Last cigarette

Posted: viernes, 25 de junio de 2010 by magali in Etiquetas:
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La ville se surprend-elle ?
Nos bras ne sont plus ronds ni creux dans l'accueil.
La peau est inconnue, seule. Je la sens inutile quoique encore flexible, douce et chaude.
Les doigts fins et délicats s'écorchent les uns les autres.
Les pieds gonflés et souffrants n'étonnent ni n'émeuvent.
J'observe ta bouche ouverte : dents et machoires et j'entends ta respiration en sortir dans ton sommeil.
Où es-tu ?
Mes doigts sentent le tabac et ma bouche est acide, les cigarettes s'y sont consummées. Peu importe cela ou que mes cheveux exhalent un parfum délicat, ton nez te sert à respirer. Tu es devenu utile et tu fonctionnes. L'accouplement reste voluptueux, trop rare et trop hygiènique. Tu fonctionnes à merveille et connais ta machine.

Est-il vrai qu'il faut s'aimer pour pouvoir aimer les autres ? S'aimer soi-même et en rester là, ne pas se lancer plus loin, vers les bras arrondis.
Maintenant les bras tombent le long du corps abandonné, inutile, invisible. Au bout des bras les doigts s'écorchent les uns les autres.
Peut-on jouer à oublier ce que la ville a connu ? Doit-on le faire et jouer encore à entrelacer nos mains sans que cela signifie plus que cela. Maintenant les rues assistent à notre marche aux mains entrelacées. Mais tu ignores que ma peau est immense comme ma solitude. Une âme sensible ne peut pas se contenter d'hygiène et de pulsion. Tes doigts sont plus agiles le long de toi-même, ils sont devenus paresseux et inintéressés de découverte. Tu ne t'en sers que pour faire fonctionner ta machine. Suis-je responsable ? Peu importe. Tu as sans doute cherché depuis ce temps où ces rues nous découvraient à faire fonctionner ta machine, à t'aimer toi même. Bravo ! Diront certains.
J'essaie de faire pareil. L'apprentissage est difficile. Les rues sont blessées par le temps, je comprends bien.

Ai-je une place ? Mon espace est réduit, il n'intéresse pas. Ses dimensions se ferment. C'est l'agonie qui a commencé. Le spectacle est navrant, une réaction s'impose. S'aimer soi-même et surtout un point c'est tout. Donner aboutit à réduire son espace. Tu me donnes, je suis si intéressant, je vais continuer à m'aimer de plus en plus moi-même. Equilibrer les intérêts.
Ta bouche a disparu, ce trou est caché entièrement sous le drap. J'y vois un drap mortuaire. Tu t'y es enroulé, hermétique. Où es-tu ? Je ne te vois plus.
Les murs de la ville ont su écouter à travers les cloisons peu épaisses ton rire quand tu me poursuivais, tes bras s'arrondissaient pour me prendre. Alors mes cheveux sentaient bon et mes doigts étaient fins et mes pieds parfaits. Il te fallait longtemps pour parcourir ma peau qui était mille et encore mille petits points électriques. L'accouplement était plus ou moins cela mais au rythme d'un avant et d'un après. Je me suis trompée, j'ai confondu cela avec autre chose. J'étais si heureuse, ignorante que j'étais de ma solitude. Aujourd'hui la solitude est palpable dans l'absence de regards, dans l'onmiprésence de ta machine qui seule t'intéresse et que tu fais fonctionner. Parler le moins possible. Je te demande encore où es-tu ?

Faut-il te chercher ? j'ai cru comprendre dans d'autres histoires que c'était inutile. Le cri qui est enfoui en moi doit sortir. Sera-t-il libérateur, aurai-je la force de l'expulser. J'ai peur de lui, il est terrible. Il m'éloignerait à jamais des murs de cette ville. A mes côtés le drap mort de ton corps laisserait la place au vide de ton corps. Je dois continuer à jouer car c'est plus facile. Peut-être devrais-je me perdre mais le courage ma manque. Je vais rajouter simplement un peu de tabac à mes doigts. L'élégance de mes doigts écorchés qui tiennent la cigarette.

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