Babalú Ayé (2/2) - Exaucement

Posted: jueves, 9 de septiembre de 2010 by magali in Etiquetas:
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Les jours qui suivirent son arrivée Liu-Michel surprit quelques messes-basses, des conversations interrompues dès qu'il approchait. Il avait d'autres chats à fouetter, quatre ans d'absence à rattraper. Il n'y prêtat pas plus d'attention que cela. Contre toute attente la grand-mère ne se plaignait pas de ses os douloureux, elle allait et venait de la cuisine au marché, chaque jour comme par le passé. Liu-Michel l'observait agile et droite comme un I, il pensait que la pommade française avait fait effet, c'était peut-être donc vrai qu'en Europe... La qualité, bon... tant mieux, pas de quoi en faire un plat... Le bébé dormait à poings fermés et Liu-Michel qui avait appréhendé les nuits blanches se réjouissait. Vraiment, super ! Le fluidifiant chapeau ! Comme quoi il ne faut pas grand chose pour améliorer le sort de toute une maisonnée. Pudiquement il ne posa aucune question à sa nièce mais chaque jour il la voyait assise à la cuisine à l'heure du goûter. Elle affichait invariablement un grand sourire et ne semblait souffrir d'aucune douleur secrète. Même sa soeur semblait ravie, beaucoup plus détendue et coquette, elle semait derrière elle un parfum capiteux qui persistait encore alors qu'elle avait déjà quitté les lieux. Liu-Michel sourit attendri en se remémorant le goût des cubaines pour les parfums corsés. Combien de femmes trompées n'avaient-elles pas découvert le pot aux roses en mettant le nez sur la chemise de leur époux ? Aussi il fut pris d'un fou rire et sa femme s'étonna :

-Qu'est-ce-qu'il t'arrive ? Pourquoi tu ries ? Raconte...
Liu-Michel lui fit alors part de ses remarques concernant sa famille. Son épouse fut à son tour prise d'un fou rire :
-Non ! Ne me dis pas que tu n'a rien remarqué ?
-A quel sujet ?
-Eh bien ici à la maison, tu n'as rien vu ? Vraiment ?
-Non, de quoi parles-tu ?
-Les médicaments pardi ! Tu n'as rien vu, c'est vrai ?
-Ecoute non, si je te le dis, pourquoi ? Ils ont l'air content et maintenant je ne sais pas... Personne ne m'en a parlé.
-Ah ! Ah ! Ah ! C'est trop drôle. Ecoute, demain jette un coup d'oeil et tu verras, ouvre un peu les yeux, c'est tout.

Au bout de quelques jours chacun s'était organisé. La grand-mère avait décrété que la pommade sentait beaucoup trop bon pour être efficace. C'était selon elle un mélange, certes plus sophistiqué, mais identique, de graisse et de fleurs raffinées. Aussi la soeur l'avait adoptée comme déodorant, elle en usait chaque jour et surtout le soir lorsqu'elle allait à l'université. La nièce déçue par ses cachets antidouleurs amers et horriblement rapeux sur la langue avait bu un sachet de fluidifiant car sa gourmandise avait été mise à l'épreuve par l'odeur d'orange qui s'en dégageait. Maintenant à l'heure du goûter, elle buvait chaque jour un sachet à l'orange. Aussi elle avait donné à sa grand-mère les horribles cachets qui ne dégageant aucune odeur suspecte avaient eu l'heur de plaire à l'aïeule. Elle prenait chaque matin deux cachets rapeux dans le creux de sa main et les avalait sans eau, juste un peu de salive suffisait. Le bébé continuait à pleurer, son nez était bouché, impossible de lui donner le fluidifiant réquisitionné pour le goûter de sa grande soeur , aussi dans un geste désespéré la mère avait sectionné les somnifères et lui en administrait une dose raisonnable chaque soir dans son dernier biberon. La recette était miraculeuse et faisait d'une pierre deux coups : le bébé dormait en oubliant son nez bouché, elle aussi dormait à poings fermés sans somnifère. La mère avait stocké le collyre dans l'armoire à pharmacie car on ne sait jamais. Ici rien n'est facile.

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