Le sexe trompe énormément

Posted: domingo, 13 de mayo de 2012 by magali in Etiquetas:
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Infiltración, Yampier Sardina Esperón, pintor cubano
Des années plus tard Yoli ne comprenait vraiment pas ce qui lui avait plu dans le père de son fils…
Bien sûr ils avaient la vingtaine et la fougue incontrôlable de leurs corps et du moment présent.
Jamais Yoli n’aurait renoncé à une sortie prolongée sous prétexte que demain il lui faudrait travailler ou que demain il y aurait ceci ou cela à faire. Jamais. Pendant ses belles années elle avait tout simplement vécu dans le présent. C’est d’ailleurs lors d’une de ses innombrables sorties nocturnes qu’elle avait fait la connaissance de Stéphane. Il était aussi blond qu’elle était brune, aussi blanc de peau qu’elle était noire, aussi chtimi qu’elle était havanaise. A partir de ce soir-là ils ne s’étaient plus quittés. Aucun des deux ne comprenait l’autre mais cela ne gênait absolument pas leur relation. En fait leur relation se résumait à des parties de sexe. Ce français était ce qu’elle avait connu de plus ardent et enthousiaste. Ils avaient fait l’amour dans tous les coins et à toutes les heures possibles du jour et de la nuit. Ils passaient leur temps à ça. Yoli avait exactement vingt-cinq ans et une longue liste d’amants multicolores mais c’était la première fois qu’elle rencontrait un blanc aussi fervent et appliqué. Ce n’était pas un français romantique ni courtois il était direct et plutôt basique dans son fonctionnement.
Excité à la seule vue de la belle Yoli tellement exotique et donc insaisissable par sa différence voire son opposition avec lui, attiré comme un aimant Stéphane passait son temps à imaginer qu’il la possédait et à chercher l’endroit et le moment propice pour y parvenir. Aussi ils parlaient très peu d’autant qu’ils ne se comprenaient pas tellement. Yoli parlait anglais et bien sûr l’espagnol de Cuba, Stéphane ne parlait que français et encore avec un fort accent du Pas de Calais. Yoli n’y comprenait rien. Le plus clair de leurs échanges étaient donc corporels, gestuels ou à base de petits cris et petits mots que la jouissance leur faisait prononcer sans qu’ils le veuillent ou même sans qu’ils le sachent, pris qu’ils étaient dans une extase permanente.
Lors d’un de ses séjours professionnels à l’étranger Yoli, rejointe par Stéphane, accepta donc de rester vivre avec lui à condition qu’ils se marient pour qu’elle ait des papiers en règle. Il trouva cela tout à fait normal et maintenant ils étaient installés chez lui à Henin-Beaumont. Yoli venait de mettre au monde un petit métis qui avait tout d’un havanais et très peu d’un chtimi. Cela lui plut immédiatement car elle reconnut dans son fils, soit par la couleur des yeux, la forme des oreilles ou la longueur des cils, tous les membres de sa famille qui étaient aujourd’hui à grande distance. Ces deux premières années en France avaient passé rapidement entre les soucis administratifs des jeunes mariés suivis des soucis maternels de la jeune maman et le reste du temps ils continuaient à faire ce qu’ils faisaient le mieux ensemble : l’amour.
L’appartement était correct, il possédait de larges fenêtres sur un ciel gris et était équipé de tout l’électroménager de base. Cela n’intéressait pas du tout la jeune mère qui n’avait jamais fait le moindre ménage dans sa vie puisqu’elle vivait à La Havane entourée de trois générations de femmes sous le même toit, et faisant partie de la plus jeune des trois générations son rôle était de travailler. Instruite et diplômée en sciences agronomiques elle faisait de la recherche dans un laboratoire d’état en relation directe avec le ministère. Curieuse et vive d’esprit Yoli avait également appris l’anglais, qu’elle parlait, lisait et écrivait correctement ce qui lui avait valu d’être en tête sur la liste des jeunes chercheurs qui pourraient représenter le pays à l’étranger. Elle connaissait donc plusieurs pays européens ainsi que de nombreux pays hispano-américains. A Henin –Beaumont, elle avait rapidement souhaité apprendre le français et aujourd’hui les époux se parlaient un peu plus, surtout Yoli. Elle avait eu le temps d’observer le quotidien de Stéphane. Elle avait remarqué étonnée qu’il ne possédait pas de bibliothèque, pas de livres, pas de revues, pas même aux toilettes. Occupée par sa nouvelle vie, son installation, la découverte de son quotidien, sa grossesse puis son bébé, Yoli avait tu son étonnement. La relation entre les jeunes époux était toujours aussi charnelle mais de temps en temps pour se donner du courage ou un peu d’inspiration Stéphane visionnait une de ses nombreuses cassettes pornographiques. Yoli avait regardé le premier film amusée, elle avait beaucoup ri et trouvait cela vraiment très comique mais pas excitant. Elle préférait faire l’amour que de regarder ces scènes bien en-deçà de ce qu’elle était capable d’inventer. Le champs de leurs ébats s’était petit à petit réduit à leur appartement puis à leur chambre à coucher car Yoli avait mal aux reins et ne pouvait plus supporter une partie de sexe sur le tapis du salon ou celui de la salle de bain, elle ne pouvait plus non plus se plier dans tous les sens car son ventre de femme enceinte l’en empêchait. Ils avaient cependant beaucoup fait l’amour pendant ces neuf mois de grossesse Yoli pensait que cela était bon pour l’enfant, que c’était un signe de vie, que c’était la vie et Stéphane ne s’était pas prononcé sur le sujet. Maintenant que son épouse maîtrisait suffisamment le français pour communiquer il était étonné des questions qu’elle lui posait. Elle le questionnait sur ses goûts littéraires, sur la région ; elle lui demandait des explications sur les fêtes nationales ou sur les traditions culinaires et il ne savait pas quoi répondre car il ignorait la réponse la plupart du temps.

Stéphane n’était pas allé longtemps à l’école, il s’en réjouissait car pour lui étudier était une perte de temps, la meilleure école selon lui restait celle de la vie. Il travaillait dans un atelier d’ébéniste et exécutait de beaux meubles en respectant scrupuleusement les plans qu’on lui soumettait. Ses collègues l’appréciaient, il était sympa et pas compliqué, un type qui ne se posait pas trop de questions. Tous lui connaissaient une vie nocturne masculine intense, mais aucun n’aurait reproché quoi que ce soit à un célibataire de vingt-neuf ans normalement constitué. D’ailleurs depuis qu’il s’était marié il menait une vie tout à fait rangée. Il parlait peu de sa jeune épouse mais avait confessé une fois qu’elle n’était pas fortiche pour le ménage, le rangement ni même pour la cuisine. Cela avait l’air de le contrarier mais elle était tellement gentille, câline et sexy . La naissance de son fils l’avait surpris, il n’avait pas vraiment compris avant l’accouchement qu’un bébé serait là. Ce petit métis ne lui évoquait rien de particulier il le considérait comme appartenant à Yoli, un prolongement de l’histoire de cette fille différente voire opposée à lui, et qui pour ces mystères l’avait attiré comme un aimant. Il passait encore une partie de son temps à imaginer qu’il la possédait et à chercher l’endroit et le moment propice pour y parvenir, mais il sentait aujourd’hui que ce serait en vain. C’était déjà un échec.
Instruite et diplômée en sciences agronomiques Yoli avait trouvé un travail à sa mesure dans le sud de la France. L’appartement était correct, il possédait de larges fenêtres sur un ciel bleu. Regrouper ses quelques affaires et celles de son fils lui avait été facile.
 Le beau métis a bien grandi, ce matin il a demandé pourquoi son père et moi nous étions séparés ?

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