Somme de mon père

Posted: viernes, 4 de noviembre de 2011 by magali in Etiquetas:
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Sandra Ramos, Instalación
Les journaux crissent sous les pieds. Il y en a plein le sol et sur le lit aussi. Couché il tient les pages ouvertes face à lui. Les petits pas discrets, les petits coups à la porte. Pas d’effusion ni de spontanéité en entrant dans la chambre. Les draps dessinent et cachent son corps. Seuls deux bras tendus indiquent sa présence derrière le journal. Les petites font la queue en pyjama déjà, pantoufles aux pieds. L’une grimpe sur le lit, après l’autre, s’agenouille à ses côtés et baise rapidement la joue tendue.

Bonne nuit !
Bonne nuit !
Bonne nuit !
Il a tendu trois fois la joue et reprend déjà la lecture. Même pas tourné le visage, juste tendu la joue. Le cérémonial s’achève ainsi, l’une redescend du lit après l’autre, laissant la place à la suivante… La même place convenue, ni plus, ni moins. Libérées, maintenant chacune tourne le dos et l’imprimé fleuri d’un pyjama rivalise un temps avec la double page blanche marquée de signes noirs qui repose horizontale sur le couvre-lit. Tissu rose, fleurs mièvres, chatons joueurs, balles de mousse quittent la chambre. Il n’a pas lâché complètement le journal, ne pas perdre la page…
Encore un mot ? Fermez la porte !

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