Perdre le nord - 6 - Elegguá abre caminos

Posted: domingo, 29 de marzo de 2015 by magali in Etiquetas:
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Tourner le dos. Décider de regarder vers l’avant. Cette décision est sans aucun doute la seule solution, un sauve qui peut.
Ne pas écouter les plaintes de la grand-mère qui a mal à la vie. Ne pas compter l’argent qui manque pour arriver à la fin du mois. Ne pas juger les décisions qui éclaboussent. Se concentrer sur bientôt, sur un jour...
Ne pas répondre aux arguments : deux enfants c’est un minimum pour constituer une famille, quand même ! ou : arrêter l’école ! à quoi bon étudier ? Travailler dès que possible. Gagner l’argent.

L’argent à ne pas compter, celui qui manque pour arriver encore à la fin du mois.

Écarter toute possibilité de se joindre à ces leitmotivs : ne pas faire de famille, ne pas faire d’enfants, ne pas compter l’argent et étudier encore, encore un peu, encore ce qu’il faut.
Laisser les autres. Regarder vers l’avant. Ne pas s’angoisser si l’avant, le là-bas, le bientôt, le un jour, n’est qu’une image floue. Croire.

Apprécier cette réalité qui peu à peu va remplacer l’image floue. Apaiser la voix de la grand-mère qui continue par moment à geindre dans les oreilles. Aimer les deux enfants désormais rajoutés à cette famille. Pardonner le choix de travailler déjà sans étudier vraiment.

Apprécier surtout la nouvelle réalité, le bientôt devenu maintenant, le un jour transformé en familier.
L’argent suffit à peine ? mais il ne manque plus pour arriver à la fin du mois. Savourer cette victoire primitive. Savoir que c’est la première dans la famille. Accepter le dos tourné à la famille. Ne pas compter les kilomètres qui séparent de la famille. Ne pas téléphoner trop souvent. Ne pas ouvrir les mails chaque semaine. Maintenir les kilomètres là où ils sont. Maintenir les kilomètres du sauve qui peut.

Option un : Se fixer les dates auxquelles parcourir la distance à rebours. Retourner. Revenir. Entendre. Compter. Aimer. Pardonner.. Donner une partie de l’argent qui suffit à peine. Donner amour.


Option deux :  Se perdre soi-même dans ces kilomètres. (fortement déconseillé).
R.E.C - Kcho, 2006 - artista cubano

Perdre le nord - 5 - Latin Lover

Posted: jueves, 5 de marzo de 2015 by magali in Etiquetas:
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Accepter qu’il patiente des heures sur le muret en face de votre lieu de travail. Sortir de votre travail sans hâte et l’y rejoindre.
Entendre en souriant et plissant légèrement les yeux, les lèvres entrouvertes - ou pas – lorsqu’il dit que tu es belle ! que tes vêtements sont ravissants ! que tes cheveux brillent et sentent bon ! que tu es belle ! Tu es unique !
Se laisser prendre la main ou la taille et guider lentement. Emboîter les pas et marquer les mêmes pauses. Ne pas demander où l’on va.
Ecouter les mots gentils qui ponctuent les phrases, mon cœur, princesse, ma puce, mon amour, chaton, ma biche, bébé, chou, mon lapin, ma belle, mon biquet, chérie, mon ange, bijou, ciel, ma beauté, mon trésor et découvrir avec ravissement les autres. Les inventés. Louloute, Minou, chatounette, Chouchou, Couquette, Mimi, Bichon, Coco, Pupuce, Bichette, Bichoune, Bichounette, Bibi, Minet... Et les inédits que seul lui saura dire.
Répondre merci à ses petites exclamations Hum ! J’aime ton parfum ! Oh là là ! Tes mains sont si petites et si belles ! C’est mimi ! Tes pieds sont tellement gracieux ! Vraiment ! Tu es ma plus belle femme !
Répondre merci de la même façon - sans plus d’empressement - lorsqu'il vous accompagne où que vous alliez. Vous invite ce soir au concert. Vous achète une fleur. Vous offre une glace, un jus de fruit, une friandise et peut-être de temps en temps un restaurant et plus rarement un week-end. Vous fait sentir femme comme il le souhaite, comme ses mots et ses regards le disent.
Dire merci.
Resplendir.
Onduler.
Dire merci.
Flotter dans une féminité sans limites.
Etre belle.
Dire merci.
Profiter.
Resplendir.

Option un : Ne pas le rejoindre sur le muret à chaque fois, permet de faire durer les phases suivantes plus longtemps.

Option deux : Emboîter les pas un certain temps puis arrêter de le faire et suivre un autre chemin permet également de faire durer les phases suivantes plus longtemps.

Option trois : Ne pas sentir que votre cœur bat plus fort, ni que vous avez des papillons qui volent dans l’estomac. Seulement se concentrer sur : « Répondre merci de la même façon – sans plus d’empressement ». Permettre ainsi que lorsqu’il ne patientera plus sur le muret en face de votre travail il y a des chances pour que vous sortiez de votre travail sans hâte et y rejoigniez en souriant et plissant légèrement les yeux, les lèvres entrouvertes - ou pas – celui qui ne manquera pas de dire que tu es belle ! que tes vêtements sont ravissants ! que tes cheveux brillent et sentent bon ! que tu es belle ! Tu es unique ! 
Alimentando el alma, (110x110) - Jesús Nodarse, 2005 Pintor cubano

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