Alors voilà, Nel a une petite amie, elle est belle, son prénom c'est...

Posted: miércoles, 27 de octubre de 2010 by magali in Etiquetas:
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- Aide-moi à tirer la valise de sous le lit.
- T'as vu l'heure ? Hein, tu as vu ?
- Arrête un peu, je te dis qu'il y avait des bouchons autour de l'aéroport et puis les taxis n'ont pas voulu me prendre seule pour le retour. J'ai du attendre.
- Ferme-là, toujours avec tes histoires. Maintenant dépèche-toi. Ma parole, on dirait une ministre ou un agent secret à t'entendre. Avec tes histoires. Dis plutôt que tu lui as joué tes plus beaux au-revoir à ton Yuma. Ah ! Ah ! Ah ! J'imagine ça d'ici.
- C'est ça, mais mes histoires te font bouffer non ? C'est pas facile, et si en plus tu t'y mets. Ouvre la valise au lieu de raler pour rien.
- Pousse-toi un peu. Putain elle est pleine à craquer. Oh là là ! Regarde mon amour, toutes ces belles choses, allez vas-y sors-les. Ouah le jean ! Regarde il est fait pour moi et ces pompes ! Du cuir ma chérie, du cuir. Qui c'est qui va ressembler à un vrai Papi ? Ton Papi Mamour...
- Oui Mamour ! Et regarde ce qu'il m'a amené, non mais avise un peu ! Des dessous de toutes les couleurs, quel cochon ce mec. Avec son air de fils à papa coincé, quel porc, ah ouè ! Bien fait. Il me verra pas avec ses petites culottes le con. Arrête de rire, c'est pas facile crois-moi.
- Allez mon chou détends-toi un peu, c'est fini, là. Pense que c'est ton Papito qui va te les enlever tes petites culottes, tu vas bien en garder deux ou trois quand même !
- Nel, va chercher un autre sac au lieu de dire des conneries. Tu sais j'ai une idée. Je vais faire plusieurs petits sacs, ni vue ni connue, facile à transporter. Même les voisins y verront que du feu. Si on m'arrête je dirai que je vais laver mes fringues chez une amie car y a pas d'eau à la maison. Pas de souci. Ouvre le sac, ici ses chemises, les chemises d'homme c'est plus facile à vendre. Non pas ça, enlève tes mains, tiens le sac ouvert, c'est pas compliqué ?
- Grouille-toi si tu veux aller vendre à Miramar aujourd'hui.
- Ouè, j'ai presque fini, je verrai après pour les parfums et les affaires de toilette. Je vais tester un peu les clientes aujourd'hui. Putain le mec, sens-moi ce parfum, Kenzo, du vrai de vrai. Nel, essaye-le pour voir... Hmmm génial... Il a quand même bon goût le Yuma ! Et celui-là ? Armani ? C'est pour mec ça ? Vas-y pour voir ? Ouf ! Ah ouè, c'est pour mec, c'est sur. Et celui-là ? Sûr que c'est pour moi « Amor Amor » ! C'est un romantique quand même ! Oh qu'il sent bon ! J'adore. Le luxe Mamour. Si le luxe a une odeur, sûr que c'est ça : « Amor,Amor »...
-C'est facile d'avoir bon goût avec la thune. Bientôt tu vas me dire que tu es amoureuse ou quoi ? Toutes les mêmes, sors les biftons et elles t'adorent. De vraies petites putes, tu vas voir ce soir je vais te rappeler qui c'est ton Papi, tu entends petite putain ?
- Ah ! Ah ! Ah ! Mais t'es jaloux maintenant ? On aura tout vu et tout entendu. C'est pas facile, bordel, non c'est pas facile, ces mecs... Et dis-donc en parlant de mec, c'est quand qu'il arrive l'Italiano ? Il a dit quoi dans son dernier mail ? Putain, c'est pas facile Nel ! A peine le temps de respirer entre deux avions Mamour.

Quand le vol 7227 décolle de La Havane «en tiempo » Nemesia sèche ses larmes. Le retour vers la vraie vie, c'est pas facile. Elle observe sa ville par le hublot, son Malecon chéri, ses immeubles déglingués mais tellement beaux, la mer, sa mer, sa seule mer chaude et douce comme un ventre. Et puis à quelque part elle imagine la maison, sa maison et sa famille bien sûr qui doit déjà vaquer à ses occupations. C'est pas facile. Elle aussi devra s'y mettre dès son retour. Pas trop de temps pour penser : retour à l'hôpital, le boulot. Heureusement son mari l'attend avec pleins de surprises et puis les surprises qu'elle va lui offrir elle aussi. Nemesia se détend en pensant à lui et à elle, à sa gentillesse. Elle sourit et ferme les yeux.

- Excusez-moi mademoiselle, je vous dérange j'ai fait tomber mes lunettes sous votre siège.
- Non, non, voilà
- Merci. Vous êtes cubaine n'est-ce pas ? Excusez-moi de vous demander ça mais là je suis encore sous le choc du départ. C'est tellement dur de partir... Alors j'imagine que pour vous...
- Non, vous ne me dérangez pas, je vous en prie. Oui, je suis cubaine. C'est vrai que le retour n'est pas facile. Vous connaissez Cuba ?
- Oui, enfin c'est à dire que ma fiancée est cubaine.
- Ah d'accord ! Alors vous connaissez bien les cubains aussi ?
- Oui, oui. Enfin, je connais bien sa famille, ses amis et puis les voisins du quartier, elle habite dans la Vieille Havane. C'est très touristique et c'est très joli, même si certains immeubles... enfin les immeubles sont tous très beaux et très vieux. Elle habite seule avec son frère dans un petit appartement depuis la mort de leurs parents. C'est une grande maison divisée en plusieurs appartements avec une cour intérieure et des balcons à colonnes à chaque étage. C'est vraiment très beau. Et vous, vous êtes de La Havane ?
- Oui je suis de Miramar, la 50ème rue, près de l'acquarium, c'est loin du centre ! Mais c'est très joli aussi. De larges rues avec de petits jardins devant chaque maison, c'est charmant aussi.
- Oui bien sûr ! Je connais un peu Miramar, j'y suis allé plusieurs fois avec le frère de ma fiancée. Je pense que c'est calme ? Parce que la Vieille Havane c'est pas vraiment ça. Moi on m'a volé ma valise le lendemain de mon arrivée.
- Oh ! Je suis vraiment désolée. C'est triste que de telles choses arrivent.
- Oui, sur le moment j'étais vraiment embêté car je me suis retrouvé sans rien. Sans habits ! Et puis j'avais acheté pas mal de choses pour ma fiancée. En juillet j'ai profité des soldes avant de partir et j'ai tout perdu.
- Mais il ne vous est rien arrivé j'espère ? Je veux dire à vous ?
- Non, les voleurs se sont introduits dans la maison pendant qu'on était sortis. C'est sûrement des gens du quartier qui sont jaloux de ma fiancée, c'est ce qu'elle m'a expliqué. Alors quand on est rentrés ils avaient vidé l'appartement. J'ai tout dû racheter : les ventilateurs, le lecteur DVD, heureusement ils n'ont pas pris la télé ! Elle est trop lourde je crois. Ils ont pris aussi mon portable, mon I Pod, celui de ma fiancée et celui que je comptais offrir à son frère. J'avais acheté un petit ordinateur portable pour la maison, ils l'ont pris et puis ma valise. Toutes mes affaires. J'avais encore rien eu le temps de sortir, je venais d'arriver...
- Oui malheureusement ces choses arrivent parfois. Mais c'est rare quand même, quel dommage que ça soit tombé sur vous. Je suis désolée, vraiment, j'espère que cela n'a pas gaché votre séjour ?
- Non, une fois la colère passée, je me suis dit que finalement c'est que du matériel, rien de grave. Et puis j'ai trouvé pas mal d'articles à acheter ici ou là, vous comprenez ? Notamment à Miramar d'ailleurs ! C'est le frère de ma fiancée qui m'y a emmené, Nel, c'est un débrouillard. Avec lui c'est pas compliqué. Il sait où trouver les choses qui se revendent sous le manteau, c'est moins cher, vous comprenez ? Et il sait comment y aller. Je m'entends bien avec Nel, c'est un gars pas compliqué. Très serviable. Quand j 'arrive il nous laisse l'appart à sa soeur et à moi, il va dormir chez un copain. Mais il est toujours là pour donner un coup de main. Très serviable.

1 comentarios:

  1. magali says:

    Joherms Quiala Brooks, La piel como riqueza

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