le kitch cubain

Posted: viernes, 19 de marzo de 2010 by magali in Etiquetas:
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Pensif, Osvaldo feuillette l'album-photos dans sa cellule. Les visages des mariés photographiés dans le coeur d'une grosse fleur en avait étonnés plus d'un. L'album réservait quelques perles du kitch cubain comme cette autre photo où Osvaldo, le marié, s'agenouillait devant sa femme et lui otait du pied une babouche dorée du plus mauvais goût. A peine l'album avait été constitué que la mariée était repartie vers son lointain pays, laissant derrière elle ces photos témoins du grand jour. Osvaldo était donc seul pour un temps indéterminé dont les aléas migratoires décideraient. Enfin c'était ce qu'Osvaldo croyait. Sa vie à peine interrompue par la rencontre, puis le départ, puis le retour et à nouveau le départ de la mariée avait donc repris son cours habituel.
Osvaldo sortait beaucoup, ses sorties étaient très arrosées et ensuite tout pouvait arriver. Ne venait-il pas de se marier avec une femme qu'il ne comprenait pas et qui ne le comprenait pas non plus ? Leur communication était donc gestuelle et elle se situait, la plupart du temps, au dessous de la ceinture.
Puis il y avait eu cette soirée qui avait mal finie, Osvaldo s'était accroché avec un policier, il était désormais incarcéré. De l'autre côté de l'océan la mariée patientait. Ses dernières nouvelles racontaient qu'elle venait de perdre son travail, avait dû prendre un appartement plus petit et moins cher et surtout venait de vendre sa voiture afin de faire face. Les voyages successifs à Cuba et les frais du mariage (qu'elle avait pris entièrement à sa charge) avaient depuis longtemps eu raison de ses maigres économies.
Rapidement la réclusion d'Osvaldo s'était transformée en résidence surveillée, il ne peut pas quitter son domicile, en l'occurence c'est aussi celui de sa mère avec qui il vit. Chaque jour il doit se rendre au bureau de police du quartier pour s'y faire reporter. Sa vie à peine interrompue par un mariage et une réclusion a donc repris son cours habituel. A nouveau Osvaldo sort beaucoup, ses sorties sont très arrosées et ensuite tout peut arriver.
C'est ainsi qu'il s'est retrouvé à vivre avec (en plus de sa mère) une fille du quartier, gentille, très caline et déjà mère d'un petit garçon de six ans. Il les a installés dans sa chambre où elle a découvert, ravie, les habits d'été que la femme d'Osvaldo avait laissés en attente de son prochain séjour à Cuba, chez elle. Bien sûr la femme d'Osvaldo continue à appeler, à parler à sa belle mère et à Osvaldo. Elle continue surtout à compter les jours en attendant l'arrivée de son mari. A sa demande elle envoie les quelques euros qu'elle peut réunir, sa situation, comme elle le lui avait expliqué, ne lui permettant plus aucune folie.
Enfin, le moment du départ a sonné, la valise est bouclée, Osvaldo a organisé une soirée d'adieu entre amis et famille. La fille du quartier déjà mère d'un petit garçon est enceinte pour la seconde fois, elle attend le premier bébé d'Osvaldo.
Aujourd'hui Osvaldo feuillette pensif l'album-photos, Ameli est née trois mois après son départ, comme prévu, c'est un beau bébé. L'album réserve quelques perles du kitch cubain comme cette photo-montage où la tête du bébé apparaît trois fois sur un fond qui représente le visage du jeune marié, jeune papa.

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