Quand les dieux jouent (2/3) : Yemayá

Posted: miércoles, 13 de octubre de 2010 by magali in Etiquetas:
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Chaque été Sonia retourne chez elle. Elle attend toute l'année ce moment béni du retour à Cuba. Elle prévoit longtemps à l'avance les achats de conséquence, la garde-robe appropriée. Elle ne peut pas dire exactement ce qui lui manque le plus loin de son pays, ormis sa famille bien sûr. Plusieurs fois on lui a posé la question.Un ensemble de choses lui manquent qui prises une à une ont l'air ridicule. Il lui vient à l'esprit, par exemple, la douceur de l'eau de la mer des Caraïbes et sa couleur aussi, les gens assis dans le clapotis du rivage et qui sirotent du rhum en attendant...

C'est à la plage que Sonia organise sa première sortie. Elle sèche une dernière fois sur sa serviette en regardant les vagues, en écoutant les conversations alentours, le soir tombe, il va falloir y aller... Elle se demande si elle ne va pas se baigner une dernière fois, elle pense combien la douceur de l'eau de la mer des Caraïbes lui a manquée. Presque malgré elle, sans y penser, mue par une attraction incontrolable elle entre dans l'eau, une vague arrive, puis une autre, l'eau lui arrive à mi-jambes, chaude et douce. Elle sent sa bague en or glisser, la voit tomber au ralenti sans pouvoir la retenir ni même faire un geste. Trop tard. La bague est au fond de l'eau, Sonia regarde, scrute, momifiée sur place, elle ne voit rien. Rien. Maintenant elle crie vers le rivage : ma bague est tombée ! J'ai perdu ma bague ! On l'aide, chacun cherche à voir au fond de l'eau. Tu es sûre que tu l'avais au doigt ? Tu es bien rentrée dans l'eau par là ? Rien. Contrariée Sonia doit se rendre à l'évidence, elle a perdu sa bague en or, son alliance de mariée. Il faut rentrer, s'éloigner de la mer qui retient sa bague, ou plutôt la bague, l'or trouvé et maintenant repris. Il en sera ainsi puisqu'il faut rentrer, il est grand temps d'y aller, le soir tombe. Elle se dirige vers la voiture de location qui les attend. Elle décide de ne plus y penser. Son destin est entre les mains des Orishas qui ne font rien sans raison. Elle lutte pour ne plus y penser car elle sait bien, elle sent bien, qu'après tout, ce qui advient, convient...

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