Impossible ! cet homme ne pouvait pas être décrit...

Posted: jueves, 20 de octubre de 2011 by magali in Etiquetas:
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Fernando Goderich Fabart
Yalili dormait encore, la mère sortit les poings sur les hanches. Un homme dont le visage était indescriptiblement banal s’avança. La mère essayait de dégager ses traits afin de fixer les caractéristiques de son visage dans sa mémoire. On ne savait jamais ! On n’était à l’abri de rien. Impossible. Cet homme ne pouvait pas être décrit.


Il lui remit une enveloppe à l’attention de Yalili et tourna aussitôt les talons afin de regagner la voiture qui l’attendait devant la porte. La mère hocha la tête afin qu’il interprète ce geste comme bon lui semblerait : remerciements respectueux ou va te faire voir ailleurs… A lui de choisir se dit-elle.

Bien sûr elle ouvrit l’enveloppe destinée à sa fille sans attendre une seconde. On invitait Yalili à une soirée privée chez le général le surlendemain. On lui demandait seulement d’entrer en contact avec Silvio qui aurait toutes les instructions nécessaires au bon déroulement des choses en temps et en heure.

Le cœur de la mère se mit à battre la chamade. Bonne mère ! Madre mía ! Toi qui est mère comme moi, protège mon enfant !
Elle décida de revoir sa marraine de religion sans plus attendre. La marraine de religion la fit entrer en lui donnant sa bénédiction.

D’abord les écorces de coco furent tirées plusieurs fois au sol devant l’autel d’ Elegguá. Celle qui avait les pouvoirs chuchota les mots secrets à l’oreille de la mère et interpréta attentivement les réponses obtenues à la lumière de la religion. La cérémonie fut longue. La marraine utilisa plusieurs chemins afin de communiquer avec les Orishas. Vidée de ses énergies, elle se laissa tomber sur le siège le plus proche : Comme toutes les princesses elle porte son pouvoir sur la tête, prophétisa-t-elle à nouveau.

Ensuite les deux femmes échangèrent encore quelques phrases, des banalités, tout en sirotant une partie du rhum destiné aux Saints... L’une d’elle alluma un cigare qu’elles fumèrent ensemble en silence, introduisant à intervalles la partie incandescente dans leur bouche afin d’en souffler la fumée sur les autels. Elles lorgnaient bien vers le gros gâteau blanc posé devant Obatalá mais aucune des deux ne se serait risquée à mettre la main sur l’offrande, le rhum finit par leur faire oublier la faim.

Pendant ce temps Yalili et Silvio mettaient en place les détails de cette nouvelle mission.

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