Bon anniversaire, Luis

Posted: jueves, 30 de agosto de 2012 by magali in Etiquetas:
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Bon anniversaire Luis,
Le 8 août c’était mon anniversaire et apparemment le 28 c’était le tien ?
Mon voyage a été très émouvant à un point que je n’imaginais pas, la première émotion a surgi quand on m’a donné l’adresse de la maison :
Zapote, de la torre de radio Columbia, 200 sur y 50 este
Pas pour l’adresse en elle-même mais, je crois, parce que me sont revenues toutes les fois où j’avais entendu cette façon tellement particulière de situer les choses, une façon tellement reconnaissable de donner une adresse et je me suis retrouvée avec cette simple phrase dans une réalité et un passé en l’espace d’une seconde, a surgi alors une émotion imprévue et incontrôlable, j’ai eu les larmes aux yeux. Tu t’imagines ?
Donc je suis arrivée le 11 juillet et je suis restée jusqu’au 5 août, je pensais te l’avoir dit dans un précédent mail.
Je suis venue avec mon compagnon cubain pour qui c’était la première fois, Ileana et Cristián nous ont reçus, nous étions comme à la maison, ensuite j’ai vu Paula de l’Alliance (nous nous sommes saoulées en buvant du vin, c’était très beau) ainsi que Guillaume. J’ai parlé à mon ami Arend (du groupe Amarillo Cian y Magenta) mais nous n’avons pas pu nous voir pour des raisons étrangères à notre volonté, et j’ai vu mon ami Giovani ainsi qu’une autre de mes copines, copine de Mónica également.
Ensuite j’ai fait une visite au Franco pour saluer le prof de Liamine, Denis, et là je me suis trouvée nez à nez avec César, par hasard, la visite au Franco a été très belle.
Je suis allée à Curridabat visiter la famille qui m’a accueillie avec mes deux valises et mon fils lors de mon arrivée en 2002, mon fils avait fêté chez eux ses six ans, le 17 août, le jour suivant notre arrivée. Cette famille m’avait beaucoup aidée pour tout (recherche d’appartement, installation de la ligne téléphonique au nom de la dame, prêt de couvertures, télévision, gazinière, miroir et tout ce qu’ils pouvaient me prêter vu que je n’avais rien ; seulement mon fils et deux valises !). Il semble que la sœur de la dame participe à un de tes ateliers d’écriture (Flora je crois).
Je suis allée à l’Alliance aussi et je me suis sentie triste de voir les changements qui ne m’ont pas plus, le son du téléviseur en entrant m’a manqué, c’était une mauvaise chaîne mais j’aimais l’entendre en passant, sans m’arrêter ni y prêter une attention réelle… Que dire de la disparition de la cafétéria de Zoila (ses gâteaux au fromage et manioc) ?
Bien sûr j’ai fait une escapade sur la côte Atlantique et à nouveau mes émotions se sont réveillées de manière imprévisible : à l’odeur de la terre et de la végétation, à nouveau j’ai été transportée à d’autres moments de ma vie, c’était très agréable et très fort également.
Je suis allée dans la région du Guanacaste, j’ai dormi à Liberia et mon unique luxe de touriste de la zone euro a été la visite du parc du Rincon de la vieja, pour le reste, j’étais très heureuse dans des pensions simples, des cafétérias populaires… Je me suis goinfrée de riz au poulet, tu vois comme c’est bête.
Je suis allée déjeuner au marché paysan de Zapote, je suis allée à Coronado respirer les nuages (malheureusement ma petite cafétéria en bois où j’allais boire mon aguadulce était en travaux) et je suis allée voir les deux maisons où j’ai vécu. Je n’ai pas aimé voir que derrière celle du Christ de Sabanilla, les champs de café ont disparu, ils ont construit des résidences HORRIBLES, gigantesques et horribles, je voulais y jeter une bombe. Heureusement les champs de café sont dans ma mémoire, j’espère pour toujours.
Pour le reste c’était plutôt tranquille car je ne savais même pas où sortir ? La Villa était fermée, que dire du Romeral ? et de Cielo ? et d’autres endroits disparus… Je n’avais pas vraiment avec qui sortir non plus car les gens étaient à leur quotidien. Mais peu importe, je suis restée un week-end à San José à lire dans mon lit car il pleuvait énormément et c’était un grand plaisir pour  moi de lire avec le son de la pluie sur le toit de zinc et ce léger froid qui fait que tu te sens bien au lit, enfin, des bêtises… En fait j’ai lu ton livre 300 pages que j’avais acheté à la librairie universitaire, c’était la lecture idéale pour un week-end pluvieux à San José. Merci Luis pour ce que tu écris tu n’imagines pas je suppose les émotions que tu provoques chez tes lecteurs, continue, encore et encore….
J’ignore si tu seras arrivé à la fin de ce mail et s’il te paraîtra gnangnan, j’ignore également pourquoi deux ans de ma vie à San José m’ont marquée à ce point, j’ignore pourquoi quand j’y retourne je suis en colère d’en être partie tout en sachant que je ne pouvais pas y rester plus longtemps à l’époque, j’ignore pourquoi je parcourais les pancartes à louer comme si j’étais à la recherche d’un appartement, j’ignore si ces émotions perdureront dix ans encore ?
Je t’embrasse très fort
Tu es toi aussi quelque part dans ce passé pour cela il est important de rester en contact, n’hésite pas à le faire, j’en suis toujours heureuse.
Magali
PS : je t’envoie des photos, tu verras mon fils qui a 16 ans, mais c’est une autre histoire longue à raconter.
                                                   Zapote, San José, Costa Rica, photo Magali Junique,2012

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