À la pointe de l'épée

Posted: jueves, 18 de septiembre de 2014 by magali in Etiquetas:
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Publication d'automne oups! de fin d'été, de rentrée disons. Publicación de fin de verano, de entrada a clase, de otoño casi.

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À la pointe de l'épée (1919)

de Magali Junique

All-Story Weekly - La rançon du shérif - Zorro ! - La vengeance de Zorro
Le rendez-vous était fixé à 8h30.
Diego avait procédé à plusieurs lectures du feuillet le convoquant. Le style en était formel, purement administratif, légèrement grandiloquent et tout à fait agaçant. Ces tournures abruptes et incisives éveillaient toujours en lui le goût de la bagarre. Elles résonnaient comme un cri de guerre. Les injonctions provoquaient une soif de vengeance. Je vais les avoir ! Ils vont baisser les armes, j’en sortirai vainqueur !
La première lecture avait été très rapide, seuls les mots importants avaient fait trace. Convocation, Diego Vega. Oui c’est moi, je suis convoqué, très bien. Puis la seconde lecture déjà plus calme, les battements de son cœur s’étaient apaisés. Voyons voir. Allée de la Citadelle, 8h30 le Mardi 14 juin. La troisième lecture et les suivantes n’étaient plus que contentement. Il se délectait à l’idée de participer à un tel duel. J’y serai ! J’y suis !
Il fallait maintenant préparer ses armes. Mettre dans l’étui les meilleures, les plus affilées, les plus performantes, celles dont le contact faisait corps avec la paume de la main, les doigts bien placés le long du manche. Comme il savait faire pour un résultat détonnant. Une explosion décisive, un feu d’artifice éblouissant. Il les laisserait pantois, il les aurait ! La tenue serait sans surprise : le masque habituel qui permettait de passer inaperçu au milieu de la poudrière. Un ensemble sobre. Pantalon noir ajusté aux muscles puissants de ses jambes, chemise impeccable, blanche de préférence. Cela impressionnait immanquablement l’adversaire. Il le savait bien. Le miroir lui rendit une image satisfaisante. Un homme au jeune corps musculeux duquel se dégageait solidité et vigueur. Tout cela serait positif pour livrer la bataille finale. Diego était déterminé.
Toujours face au miroir il regarda attentivement son visage. Sourcils fournis d’un noir de jais, pupilles sombres ourlées de longs cils, nez droit, ni long, ni large, lèvres charnues entrouvertes sur ses dents d’un blanc pur. Un éclair d’acier aux lèvres se dit-il. Le Z de l’énergie et du mystère des forces cosmiques. Son sourire était impétueux, presque brutal. Ses pommettes étaient hautes. Sa peau était légèrement cuivrée et les mains des filles s’y attardaient toujours, folles qu’elles étaient, aimantées à leur insu. Ses cheveux étaient coupés courts, soigneusement peignés contre son crâne d’une façon très masculine.
Maintenant il lui faudrait réviser un peu, s’entraîner pour cet ultime rendez-vous qui serait décisif pour la suite. Il n’avait pas droit à l’erreur, c’était sa dernière chance d’en sortir avec les honneurs. Mettre le feu à la poudrière ! BOUM !
Le mardi 14 juin à 8h30, lycée Joffre, 150 allée de la Citadelle, Diego Vega calme et déterminé s’installe pour les 20 minutes de préparation qu’on lui donne avant son oral de français. Il tire de l’étui son meilleur stylo. Il lit le titre du poème à expliquer : La Tornade, Aimé Césaire. Il sait déjà que le V de la victoire lui est acquis. Il s’imagine l’adresser à son ami Bernardo qui ne manquera pas de l’attendre à la sortie.
Johnston McCulley (1883-1858)
Zorro naît en 1919 sous la plume de Johnston Mcculley (États-Unis) Le fléau de Capistrano, cinq épisodes publiés dans la revue All-Stroy Weekly. En 1920, Fred Niblo réalise film muet intitulé Le signe de Zorro avec Douglas Fairbanks. La revue publie alors le roman qui deviendra un best-seller sous ce même titre.
Le héros a fait depuis l’objet d’innombrables œuvres. Par exemple : la chanson de Henri Salvador Zorro est arrivé en 1955, au théâtre Zorro, la légende, de Jean-Marc Michelangeli et Frédéric Muhl, ou encore les jeux vidéo d’Atari dès 1988.

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