Ma destination rêvée

Posted: lunes, 25 de enero de 2010 by magali in Etiquetas:
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Septs mois auparavent Noelia comptait les minutes avec impatience dans l'avion qui l'amenait à Saint Domingue. Omar l'attendait. Il était venu plusieurs fois se faire opérer des yeux à Cuba, il logeait alors chez elle. Chez elle c'est-à-dire dans la grande maison familiale, certes un peu abandonnée par endroits mais bien vivante, où elle vit depuis qu'elle est née en compagnie de ses parents, de son frère, de sa belle-soeur, de sa nièce et de la propriétaire de la maison : grand tante Irma (soeur de la défunte grand mère) et de la petite dernière, sa fille à elle, la petite Lucía. Il ne manquait plus à Omar qu'à se faire opérer du « troisième oeil » comme aimait plaisanter Noelia... Elle en riait avec sa mère et sa belle-soeur. A chacun de ses séjours, il en profitait pour se faire opérer « A Cuba les soins sont de bonne qualité ». Aussi il ne s'en privait pas. C'est d'ailleurs à l'hôpital qu'ils s'étaient rencontrés, il cherchait un logement pour quelques semaines, Noelia était infirmière dans le service où il était interné. Maintenant, le souhait de Noelia allait se réaliser : Saint Domingue, puis un saut pour réaliser son rêve : Miami.

A Saint Domingue depuis sept mois, elle travaille loin de l'appartement où elle vit avec Omar. Un long trajet en bus matin et soir, deux rues obscures à parcourir avant d'arriver. Au début Omar l'a accompagnée puis elle a fait le trajet seule. Un soir un type l'a suivie, il l'appelle, il siffle, elle se retourne plusieurs fois affolée et finit par se mettre à courir en hurlant comme une possédée. Cela a suffi pour que l'homme arrête de la suivre. Mais sa peur est restée. Elle embauche à 6h dans le quartier des hôtels et rentre tard le soir, vers 21heures. Pas le temps de rentrer manger à la maison ni de se reposer. Elle s'allonge dans le local technique, la responsable le tolère et lui enlève quelques pesos sur son salaire pour cela. Elle n'est pas seule, Marie-France une Haïtienne de 28 ans partage la même sieste. C'est là qu'elles engloutissent aussi leur repas froid. Elles ont échangé les photos de leurs filles, Lucía et la petite Marianne qui vit sagement à Port-au-Prince en attendant sa maman. Les deux femmes se sont rapprochées, elles partagent le même sort et le même rêve d'une vie meilleure. Noelia ne partage plus guère de conversations avec Omar, elle est fatiguée, trop fatiguée pour parler. Elle se rend compte aussi que leur sujet préféré pendant tout ce temps de fiançailles était Saint Domingue, parler de Saint Domingue, rêver de Saint Domingue...
Et puis un soir, sans savoir pourquoi, fatiguée par toutes ces heures à l'hôtel, elle s'est mise à lui parler de Cuba dans l'obscurité de la chambre. Elle a commencé à évoquer une anecdote, puis une autre, puis d'autres et d'autres encore. Maintenant chaque soir ils parlent de Cuba. Dans le local technique elle fait pareil, elle raconte et se remémore une à une les voix des membres de sa famille, elle termine par celle de sa fille, la petite Lucía. Chaque samedi, elle descend à la cabine sur le bout de l'avenue. Elle commence par parler à Lucía, la laisse parler un long moment puis demande à parler à sa mère et elle raccroche toujours un peu frustrée. Trop cher, à samedi ! Ensuite elle reprend sa marche jusqu'en ville et elle retrouve Marie-France, comme chaque samedi elles entrent dans la même agence de voyages et vérifient le prix des billets pour Miami puis elles imaginent le futur en léchant les vitrines du centre ville. Marie-France va repartir en Haïti aussitôt qu'elle aura l'argent pour finir de payer l'appartement de Port-au-Prince qu'elle partage elle aussi avec sa jeune soeur et sa mère.

11 janvier 2010

Aujourd'hui Noelia et Marie-France se sont quittées. En ce début d'année l'une prendra un car pour Port-au-Prince où elle pourra faire de son rêve une réalité, tandis que l'autre s'installe dans l'avion qui la ramène à La Havane. Noelia compte les minutes avec impatience, enfin ! Chez moi ! Qui l'aurait dit il y a seulement sept mois ? Comment expliquer que quand elle s'est assise face à l'employée de l'agence de voyage et qu'elle a dit qu'elle voulait un billet, elle était persuadée que l'autre savait, ne venait-elle pas ici chaque samedi ? Mais l'employée lui a demandé pour où ? Alors elle s'est entendue répondre étonnée.


1 comentarios:

  1. Balovega says:

    Hola .. miles de gracias por pasar por casa, ahora que puedo vengo a saludarte y veo que tienes al Che y tu casa se llama como la banda cubana los Orishas, tengo algunos de sus temas..

    Ahora voy a leer tu entradas, Mi sueño del destino, despacito pues no estoy habituada a traducir el francés.

    Un saludote de buenas noches y dulces sueños

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