Recyclage d'une publicité

Posted: domingo, 28 de noviembre de 2010 by yannier RAMIREZ BOZA in Etiquetas:
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Save Our Souls

Posted: jueves, 25 de noviembre de 2010 by magali in Etiquetas:
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Le Rendez-vous fut pris par téléphone dans la matinée. Ils envoyaient quelqu’un avant midi. L’attente commença, longue et douloureuse. Son dos paraissait meurtri, comme si on l’avait bourré de coups de poing, il ne tenait pas sur ses jambes ou pas longtemps, ensuite l’impression d’être dans un bateau qui tangue l’emportait et l’obligeait à s’allonger les yeux fermés. Les heures passaient entre demi-veille et quart d’heure de lucidité pendant lesquels Frank constatait son état lamentable.

Vers 14 h 30 on sonna à la porte, la personne envoyée entra d’un pas décidé. Frank attendait debout dans le salon. Leurs regards se croisèrent à peine celui du visiteur était fuyant, occupé à extraire un objet de sa sacoche. Il brandit alors une espèce de gros pistolet en plastique et le dirigea d’abord vers son œil gauche, il appuya sur la gâchette et un faisceau verdâtre le frappa en plein front puis il fit de même en pointant l’arme maintenant sur son œil droit. Pas un mot, il remit l’objet à sa place. Tout avait l’air normal mais Frank surpris fit un pas en arrière sans le vouloir, il butta contre le coussin du canapé et s’assit comme si le faisceau verdâtre l’avait poussé là. Bouche bée.

L’autre s’avança vers lui et lui demanda de se lever, rapidement il posa ses doigts sur les parties douloureuses et tapota légèrement, Frank souffrait énormément, c’était une évidence. Ensuite il ordonna à Frank qui expliquait en bredouillant comment il s’était éveillé à 4 heures du matin sans pouvoir bouger, cloué au lit, comme si son squelette était entré dans le matelas, s’était incrusté dans la mousse et avait pesé une tonne, de s’allonger puis de lever la jambe gauche, puis la droite. Frank s’exécuta difficilement, légèrement penaud à l’idée de l’image qu’il donnait de lui en cet instant. L’autre ne parlait pas et ébaucha seulement un vague signe affirmatif de la tête, déjà il se dirigeait vers la table, il s’assit et tira un autre objet de la sacoche, un carnet à souche.

Il écrivit d’une écriture de chat, oubliant plusieurs syllabes à chaque mot, fidèle au code secret de sa profession. Ensuite il se leva, Frank était venu le rejoindre à la table, silencieux, il observait. L’autre lui tendit l’ordonnance et parla enfin : « 53 euros ». Puis il ajouta car Frank était muet « je suis pressé car je suis mal garé ». Frank commença à essayer de déchiffrer à toute vitesse les hiéroglyphes pendant que l’autre rangeait son carnet dans la sacoche et son stylo dans la poche de sa veste. Puis il regarda Frank toujours muet et lui tendit la main avec un grand sourire, il dit « au revoir » Le Rendez-vous avait duré environ 6 minutes, Frank répéta machinalement «au revoir », l’autre s’éloignait déjà vers la porte d’entrée qu’il franchit sans se retourner.

Un immense fou rire secoua Frank et réveilla intensément la douleur. Il sentit à ce moment-là que son esprit regagnait son corps et ce fut un soulagement. Ce rendez-vous n’avait été qu’une intrusion pendant laquelle Frank n’existait pas. Seul son corps était là, son esprit était parti loin dans une autre histoire.

Somme de ma mère

Posted: viernes, 19 de noviembre de 2010 by magali in Etiquetas:
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Un jour ma mère m’a dit que cette année elle avait le double de mon age et que cela ne se produirait qu’une fois dans notre vie

Ma mère avait 24 ans en mai 68
Ma mère parle une langue et en comprend deux
Ma mère est allée 0 fois à Paris
Ma mère a six frères et cinq sœurs
Ma mère s’est mariée pour la vie 1 fois en robe blanche de mariée
Ma mère a été grand mère à 52 ans puis à 59 ans
Ma mère est mère 3 fois, elle a 3 filles
Ma mère a perdu sa fille quand elle avait le même age que moi cette année : 45 ans
Ma mère a eu 0,5 amant
Ma mère a des cheveux de 1 mètre 10 de long
Ma mère conduit à 90 km/heure
Ma mère a quitté l’école à 14 ans
Ma mère a pris l’avion 1 fois pour me rendre visite, le vol a duré 10 heures
Ma mère cuisine tous les jours
Ma mère fume 5 cigarettes par jour et boit 1 litre de café
Ma mère a commencé à travailler à 14 ans et a terminé à 57 ans
Ma mère gagne 750 euros par mois
Ma mère a 0 dent à elle
Ma mère mesure 1 m 73
Ma mère habite dans le 07
Ma mère a été 3 ans au chômage
Ma mère a donné le sein 15 jours puis 0 fois
Ma mère chausse du 41
Le prénom de ma mère a 10 lettres
J'ignore combien de fois ma mère a fait l'amour
J'ignore combien de mensonges a dit ma mère
128135 : C’est la somme de ma mère ?

Bilbao

Posted: miércoles, 17 de noviembre de 2010 by yannier RAMIREZ BOZA in Etiquetas:
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Singe quoique vêtu de soie (ou l'héritage espagnol)

Posted: domingo, 14 de noviembre de 2010 by magali in Etiquetas:
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Carlos Acosta, danseur cubain
A 14 ans, Esteban aimait toujours la danse classique, il ne ratait aucun cours et ne vivait que pour sa passion. Son père l'observait sans vergogne depuis ses 11 ans afin de déceler en lui toute présence de caractéristiques « féminines ». Comment un garçon « normal » aurait-il pu s'y entendre en ballet ? Malgré une surveillance sans égard pour la vie d'Esteban, son père, pas plus qu'aucun autre membre de la famille complice ou soumis aux dictats paternels, ne put jamais rien déceler de « louche » chez le garçon. Esteban était bel et bien un mâle. D'ailleurs il avait une copine danseuse et vraiment très jolie, une voix virile, une démarche masculine quoique souple, un grand corps musclé quoique svelte. Enfin il s'habillait comme un vrai garçon et ne passait dans la salle de bain que le temps nécessaire. Son père avait alors insisté dès lors qu'une représentation de danse traditionnelle afro-cubaine était donnée pour qu'ils y assistent ensemble. "Mon garçon, viens avec moi, accompagne-moi mon garçon, ce sont les nôtres, tu vois ? Nos racines sont là".

Il jouait sa dernière carte. Depuis que son fils était adolescent il avait refusé de le voir danser. Toute la famille y allait mais pas le père car il jugeait cela indigne d'un homme. Un « vrai » homme peut-il passer son temps à reluquer des danseurs en justaucorps ? C'est pourquoi il vantait les mérites et les capacités de tous ces garçons virils aux torses dénudés qui exécutaient sans équivoques les gestes traditionnels des leurs, de ceux de leur couleur : semences, coupe de la canne, récoltes, pêche, chasse, combats guerriers, séduction et hommages aux Orishas. Esteban approuvait l'engouement de son père mais rien ne le décidait à changer de section. Même ses professeurs n'y étaient pas parvenu lorsque plus petit, ils lui avaient parfois demandé de remplacer un camarade dans la section folklorique pour le bien de l'école... Esteban l'avait toujours fait de bonne grâce mais était revenu aussitôt à sa place dans le ballet.

Les années avaient passé, les copines s'étaient succédées, seul le ballet était resté. Puis Esteban avait intégré l'école de danse la plus prestigieuse de la capitale. Au prix d'heures de travail, de bien des sacrifices et d'entraînements incessants il avait réussi tous les examens. Il côtoyait désormais les meilleurs professeurs, danseurs et chorégraphes du pays. Il sortait peu, ne buvait ni ne fumait. Cela chagrinait encore un peu son père qui lui proposait souvent une gorgée de rhum ou une cigarette sous prétexte de complicité avec son fils. "Mon garçon, tiens, bois avec moi, accompagne-moi mon garçon." Esteban l'avait rassuré de nombreuses fois, il lui avait parlé de sa « vocation ». Le père d'abord sceptique l'avait pourtant laissé faire et un jour il décida de le voir danser, sans doute lui serait-il plus facile ensuite de le convaincre que non, "mon garçon c'est pas pour toi, c'est pas nous, ces froufrous, ces soies moirées, ces chaussons ridicules. Non, mon garçon." Il imaginait qu'il aurait beaucoup d'arguments et s'installa au fond de la salle de spectacle. Ce qu'il vit le laissa pantois, ébloui. Il se pencha plusieurs fois vers son voisin pour lui dire "C'est mon garçon, oui, c'est mon garçon !" Dès lors il assistait de plus en plus souvent aux répétitions et ne craignait plus qu'on le voit au théâtre ni que cela remette en question sa propre virilité. Sur scène Esteban n'avait jamais l'air d'un garçon féminin ou efféminé mais plutôt d'une espèce de félin puissant, agile, souple et viril, et même, au grand étonnement de son père, très viril. Un vrai guerrier, un vrai mâle porteur de toute la testostérone de sa lignée, un vrai danseur.

Pourtant aujourd'hui le père était chagriné, quelque chose qu'il feignait d'ignorer et que son fils lui avait fait redécouvrir, un peu comme si une cicatrice très vieille, une blessure familiale portée de génération en génération s'était ouverte une fois encore. Cela avait commencé lorsque Esteban s'était plaint des rôles qu'on lui faisait danser. Il n'avait aucun rôle de soliste, mais mettait en valeur celui-ci par sa force physique et ses performances en matière de jetés, de pirouettes et de portés. Esteban excellait pourtant dans tous les morceaux de bravoure mais aucun maître de ballet n'acceptait de lui confier le rôle de premier danseur, encore moins celui de danseur étoile. Esteban savait qu'il en avait les capacités. Il avait eu de petites altercations avec Rey son maître de ballet, puis les altercations s'étaient transformées en disputes. Il s'était rendu à l'évidence : il ne décrocherait jamais le rôle convoité, sa carrière, certes brillante et honorable, n'évoluerait sans doute plus guère. Il avait alors cessé de s'opposer à Rey et comme s'il avait reçu un coup de fouet, une cicatrice s'était ouverte en lui. Il redoublait d'efforts à chaque entraînement et ses prestations étaient toujours très applaudies. La presse lui avait consacré quelques articles. On pouvait y lire l'étonnement que sa personne soulevait chez les journalistes : pourquoi n'avait-il pas choisi la danse folklorique ? Il était atypique, un noir en danse classique... Rien sur son style, rien sur son travail, rien que des cancans...

En 1995 le ballet national d'Angleterre fit appel à lui, le contrat était juteux, l'école s'en pourlécha les doigts d'avance. Il fallait sans cesse rénover les bâtiments, les parquets, acheter de nouveaux costumes, bref, il aiderait ainsi le pays, l'école, les camarades. La période spéciale imposait ses lois.

"Mon garçon, c'est ta chance et tu dois la saisir, le jour est venu, aujourd'hui c'est à mon tour de t'accompagner, alors je te dis : vas-y, fonce ! Montre au monde entier ce dont nous sommes capables. Porte notre couleur sur la scène des plus grands théâtres et opéras du monde mon garçon."

Esteban est parti et à l'aéroport son bagage est tout petit mais il pèse très très lourd.




Mono aunque lo vistan de seda (Singe quoique vêtu de soie) , Reynaldo Pagán, peintre cubain
 


Aux environs de 18h00

Posted: martes, 9 de noviembre de 2010 by magali in Etiquetas:
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Aux environs de 18h00, chaque jour n’importe où à Cuba.

Sa main le retenait fermement par le bras. Il lui était impossible d’y échapper. Il sentait la pression des doigts autour de son jeune biceps en pleine croissance. Tous ses muscles se tendaient de la pointe des orteils en passant par les mollets puis les fesses, contractées elles aussi. Plus haut les omoplates étaient serrées. Le cou n’était que douleur, tendons, tension.

Il était nu, entièrement offert à la force adverse. Ses pieds avaient perdu toute emprise sur le carrelage mouillé aux arrêtes vives, il sentait l’insécurité, le poids de son corps comme posé sur deux savonnettes. Son esprit passait rapidement de la sensation de déséquilibre, à la douleur de la nuque et du biceps.

Depuis quelques fractions de seconde il avait fermé les yeux, le liquide trop chaud, brûlant, ou trop froid, gelé, sur sa tête lui coupait la respiration. Un instant il dut se concentrer sur cet exercice si banal en d’autres moments : inhaler-exhaler l’air. Remplir ses poumons. Les orifices de son nez à vif, il sentait une tige de métal qui lui remontait vers les sinus. Il se demanda si la tige pourrait ressortir par les yeux, par l’endroit d’où s’échappent les larmes.

Ensuite il se demanda si les larmes se verraient sous ce déluge d’eau qui ne cessait pas. Combien de temps ? Combien de temps s’était-il écoulé ? Et surtout combien de temps lui restait-il à supporter cela ?

Il essaya de réciter sa table de multiplication, celle de cinq était la plus facile. Cinq fois un, cinq. Cinq fois deux, dix. Cinq fois trois, quinze. Cinq fois quatre, vingt. Cinq fois cinq, vingt cinq. Il imagina et visualisa alors les barrettes de cinq, puis le cube parfait de cinq sur cinq. Comme on lui avait appris.

C’est à ce moment là que son nez se mit à couler, il sentit le liquide salé lui envahir la lèvre, et la pointe de la langue. En un soubresaut il voulut se dégager pour ôter ce liquide répugnant. D’un geste maladroit il bougea les pieds, tandis que par les paupières entrouvertes il discernait à peine un rideau d’eau, un bandeau de pluie cuisant. Les deux savonnettes commencèrent à patiner tandis que la pression sur le biceps montait d’un cran.

« …………………….ste……………ille ». Il crut distinguer deux sons, lointains. Ses oreilles pleines d’eau bourdonnaient et il sentait au fond de son nez (ou était-ce au fond de sa gorge ?) un chatouillis insupportable, il se racla la gorge plusieurs fois et cracha. Puis secoua la tête, comme font les poulains quand ils vous regardent et qu’ils n’ont pas encore choisi dans quelle direction orienter leur course maladroite. « Reste tranquille » entendit-il distinctement cette fois.

Il sentit une main s’accrocher dans ses cheveux, ils étaient épais, d’une plantation resserrée et abondante. Il avait ce qu’on appelle de belles boucles. La main lui labourait le cuir chevelu, les ongles traçaient des sillons cuisants, lui tiraient la peau délicate à la base de la nuque et sur le pourtour des oreilles. Comme des milliers d’aiguilles qui soulevaient la peau délicate, lui arrachant des gémissements de plus en plus forts.

Sa respiration s’accéléra et il essayait de respirer par les lèvres entrouvertes comme il avait remarqué lors des séances précédentes que cela était plus confortable. Il eut envie d’uriner. Trop d’eau, trop de clapotis, à chaque fois c’était pareil se dit-il. Il lui suffisait d’arriver à la plage ou sur le bord d’une piscine pour sentir un chatouillis reconnaissable entre tous. Tant pis. Je le fais. Il laissa s’échapper l’urine avec un certain soulagement et reçut pour cela une claque sur les fesses. Rapide et cinglante. Il perdit l’équilibre mais à peine car son corps s’était relâché pendant la mixtion. Il n’était pas aussi tendu, et c’est comme si ses pieds s’étaient élargis, prenant plus d’assise au sol. Il sentit l’eau tiède circuler le long de ses cuisses puis entre ses doigts de pied. « ...o…on » distingua-t-il à nouveau tandis que la pression cessait sur son bras. Les doigts lui empoignèrent alors le menton et le relevèrent. « …o …on ».

- J’entends rien
- J’ai dit : Cochon, lève le menton.

Une odeur fruitée envahit ses narines, depuis combien de temps ? Il n’y avait pas prêté attention avant. On aurait dit qu’il avait le nez dans un pot de confiture, il pensa aux bonnes tartines du déjeuner, puis à un chewing-gum. Ses oreilles semblaient se vider. Il put ouvrir les yeux et observa le plafond blanc, la lueur de l’ampoule. Son nez paraissait sécher petit à petit, il essaya d’ouvrir la bouche et de bailler pour retrouver toutes les sensations habituelles, si c’était possible. Oui, il pouvait.

Le jet d’eau faiblissait. Il se retrouva la tête enfermée et enserrée dans un tissu jaunâtre, secouée dans tous les sens, tandis qu’il sentait à nouveau la pression des doigts, des ongles, légèrement atténuée à travers le tissu. Ce n’était plus une tête mais un panier à salade, il fléchit les genoux et écarta les bras, mains tendues, paumes ouvertes. Il ouvrit grand la bouche et inspira l’air aussi fort que ses forces le lui permettaient. La lumière revint, violente, entière.

REACTIONS
– Elle :
« La prochaine fois j’envisage de recommencer et de rajouter quelques étapes supplémentaires comme l’introduction de bâtonnets dans les oreilles et la friction derrière les oreilles (en les repliant complètement vers l’avant) à l’aide de la pointe dure d’un gant. J’ai prévu aussi l’exploration du nombril avec le petit doigt, c’est plus facile, en tournant et en appuyant jusqu’ à ce qu’il ressente la propreté, là, à l’intérieur, comme s’il avait un cordon ombilical. J’insisterai sur les parties génitales, mais je ne compte pas vous en parler en détail ici. Je terminerai sans doute par l’écartement des orteils, les uns après les autres, jusqu’au plus petit de chaque pied et je passerai un doigt gainé entre chacun d’un, en insistant bien, en appuyant sur l’endroit où la peau est fine, repliée, comme au fond d’un nid fourré de coton tendre, de fibres de chaussettes accrochées. Tout cela à l’eau bien chaude afin d’ouvrir les pores, d’attendrir l’épiderme et de pouvoir procéder au décapage du dos et des épaules. Je crois que je n’ai rien à rajouter. Ah, si ! Ce sera parfait, bien sûr, le jour de l’étape ultime, qu’il finisse par faire lui-même tout cela tout seul. Dans quelques mois je compte bien y parvenir. »

 – Lui :
- Maman, demanda-t-il, combien de temps peut-on rester sans respirer ?
- Pourquoi tu me demandes ça ? J’ai terminé, bon, tiens la serviette et continue à te sécher les cheveux. Tu vois que c’était rien ? Maintenant on va pouvoir passer à table.

Motel Habana

Posted: jueves, 4 de noviembre de 2010 by magali in Etiquetas:
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Le cortège accompagne les amoureux vers la chambre que Damayi leur a dégottée. Ils vont s'y héberger pour une nuit entière d'amour. L'endroit est secret, une chambre, dans une maison, dans une rue, dans La Havane. Une chambre louée où l'on peut s'aimer, un espace à soi où l'on peut se déshabiller entièrement pour faire l'amour, sans hâte, sans peur de la surprise d'être découverts. Une chambre à soi pour toute une nuit, un luxe rare, quelques billets.

D'abord ce couple qui va s'aimer à la tête du cortège, puis Damayi qui connaît l'adresse pour l'avoir déjà essayée, puis son fils qui l'a suivie sans bien savoir où elle allait, puis nous qui fermons le cortège.

Les questions de l'enfant fusent. Où vont-ils ? Que vont-ils faire ?

Les ondes de l'amour débordent et nous contaminent tous. Alors nous en parlons. Damayi, la mère, explique à son enfant que les amoureux vont s'aimer, qu'ils vont pratiquer le sexe, qu'ils vont avoir un moment d'intimité, pour eux, qu'ils vont pouvoir faire du bruit, qu'ils vont inventer des jeux, qu'ils ne vont pas déranger. Elle rit alors bruyamment comme pour donner le niveau des décibels autorisés. Ceux qui pourront jaillir sans pudeur, sans que la mère entende, sans que la soeur entende, sans que les voisins entendent.
A son ton je sens qu'elle aussi est un peu excitée, joyeuse à l'idée de ce qui va arriver. L'amour c'est gai. L'enfant se tourne vers moi.

Toi aussi tu as une chambre réservée ?

Non, pas ce soir, mais on ne sait jamais...

Récré.1

Posted: lunes, 1 de noviembre de 2010 by yannier RAMIREZ BOZA in Etiquetas:
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La récré sonne, la maîtresse s'éloigne.

La récré commence, les enfants jouent aux grands,
moi je serai musicien, moi je serai connu, j'aurai une guitare, et moi je serai célèbre, et moi je jouerai à être la marchande, moi je ferai les comptes...
Oui, mais et quand ce sont les grands qui jouent aux enfants ?
Récré.1 commence...

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