Marcia, le salut à Saint-Denis

Posted: domingo, 9 de diciembre de 2012 by magali in Etiquetas:
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Marcia n’avait jamais tenu entre les mains un fusil plus longtemps que le temps réglementaire. Elle avait obtenu ses galons sans mal mais sans gloire particulière. Rien dont elle pourrait rougir de satisfaction ni de honte. D’ailleurs elle n’aimait pas les héroïnes et ne s’était jamais identifiée à aucune d’elles. Elle les trouvait un peu louches.

En regardant Marcia d’un peu plus près on apercevait ses cicatrices. Lignes perpendiculaires, en biais, verticales, courbe autour du poignet. Marcia avait décidé d’oublier une fois pour toutes ces marques indélébiles sur sa peau. D’autres cicatrices nichaient à l’intérieur, foudroyant comme la foudre fend le tronc le plus dur en une fraction de seconde. Pourquoi se serait-elle encombrée de ces phénomènes émotionnels ? Marcia ne leur avait laissé aucune chance, elle menait son vrai combat : un peu plus de fard sur mes lèvres charnues, chagrin d’amour oublié. Mouche sensuelle au dessus de ma bouche le jour où j’ai changé la serrure interdisant l’accès à tout amant-géniteur. Poudre éclatante sur mes joues, ma lutte quotidienne pour manger, éduquer mes enfants. Chevelure libre et sensuelle, terribles maladies, deuils. Trait au crayon noir autour de mes yeux bleus grands ouverts, aimer, vivre, aimer encore, vivre. Lutter. Aimer, lutter, vivre, lutter, aimer, aimer, vivre, aimer, aimer, lutter.

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