Looking for Cachita

Posted: miércoles, 31 de marzo de 2010 by magali in Etiquetas:
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A chaque fois qu'elle est enceinte Cachita le sait avant même toute aménorrhée. L'absence de règles n'est pour elle que la confirmation d'une certitude acquise dès la conception de l'enfant, c'est à dire pendant l'amour. Les hommes cubains aiment avec le sexe, se plait-elle à dire. Déjà cinq beaux enfants, quelques centaines d'amants, elle ne pourrait pas en donner le chiffre exact puisque la plupart d'entre eux sont bel et bien oubliés, indignes, selon elle, de la plus petite minute de mémoire.
Son savoir - renforcé avec le temps et aujourd'hui donc également grandement empirique - lui permet de classer les hommes en trois catégories : ceux qui servent, les inutiles et les géniteurs qui représentent la proportion infinitésimale. Pour cela, chaque fois qu'elle avait été honorée par l'un d'entre eux, elle avait accouché d'un bel enfant.
Le sort qu'elle réserve aux inutiles est extrèmement limité : pas plus d'un coup d'essai (l'épreuve est sexuelle), jamais plus d'un. Aucun homme ne vaut la peine que l'on s'embarasse de ses problèmes psychologiques. Il faut l'éloigner rapidement. Cachita peut se vanter de n'avoir jamais versé une seule larme pour un homme et d'en avoir rendu heureux quelques centaines dans cette immense catégorie.
Si un homme me rend heureuse au lit, explique-t-elle à ses filles afin de leur inculquer sa philosophie, bien avant l'âge fatidique de quinze ans, je suis heureuse dans la vie, si je suis heureuse, je souris, je ris, je resplendis comme un soleil, et je répands mon miel autour de moi. Les hommes ont besoin qu'on les accueille avec le sourire et bien sûr, une bonne dose de putasserie. Aucun effort ne peut être écarté car ces hommes-là sont les plus rares. Le seul vrai atout est le désir charnel créé ainsi car rappelez-vous bien que le cubain aime avec le sexe. Mais le désir peut naître d'une danse accordée avec sentiment, d'un verre d'eau sucrée offert avec le coeur au moment le plus chaud de l'après-midi, d'une part partagée de gâteau au potiron saupoudré de cassonade, d'une fleur de tournesol négligemment plantée dans le creux des seins ou derrière l'oreille, selon...
Satisfaits les hommes de Cachita reviennent à elle inlassablement, ils la comblent, ils font d'elle la plus convoitée, jalousée, enviée, copiée, la plus heureuse des femmes car c'est la plus fêtée, elle est adorée.
Déjà son histoire se raconte là où les femmes de toutes les générations se côtoient à l'abri des oreilles masculines.
On dit maintenant qu'elle tient sa philosophie de sa mère, qui la tenait elle-même de la sienne et ainsi depuis l'origine des origines et que dans leur famille, les femmes peuvent se vanter de n'avoir jamais versé une larme pour aucun homme et d'en avoir rendu heureux plusieurs centaines de milliers...

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