Entre deux

Posted: lunes, 21 de mayo de 2012 by magali in Etiquetas:
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El beso, Luis Miguel Valdés Morales,pintor cubano
Quand la relation avec Adrián s’est dégradée, je l’ai su tout simplement. Alberto en a été le révélateur : j’ai commencé à m’intéresser à lui. J’avais envie d’aller aux endroits où j’étais susceptible de le croiser. Je le trouvais beau et spirituel. J’appréciais sa conversation. Je cherchais, je dus me l’avouer rapidement, à lui plaire. Exit Adrián.
 La rupture s’imposait. J’ai d’abord déménagé mes affaires un après-midi où Adrián travaillait. Il n’allait sans doute rien casser mais un accès de rage masculine, sait-on jamais… Puis je l’ai attendu à la maison. J’ai mis mon trousseau de clés sur la table, je ne lui laisserai pas le plaisir de me demander de lui rendre les clés. A dix-huit heures quarante-cinq précises ma sœur doit me passer un coup de fil, en effet, Adrián sort du travail à dix-huit heures, il lui faut environ quinze minutes de trajet jusqu’à la maison, mettons vingt minutes, ensuite cinq minutes pour entrer, aller aux toilettes et me rejoindre au salon. Là il verrait ma tête et poserait la question vers dix-huit heures vingt-cinq : Qu’est ce que tu as ?
 J’aurai donc environ vingt minutes pour rompre notre relation de plusieurs années avant que mon téléphone ne sonne et mette fin à la pénible situation. On ne se jetterait pas à la figure tous nos défauts. Non. Ce serait bref et concis, propre et beau. Logiquement je ne parlerai pas d’Alberto à Adrián puisque ce n’est déjà plus son histoire. C’est mon histoire maintenant.
Adrián m’a laissée parler, il a écouté sans un mot. Quand le silence s’est fait il a pris la parole calmement et il a dit : J’ai compris, d’ailleurs j’ai toujours su que tu étais entre deux. Y’a qu’à voir tes chaussures, un pied en trente-huit et l’autre en trente-huit et demi, et tes seins ! Bonnet  A à droite et bonnet C à gauche… Vas-y, tu peux partir tranquille.
 J’étais bleue. Je me suis levée. J’hésitais entre la curiosité, lui demander ce qu’il avait compris ? Et l’humiliation : lui dire que ce que je regrettais le plus de notre relation c’était certainement les champignons qu’il m’avait refilé aux ongles des pieds. Devais-je éclater de rage ou de rire ?
 J’ai regardé l’heure, il était dix-neuf heures quarante, je m’étais trompée de cinq minutes. J’aurais dû dire à ma sœur qu’elle m’appelle plus tôt.

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