La seconde de ses vingt ans

Posted: martes, 21 de mayo de 2013 by magali in Etiquetas:
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Catwoman, Dulce Pinzon photographe mexicaine

 

Grand zoo clic sur connexion

Julie découvre une série de photos sur le mur. Noir et blanc. Plusieurs photos. Une série des années 60 là-bas au sud de l’Espagne. Cheveux noirs, yeux noirs, larges sourires, dents blanches.

Julie lit le commentaire : ma grand-mère dans son magasin avec ma mère et mes tantes. Comptoir en bois, balance romaine en fer. Tabliers de travailleuses. Toutes les tantes sont alignées de la plus vieille à la plus jeune. Coiffées. Impeccables. Les yeux rivés sur l’appareil. La plus petite c’est Paca, seul le haut de son visage dépasse du comptoir.

Clic sur la flèche à droite, photo suivante : Portrait, plan américain. Une femme le chemisier boutonné jusqu’en haut. Lecture : Ma mère à vingt ans, quelle femme !

Clic sur photo suivante deux fillettes derrière le comptoir, lecture : Ma tante Paca et ma tante Angéla.

Julie les connaît bien ces femmes-là. Elles y sont toutes, les femmes de la famille qui ont travaillé depuis le temps des tabliers d’écolière jusqu’à aujourd’hui : balance poids-prix sur le comptoir en inox. Magasin climatisé. A commencer par la grand-mère aux manches retroussées. Les mains occupées au travail, pas d’ongles peints. Visage sérieux et déterminé. Il y a cinq bouches à nourrir. Cinq filles, pas le temps de rigoler. Ça doit filer droit. Ana, la mère, vingt ans, pas encore mère. L’aînée. Tu parles d’une chance ! Ana occupe-toi de ceci, occupe-toi de cela. Réveille tes sœurs, habille-les, viens m’aider à la boutique après, aujourd’hui il y a une grosse commande à préparer. Pas le temps d’avoir vingt ans, juste le temps du clic de la photo. Suite du commentaire. Julie lit : Je t’aime maman. Julie clique sur j’aime.

 Clic sur déconnexion

Comme toutes les princesses elle porte son pouvoir sur la tête…

Posted: miércoles, 15 de mayo de 2013 by magali in Etiquetas:
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Nadia Porras alias "Maraya Shells", artista cubana
La mère de Yalili ne semblait même pas avoir remarqué le crâne tondu de sa fille tellement cela lui allait bien et semblait naturel. Elle mit la main dans son soutien-gorge pour en extraire la clé de l’armoire.
Elle avait pensé chaque nuit à ce qu’elle pourrait bien faire des cinq cents dollars. Acheter un téléviseur dernier modèle, un ventilateur extra puissant ? Changer le réfrigérateur dont le moteur faisait autant de bruit qu’un avion à réaction ? Carreler la douche d’une bien belle façon ? Acheter un nouveau fauteuil à bascule plus confortable, un nouveau dessus de lit et des rideaux assortis, acheter ? Changer ? changer ? acheter ? Elle en avait perdu le sommeil. Elle avait calculé qu’il ne faudrait pas cinq cents dollars mais mille, puis deux mille et cela lui avait causé une espèce d’inertie car elle ne savait plus par où commencer les achats.
Cinq cents dollars ! c’est bien peu à l’heure actuelle – finit-elle par dire d’un ton méprisant, tandis qu’elle ouvrait l’armoire.

Cinq cents dollars ! c’est une misère –dit Silvio, et il fit mine de cracher par terre.
Cinq cents dollars ! C’est cinq cent dollars - répliqua Yalili d’un ton sec.
Tu as une idée derrière la tête ma fille ! Je te reconnais bien.
Yalili expliqua le projet : on va choisir mes meilleures photos et les imprimer sur métal, bois, papier, carton, ou même sur du verre en sérigraphies. La mère de Yalili ne comprit pas le dernier point. Elle imagina un livre, l’idée la laissa perplexe, qui pouvait bien encore lire à l’heure actuelle ? Mais elle voulut savoir si elle figurerait également dans le livre de photos.
Silvio dit qu’il ne pouvait rien lui promettre mais qu’on verrait Yalili sous toutes les coutures depuis les quinze ans de la princesse jusqu’à aujourd’hui. On fabriquerait une série où chaque objet serait vendu à l’unité, chacun à l’effigie de Yalili et à la gloire de la nation, un objet révolutionnaire en somme.
La mère parut rassurée, enfin un concept qu’elle connaissait bien. Elle regarda alors Yalili, soudain surprise. Dis-moi ma fille et tes cheveux, ils vont repousser ?
Sans doute maman, mais un coup de tondeuse les remettra à leur place. A croire que cette tignasse m’empêchait de penser !
C’est une fille et elle va bien. Comme toutes les princesses elle porte son pouvoir sur la tête… La mère se souvenait des mots de la marraine de religion qu’elle avait consultée pour Yalili il y avait bien longtemps maintenant, puis de façon régulière jusqu’à ce jour et elle comprit qu’il n’y avait plus de doute, la marraine avait bien raison.
 
FIN.

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