Pourquoi y a-t-il autant d'hommes infidèles et si peu de femmes ?

Posted: jueves, 10 de enero de 2013 by magali in Etiquetas:
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Ilustración: René Peña
René Peña, fotógrafo cubano
Silvio était en grande discussion dans le salon de coiffure. Autour de lui plusieurs clientes avaient pris position. D’un côté les partisanes de la pauvre Samantha cocufiée par sa sœur et de l’autres les partisanes de la bande adverse. La sœur était une victime supplémentaire, preuve s’il en est qu’on ne peut pas faire confiance aux hommes. Seul Silvio défendait le mari cocufieur, après tout quel homme digne de ce nom renverrait une femme qui se jetait dans son lit ? Est-ce qu’il en existait un seul ? Non, sûrement pas et encore moins dans ce pays où les distractions, il fallait bien l’avouer s’accompagnaient d’alcool et de l’alcool au sexe chacun sait que le pas à franchir est bien étroit.

Yalili écoutait muette.

Silvio était dans tous ses états, combien de temps encore les femmes de ce pays refuseraient-elles de prendre la responsabilité de la plupart des attitudes machistes ? Qu’elles disent franchement ce qu’elles pensaient d’un homme qui refusait les avances d’une belle femme ? Les clientes riaient, déjà l’une reconnaissait que Silvio avait raison, pour elle un homme était un homme un point c’est tout. Les femmes le savaient bien qui depuis l’école primaire avaient appris à se défendre, à se faire respecter et à refuser les avances des élèves voire des professeurs et parfois même de leurs cousins à la maison ! Tous des dégénérés dès lors qu’il s’agissait de sexe. La moitié des enfants de ce pays naissaient sans père légitime, c’est bien la preuve que le mari de Samantha ne méritait aucunes représailles, sinon à éliminer les maris infidèles la démographie du pays chuterait bien davantage que lors des guerres de libération. Alors quoi ? 

Yalili dit d’un ton ingénu : Moi je me suis toujours demandée pourquoi il y a autant d’hommes infidèles mais si peu de femmes, à croire que les coucheries ne concernent que les hommes pourtant avec qui couchent-ils donc ?

Silvio renchérit :Tu as raison, voilà qui est bien parlé, ils couchent avec les femmes, donc si les hommes de ce pays sont tous des salops il faudrait bien dire que les femmes de ce pays sont des salopes ! Ou je n’y comprends rien, car je serais le premier heureux si les hommes infidèles s’intéressaient à d’autres hommes, ce serait un régal, et je suis bien placé pour dire que ce n’est malheureusement pas le cas. Tant pis pour eux, à s’emmerder avec des Samantha et leurs sœurs, ils n’ont que ce qu’ils méritent.

Une cliente fit mine d’être choquée : Silvio mon chou, tu ne devrais pas parler ainsi de tes concitoyennes, tu oublies que c’est une femme qui t’a mis au monde ? Qui t’a nourri ? Qui a fait de toi, un homme, enfin malgré ce que tu dis, tu es un homme Silvio.

Oui ma chère, je suis un homme crois-moi et il ne me manque rien qu’un homme puisse désirer avoir, merci à ma mère, elle m’a donné ce qu’il fallait et bien donné même.

La plus jeune des clientes se mit à frétiller sur son fauteuil : Aïe Silvio ! Ne nous fait pas rêver ainsi ou nos maris finiront par nous interdire ton salon ! Moi rien ne me fera changer d’avis, si Samantha avait eu un peu plus de piquant et de mordant c’est elle qui serait enceinte à l’heure qu’il est au lieu de perdre son temps en explications inutiles. Et que fait son mari pendant que les deux sœurs vont se disputer ? Il doit être en train de lorgner sur la voisine ou sur une collègue de travail, non, c’est pas ainsi qu’il faut s’y prendre avec les hommes. Il faut les épuiser, les vider, leur prendre toute leur énergie et moi je ne lésine pas sur les efforts, Silvio peut le dire, c’est lui qui me coiffe et je me fais belle toutes les semaines, n’est-ce pas Silvio ? On n’attire pas les hommes avec du vinaigre, ni avec de belles idées. Il faut se bagarrer pour les garder et c’est un combat de tous les jours. D’ailleurs Silvio enlève-moi ce casque et ces rouleaux, regarde l’heure !

J’arrive, calme-toi. Silvio faisait un clin d’œil à Yalili d’un air de dire que la plus cocue d’entre toutes dans ce quartier venait de parler ainsi ! Vraiment les femmes sont trop bêtes.

Yalili savait bien que c’était vrai, le sexe était une question d’argent dans ce pays de crève la faim et elle repensa aux cinq cents dollars et à ce qu’ils allaient signifier pour elle dans les prochains jours. Tu as de l’argent, tu as du succès, plus tu as d’argent, plus tu as de femmes. Voilà, aussi simple que cela dans la plupart des cas. Un homme invite, un homme paye, un homme obtient ce qu’il veut. Elle regretta de ne pas avoir laissés tomber les cinq cents dollars alors qu’elle défilait aveugle et nue sous sa carapace de cheveux. Ensuite elle se dit qu’il faudrait changer de style, finis les défilés à moitié nue, elle devait en parler à Silvio, c’est d’ailleurs pour cela qu’elle était passée le voir au salon de coiffure. Elle devait mettre en place une nouvelle stratégie… Peut-être se raser la tête ? Elle feuilletait une revue étrangère en anglais, Silvio ne pouvait pas s’empêcher de les collectionner, sur la plus récente une étrange top modèle semblait très heureuse avec son crâne rasé, pourquoi ne pas franchir le pas ? On verrait bien si comme le disait la marraine, comme toutes les princesses elle porte son pouvoir sur la tête.

1 comentarios:

  1. Anónimo says:

    bravo magali

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