter ici ou là, vous comprenez ? Notamment à Miramar d'ailleurs ! C'est le frère de ma fiancée qui m'y a emmené, Nel, c'est un débrouillard. Avec lui c'est pas compliqué. Il sait où trouver les choses qui se revendent sous le manteau, c'est moins cher, vous comprenez ? Et il sait comment y aller. Je m'entends bien avec Nel, c'est un gars pas compliqué. Très serviable. Quand j 'arrive il nous laisse l'appart à sa soeur et à moi, il va dormir chez un copain. Mais il est toujours là pour donner un coup de main. Très serviable.

Gymnastique Marxiste

Posted: jueves, 21 de octubre de 2010 by yannier RAMIREZ BOZA in Etiquetas:
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Séance gratuite de gymnastique marxiste, un animateur oral et textuel, un animateur gymnique et chorégraphique, aucunes contre-indications, tout est possible sauf la compétition.

Dancing

Posted: sábado, 16 de octubre de 2010 by yannier RAMIREZ BOZA in Etiquetas:
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Quand les dieux jouent (3/3) : Obatalá

Posted: viernes, 15 de octubre de 2010 by magali in Etiquetas:
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Cette année Sonia ne va pas à Cuba. Elle a changé de travail et n'aura pas de vacances cet été. Comme chaque année elle a attendu ce moment. Elle a prévu à l'avance les achats de conséquence, la garde-robe appropriée. Tout est soigneusement plié. Tout est emballé, les consignes sont données : María apportera ce paquet à sa mère, Danielka celui-ci à sa soeur et Liset celui-là à sa belle-soeur et aussi celui-là à Tante Cristina. Ensuite chacun a des consignes précises à l'intérieur des paquets afin d'en répartir le contenu entre les différents membres de la famille. Sonia rêve au moment où chacun ouvrira son paquet et y découvrira ce qu'elle y a envoyé. Ses amies cubaines sont parties une à une.

Au téléphone Sonia écoute les remerciements, les rires, les voix. Elle a le coeur un peu serré, elle ferme les yeux et se concentre sur les voix familières en se remémorant les mimiques de chacun, l'expression des visages aimés. Un mois c'est vite passé... Et puis elle a organisé une soirée pour le retour de ses amies. Elle va cuisiner et elles vont lui raconter... Lui montrer les photos de cet été...

Avant son départ María est venue chercher le paquet pour l'emmener à la mère de Sonia. Elle a vu les yeux de sa copine briller. Elle l'a consolée : « Sonia, rappelle-toi Ce qui advient, convient... » Sonia a souri et a répété « Oui, ce qui advient, convient... tu as raison. Il ne faut plus y penser ». Son destin est entre les mains des Orishas qui ne font rien sans raison.

Un mois plus tard María est splendide, les quelques semaines à Cuba lui ont fait un bien fou. Amincie, bronzée, les cheveux serrés dans un bandeau coloré, elle ne ressemble plus guère à la jeune femme qui a quitté Sonia il y a peu de temps. Ce soir comme prévu a lieu le dîner de retrouvailles après les vacances. María prépare un sac où elle glisse les lettres et photos que la famille envoie à Sonia, son ordinateur portable pour diffuser le diaporama des vacances qu'elles vont partager. On y voit son nouveau fiancé ! Félix, un gars du quartier avec qui elle a pris du bon temps. Dire qu'ils se connaissaient depuis toujours et qu'ils ont attendu cette année pour se rencontrer. En cherchant des cadeaux-souvenirs elle est entrée dans sa boutique. Depuis quelques années il fabrique et vend des bijoux en argent issu de la récupération : couverts, vaisselle, ustensiles, bijoux cassés ou démodés ... Il les transforme en pendentifs, boucles d'oreille, bracelets et bagues. Son commerce prospère mais il ne s'en étonne pas. Les signes étaient là bien avant pour le lui dire, n'avait-il pas perdu sa seule gourmette en or dans le train qui le ramenait de La Havane, alors même qu'il avait en poche toutes les autorisations officielles pour ouvrir son petit commerce de bijoux en argent ? Ce qui advient, convient... S'était-il dit, vert de rage en pensant à sa gourmette. Les Orishas veillent et ne font rien sans raison. María glisse aussi dans son sac la surprise qu'elle a ramenée à Sonia. Un cadeau de Félix, spécialement pour son amie : une de ses plus belles pièces, une très belle bague en argent.

Quand les dieux jouent (2/3) : Yemayá

Posted: miércoles, 13 de octubre de 2010 by magali in Etiquetas:
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Chaque été Sonia retourne chez elle. Elle attend toute l'année ce moment béni du retour à Cuba. Elle prévoit longtemps à l'avance les achats de conséquence, la garde-robe appropriée. Elle ne peut pas dire exactement ce qui lui manque le plus loin de son pays, ormis sa famille bien sûr. Plusieurs fois on lui a posé la question.Un ensemble de choses lui manquent qui prises une à une ont l'air ridicule. Il lui vient à l'esprit, par exemple, la douceur de l'eau de la mer des Caraïbes et sa couleur aussi, les gens assis dans le clapotis du rivage et qui sirotent du rhum en attendant...

C'est à la plage que Sonia organise sa première sortie. Elle sèche une dernière fois sur sa serviette en regardant les vagues, en écoutant les conversations alentours, le soir tombe, il va falloir y aller... Elle se demande si elle ne va pas se baigner une dernière fois, elle pense combien la douceur de l'eau de la mer des Caraïbes lui a manquée. Presque malgré elle, sans y penser, mue par une attraction incontrolable elle entre dans l'eau, une vague arrive, puis une autre, l'eau lui arrive à mi-jambes, chaude et douce. Elle sent sa bague en or glisser, la voit tomber au ralenti sans pouvoir la retenir ni même faire un geste. Trop tard. La bague est au fond de l'eau, Sonia regarde, scrute, momifiée sur place, elle ne voit rien. Rien. Maintenant elle crie vers le rivage : ma bague est tombée ! J'ai perdu ma bague ! On l'aide, chacun cherche à voir au fond de l'eau. Tu es sûre que tu l'avais au doigt ? Tu es bien rentrée dans l'eau par là ? Rien. Contrariée Sonia doit se rendre à l'évidence, elle a perdu sa bague en or, son alliance de mariée. Il faut rentrer, s'éloigner de la mer qui retient sa bague, ou plutôt la bague, l'or trouvé et maintenant repris. Il en sera ainsi puisqu'il faut rentrer, il est grand temps d'y aller, le soir tombe. Elle se dirige vers la voiture de location qui les attend. Elle décide de ne plus y penser. Son destin est entre les mains des Orishas qui ne font rien sans raison. Elle lutte pour ne plus y penser car elle sait bien, elle sent bien, qu'après tout, ce qui advient, convient...

Quand les Dieux jouent (1/3) : Ochún

Posted: viernes, 8 de octubre de 2010 by magali in Etiquetas:
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De retour de La Havane Sonia est songeuse dans le train qui cahote vers Santiago. Maintenant la nuit est tombée. Elle serre son sac sur ses genoux et essaye de dormir un peu. Les papiers sont en règle, elle pourra se marier dans dix jours. Depuis le temps qu'elle en rêvait, une robe blanche achetée depuis des mois déjà, une paire de sandales neuves. Il les lui avait décrites au téléphone et il allait les apporter, pourvu qu'elles lui aillent... Il ne lui manquait que la bague. Elle n'avait pas osé soulever la question avec lui, il s'était occupé de tellement de choses, leur mariage à Cuba coûte les yeux de la tête, alors la bague... Le train s'est arrêté à nouveau, impossible de distinguer à travers la vitre opaque de poussière. On doit être en rase campagne, pas une lumière, pas une ombre. Sonia continue à serrer son sac sur ses genoux et à rêver au jour J. Oui tout était prêt, ils loueraient une voiture pour aller au Tribunal International, sa soeur avait promis de la coiffer et de la maquiller, mais la bague... Elle finit par s'en remettre à la sagesse populaire : ce qui advient, convient. Si elle devait se marier sans bague, il en serait ainsi. Son destin est entre les mains des Orishas qui ne font rien sans raison. Elle décide de ne plus y penser, se lêve pour aller aux toilettes en espérant bien dormir un peu après. En arrivant à destination Félix avait sauté du train sans même attendre son arrêt complet, ras le bol ! Quinze heures depuis qu'il avait quitté La Havane, une nuit horrible dans les cahots, les arrêts saccadés et inexpliqués, les départs brusques et tout aussi inexpliqués. En sautant, la manche de sa chemise remonte légèrement et il constate horrifié qu'il n'a plus sa gourmette en or au poignet. Il remonte dans le train tout aussi précipitemment qu'il l'avait quitté, parcourt en vain le couloir vers son siège au milieu des passagers qui le bousculent en se frayant un chemin vers la sortie. Il s'accroupit, passe sa main entre les coussins, va jusqu'aux toilettes. Rien. Il doit se rendre à l'évidence : il a perdu sa gourmette en or ou bien on la lui a volée. Toutes ces histoires qu'on raconte sur les passagers qui se font dépouiller... Peut-être que ma gourmette est tout simplement tombée... Il descend le dernier, contrarié par cette histoire. Il scrute desespérément les poignets des gens qu'il croise, sur le quai, dans le hall de la gare, à la sortie, le long du chemin jusque chez lui. On ne sait jamais... Il finit par se dire qu'à La Havane tout s'est bien passé, pour la gourmette : ce qui advient, convient... Il s'en remet à la sagesse populaire, son destin est entre les mains des Orishas qui ne font rien sans raison. Il décide de ne plus y penser.

A la sortie du Tribunal International la famille de Sonia est très fière, tout s'est bien passé. Leur fille est magnifique. Dans la voiture qu'ils ont louée les mariés heureux regagnent l'hôtel où la séance de photos va pouvoir commencer. Sonia se sent belle de la tête aux pieds. Ses sandales lui vont à merveille. Son chignon est parfait. La bague en or commandée et faite sur mesure brille à son doigt et lui donne tout l'air d'une femme mariée.

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