Coeurs rassasiés

Posted: viernes, 12 de agosto de 2011 by magali in Etiquetas:
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La logique aurait été que Vicente freine des quatre fers. Mais comment résister à la perspective d’une nuit avec Miranda ? Il n’avait pas essayé. Quelle joie de partager sa couche. Cette femme avait tout ce dont il rêvait. Un corps blanc et massif, des jambes puissantes et musclées, un ventre rond et des fesses, mais des fesses, comment dire… éléphantesques ? Rhinocérocèsques ? Abondantes et impossibles à capturer, aucune culotte ne pourrait arriver à emprisonner ces kilos de chair molle, chaude et accueillante. Ses seins étaient pleins et tombants comme deux pis roses. Vicente n’en avait jamais assez, un vrai plaisir, une folie douce, sa folie. Un monde mystérieux dont il se sentait le maître et qui ravivait en lui tous ses fantasmes masculins. Incroyable. Un vrai délice. Aussi il n’avait pas résisté et courrait partager sa couche.


La logique aurait été que Miranda freine des quatre fers. A 40 ans bien sonnés une histoire d’amour ne perturberait pas sa vie paisible et bien réglée de femme libre. Miranda sortait beaucoup, avait des tas de connaissances et comme elle était seule on l’invitait à tour de bras. Jamais un homme ne l’arracherait à ses occupations. Elle s’était juré de ne jamais cuisiner pour aucun et au grand jamais elle ne laverait la plus petite chaussette sale. Pourtant l’enthousiasme de Vicente au lit ne l’avait pas laissée indifférente. Il lui prodiguait ce dont rêvent toutes les femmes. Sa vigueur était communicative et il avait fallu mettre le matelas au sol sous peine de rompre le sommier. Quelle fête ! Pour comble Vicente quittait sa couche ni trop tôt, ni trop tard. Il s’habillait alors qu’elle était prise d’une somnolence réparatrice comme après un bon combat de catch. Comme après un exploit sportif qui aurait brûlé toutes ses énergies et la laissait dans un état béat avec l’envie au loin, comme un rêve diffus, de recommencer bientôt.

Vicente était heureux. Il sentait ses muscles affaiblis et son corps vidé de toute énergie. Miranda ronronnait doucement à ses côtés, satisfaite, presque endormie. Il savait que s’il n’employait pas ses dernières forces à s’asseoir, se lever, s’habiller et quitter la chambre il exposerait dangereusement sa vie paisible et bien réglée. Dernier rejeton d’une famille nombreuse il avait le privilège à 40 ans bien sonnés de n’avoir jamais quitté la maison où sa mère lui servait une assiette bien remplie au sommet de laquelle trônait immanquablement le meilleur morceau de viande à chaque repas, lavait et repassait ses chemises et les rangeait comme neuves dans l’armoire, lui achetait chaque semaine sa provision de café et de tabac. Confesser cet infantilisme tardif au risque de voir entacher sa virilité, ne serait-ce qu’en pensée ? Plutôt quitter la couche de Miranda au moment précisément idéal.

Miranda, cette femme qui comptabilisait à elle seule 165 livres bien pesées, environ 10 pour chaque fesse et 6 dans chaque mamelle, une bonne quarantaine d’années de vie dont une petite trentaine de vie sexuelle active, un nombre incalculable d’amis et un nombre jamais calculé d’amants se demandait quand même quelle mouche piquait Vicente pour le pousser à quitter sa couche au moment précisément idéal où elle souhaitait qu’il s’en aille ? Elle étirait alors ses jambes musclées, ouvrait ses bras en croix en travers du lit et s’endormait un sourire aux lèvres.

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